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Donation : combien d'argent pouvez-vous recevoir sans le déclarer aux impôts en 2026 ?

Un don d’argent doit généralement être déclaré, même lorsqu’il est exonéré. Découvrez les plafonds et les exceptions prévues en 2026.

Vous avez reçu une somme d’argent de la part d’un proche ? Attention : tout don d’argent est soumis au paiement de droits de donation, quel que soit son montant. C’est au bénéficiaire du don qu’il revient de le déclarer aux services fiscaux. Cette règle s’applique même lorsque le don finit par être exonéré de droits : la déclaration reste obligatoire dans la grande majorité des cas. Toutefois, une situation permet d’échapper totalement à cette obligation.

L’exception : le présent d’usage, seul don dispensé de déclaration

Si vous recevez de l’argent à l’occasion d’un événement particulier (anniversaire, mariage, naissance, réussite à un examen...), il ne s’agit pas juridiquement d’une donation mais d’un cadeau, appelé présent d’usage.

Dans ce cas, vous n’avez rien à déclarer, à condition que la somme reçue reste raisonnable. Le caractère raisonnable s’apprécie en fonction des revenus et du patrimoine de la personne qui offre l’argent : plus celle-ci dispose de moyens importants, plus le montant considéré comme un simple cadeau peut être élevé.

Bon à savoir : en dehors de ce cas de figure, la donation doit obligatoirement être déclarée aux impôts.

Les abattements selon votre lien de parenté avec le donateur

En dehors du présent d’usage, chaque don d’argent bénéficie d’un abattement dont le montant dépend du lien de parenté avec le donateur. Cet abattement se déduit de la somme reçue avant que d’éventuels droits de donation ne soient calculés sur le reliquat. Il se renouvelle tous les 15 ans entre les deux mêmes personnes.

Voici les principaux montants d’abattement :

  • Don d’un parent : 100 000 €.
  • Don d’un grand-parent : 31 865 €.
  • Don d’une tante ou d’un oncle : 7 967 €.
  • Don d’un ami : aucun abattement.

Une personne en situation de handicap bénéficie, en complément, d’un abattement spécifique de 159 325 €.

Au-delà de l’abattement, la somme restante est soumise à un barème progressif. Par exemple, pour un don de 200 000 € reçu d’un parent, l’abattement de 100 000 € s’applique d’abord, puis des droits sont calculés sur les 100 000 € restants, soit 18 194 € de droits de donation dans cet exemple.

L’exonération spécifique pour les dons familiaux de sommes d’argent

Un dispositif distinct permet de recevoir de l’argent en franchise totale de droits, sans même mobiliser l’abattement classique. Il concerne les dons familiaux de sommes d’argent et répond à des conditions précises :

  • Le donateur doit avoir moins de 80 ans au moment du don.
  • Le bénéficiaire doit être majeur (ou émancipé).
  • Le bénéficiaire doit être un enfant, un petit-enfant, un arrière-petit-enfant du donateur, ou un neveu/une nièce si le donateur n’a pas de descendants.

Dans ce cadre, vous pouvez recevoir jusqu’à 31 865 € sans payer de droits. Ce plafond s’apprécie entre un même donateur et un même bénéficiaire, et se renouvelle également tous les 15 ans. Le don peut se faire par chèque, virement ou espèces, via un acte notarié, un écrit entre les parties ou un simple don manuel.

L’exonération pour l’achat d’un logement ou des travaux de rénovation énergétique

Depuis le 15 février 2025 et jusqu’au 31 décembre 2026, un dispositif temporaire permet de recevoir un don familial exonéré destiné à l’achat d’un logement ou à des travaux de rénovation énergétique.

Les bénéficiaires possibles sont les enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants du donateur, ou les neveux et nièces en l’absence de descendants. Aucune limite d’âge n’est imposée au donateur.

Les plafonds sont doubles :

  • 100 000 € maximum par donateur et par bénéficiaire ;
  • 300 000 € maximum au total pour un même bénéficiaire.

Ainsi, un enfant peut par exemple recevoir 100 000 € de son père et 100 000 € de sa mère en franchise de droits.

L’argent reçu doit être utilisé au plus tard le dernier jour du 6e mois suivant le versement, pour l’achat d’un logement neuf ou en l’état futur d’achèvement, ou pour des travaux de rénovation énergétique ouvrant droit à MaPrimeRénov’ sur la résidence principale. Le logement doit ensuite rester résidence principale (ou être loué comme telle) pendant 5 ans, sous peine de perdre l’exonération. Ce don doit être déclaré via le formulaire papier dédié.

