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Inégalités salariales femmes-hommes : Les Françaises « travaillent gratuitement » depuis le 5 novembre 2019 à 16 h 47

L’association féministe « Les Glorieuses » établit le 5 novembre comme étant la date à laquelle les femmes ne sont plus payées pour le travail qu’elles accomplissent, et ce jusqu’à la fin de l’année. Cette date symbolique attire l’attention sur les inégalités salariales entre les femmes et les hommes qui seraient de l’ordre de 15,4 %. Explications dans cet article.
Sommaire

En France, le salaire des femmes serait en moyenne 15,4 % moins élevé que celui des hommes (chiffres Eurostat). Sur la base de ce pourcentage et du nombre de jours ouvrés dans l’année, Rebecca Amsellem, économiste et fondatrice de l’association féministe « Les Glorieuses », estime que symboliquement, depuis le 5 novembre 2019 à 16 h 47, les Françaises « travaillent gratuitement » jusqu’à la fin de l’année.

Inégalités salariales femmes-hommes : Les Françaises « travaillent gratuitement » depuis le 5 novembre 2019 à 16 h 47


Une date symbolique pour attirer l’attention sur les inégalités salariales

Rassurez-vous Mesdames, vous continuerez de toucher votre salaire normalement jusqu’à la fin de l’année. Toutefois, l’association féministe « Les Glorieuses » a voulu attirer l’attention sur les inégalités salariales qui persistent en France entre les femmes et les hommes.

Pour estimer la date symbolique à laquelle les femmes ne sont plus payées pour le travail qu’elles accomplissent jusqu’à la fin de l’année, la fondatrice de l’association Rebecca Amsellem a effectué un calcul entre la différence de rémunération femmes-hommes — estimée à 15,4 % de moins pour les femmes (temps complet et temps partiel inclus) — et le nombre de jours travaillés par an.

Une « petite manifestation symbolique » à l’Assemblée nationale

Ce mardi 5 novembre 2019 à 16 h 47, des députées PS, LFI, PCF, LREM ainsi que quelques hommes ont organisé une « petite manifestation symbolique » dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. À l’heure dite, ils se sont levés. Certaines députées PS ont même quitté les lieux.

« À partir de 16 h 47, les femmes françaises travaillent gratuitement du fait des écarts de salaire qui existent entre les femmes et les hommes, donc avec plusieurs de mes collègues de tous les groupes nous avons souhaité symboliser ce moment », a expliqué la cheffe de file des députés PS Valérie Rabault. « Il faut que ça change ». « Tous les gouvernements s’attachent à enclencher des progrès », mais il faut rester « vigilants à chaque instant et c’est le sens de la petite manifestation organisée », a-t-elle continué.

Des mesures pour changer les choses

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail a déclaré qu’elle partageait le « diagnostic de la situation des femmes depuis 16 h 47 », mais a tenu à rappeler que combattre cette inégalité était « la grande cause du quinquennat ».

Elle a évoqué la loi avenir professionnel, votée en septembre 2018, qui selon elle, « a changé complètement le paysage », avec l’instauration d’« une obligation de résultat pour les entreprises» et un « index de l’égalité professionnelle».

De leur côté « Les Glorieuses » réclament depuis 2016 l’instauration de 3 mesures en faveur de l’égalité salariale qui s’appuient sur le modèle islandais :

  • La création d’un certificat d’égalité salariale, valable 3 ans, qui prouve qu’une entreprise paye ses salariés femmes et hommes de la même manière, à poste et responsabilités égales. Ce certificat permet aussi aux chefs d’entreprises d’obtenir certains avantages fiscaux.
  • Une transparence totale au niveau des salaires dans toutes les entreprises.
  • Un congé paternité d’une durée équivalente au congé maternité (7 semaines). À savoir que chez nos voisins islandais, les nouveaux parents ont droit à un congé de 3 mois, rémunéré à hauteur de 80 % du salaire, avec une prolongation possible de 3 mois à se partager.