Les autres cas d’exonération

Deux situations, plus rares, ouvrent également droit à une exonération totale des dons reçus en numéraire :

  • Les victimes d’actes de terrorisme, ou leurs proches en cas de décès, pour les dons reçus dans l’année suivant l’acte ou le décès (sans limite de délai si le don provient d’une fondation, d’une association reconnue d’utilité publique ou d’un organisme d’intérêt général).
  • Les militaires, policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers ou agents des douanes blessés en opération, ainsi que leurs proches en cas de décès, dans les mêmes conditions de délai.

Peut-on cumuler plusieurs abattements ?

Oui, l’exonération pour don familial de somme d’argent peut se cumuler avec l’abattement classique lié au lien de parenté. Un enfant majeur peut ainsi recevoir de l’un de ses parents, âgé de moins de 80 ans, jusqu’à 131 865 € sans droits à payer, en combinant les deux dispositifs. Pour un grand-parent, le cumul permet de recevoir jusqu’à 63 730 €.

Comment déclarer un don d’argent ?

Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration des dons manuels s’effectue en principe en ligne depuis votre espace Finances publiques. Une fois connecté, sélectionnez les rubriques suivantes :

  • « Déclarer » > « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux ».

Cette procédure permet également de régler en ligne les éventuels droits de donation.

Toutefois, certains cas particuliers permettent encore de déposer une déclaration sur papier, via le cerfa 11278 :

  • le donataire est mineur ou majeur protégé et le donateur n’est pas son représentant légal ;
  • la déclaration doit permettre d’imputer, sur l’impôt dû en France, des droits déjà acquittés à l’étranger lors de la donation ;
  • le don porte sur des biens exonérés de droits de mutation dans le cadre du dispositif Dutreil ;
  • le don concerne une somme d’argent destinée à financer l’achat d’un logement ou la rénovation énergétique de la résidence principale ;
  • le bien donné avait déjà été transmis à un premier donataire en ligne directe, avant de revenir au donateur au titre d’un droit de retour ;
  • le donataire demande à bénéficier de la « réduction Guyane » pour les biens concernés ;
  • le don porte sur une œuvre d’art exonérée de droits de mutation ;
  • au cours des 15 dernières années, le donataire a déjà reçu du même donateur un don déclaré sur papier et ayant donné lieu au paiement de droits d’enregistrement ;
  • le donataire est un descendant du donateur et vient en représentation de l’un de ses parents décédés ;
  • le donataire est le petit-neveu du donateur et vient en représentation de l’un de ses parents décédés ;
  • la résidence principale du donataire ne dispose pas d’une connexion Internet ;
  • le donataire n’est pas en mesure d’effectuer sa déclaration en ligne.

Que se passe-t-il pour un don supérieur à 15 000 euros ?

Lorsqu’un don manuel dépasse 15 000 euros, le donataire peut choisir de différer la déclaration et le paiement des droits éventuels jusqu’au décès du donateur.

Pour exercer cette option, il doit révéler spontanément le don à l’administration fiscale en remplissant le cerfa 14579, intitulé « Révélation de don manuel d’une valeur supérieure à 15 000 € ».

Cette démarche doit être réalisée dans le mois qui suit la révélation du don. Elle ne peut pas résulter d’une demande de l’administration fiscale ni intervenir à la suite d’un contrôle.

Le formulaire doit être adressé en deux exemplaires au service chargé de l’enregistrement du domicile du donataire. Les coordonnées du service compétent figurent dans la rubrique Contact et prise de rendez-vous.

Comment déclarer le don au décès du donateur ?

Au décès du donateur, le bénéficiaire doit déclarer le don depuis son espace personnel sur impots.gouv.fr. Il doit accéder à la rubrique :

  • « Déclarer » > « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux ».

La déclaration et le paiement des droits éventuellement dus doivent intervenir dans le mois qui suit la date du décès.

Si le donataire bénéficie d’une dispense de déclaration en ligne, il doit transmettre le cerfa 11278 en deux exemplaires au service chargé de l’enregistrement compétent. Le paiement des droits éventuels doit être joint à la déclaration.

Il doit également cocher la case indiquant que la démarche fait suite à l’option choisie pour déclarer le don et régler les droits au décès du donateur.

 

Olivier Calcagno

D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.