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La hausse des taxes sur les carburants annulée pour 2019

Coup de théâtre, après l’annonce mardi soir par Édouard Philippe d’un moratoire de 6 mois sur la hausse des prix du carburant — qui avait eu un effet déclencheur sur le mouvement des gilets jaunes — l’Élysée a finalement annoncé le retrait pur et simple de la mesure. Qu’en est-il ?

L’exécutif recule et négocie. L’augmentation de la taxe carbone — induisant une hausse des prix du carburant — n’aura pas lieu en 2019. Elle n’est pas « suspendue, ni différée », mais bien « annulée », a fait savoir un conseiller de l’Élysée à Franceinfo, peu avant 20 heures ce mercredi 5 décembre. Cette nouvelle a été confirmée dans les médias, notamment sur BFM TV par Marlène Schiappa et François de Rugy. Malgré cela, les gilets jaunes ne comptent pas céder et se préparent à une nouvelle journée de mobilisation qui aura lieu samedi 8 décembre. Un point sur la situation.

La hausse des taxes sur les carburants annulée pour 2019


Suppression totale de la taxe carbone, gel des tarifs du gaz et de l’électricité

« Le président et le Premier ministre ont souhaité de concert que la hausse de la taxe carbone prévue dans le budget 2019 soit supprimée. Le débat citoyen et parlementaire des semaines et des mois à venir devra permettre de trouver les solutions et les financements qui répondront aux enjeux de la transition écologique, solutions qui devront préserver le pouvoir d’achat de nos concitoyens », a annoncé l’Élysée.

Aujourd’hui, jeudi 6 décembre, Édouard Philippe doit continuer de défendre au Sénat des dispositions prises en urgence sous la pression populaire : en plus de l’annulation de la taxe carbone, il a également annoncé un gel de la hausse des tarifs du gaz et de l’électricité cet hiver, et le report de 6 mois de la nouvelle version « durcie » du contrôle technique automobile qui devait être mise en place au 1er janvier 2019. Le Premier ministre souhaite également qu’il y ait débat sur la réforme de l’ISF (Impôt sur la fortune).

Le chef de l’État s’oppose au retour de l’ISF

En revanche, le chef de l’État s’oppose toujours à un rétablissement de l’ISF. « Nous ne détricoterons rien de ce qui a été fait depuis 18 mois », a-t-il déclaré.

La veille, la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, avait pourtant indiqué le contraire dans l’émission diffusée sur France 3 dédiée aux gilets jaunes. Elle évoquait le fait « d’évaluer la transformation de l’ISF » et la possibilité de le réintroduire « s’il n’y a pas suffisamment de capitaux réinjectés dans l’économie française » par son remplaçant, « l’impôt sur la fortune immobilière ».

Un climat de tension et la peur d’une nouvelle vague de violence pour samedi

Même si le gouvernement se décide enfin à négocier, les gilets jaunes ne s’estiment pas satisfaits des avancées obtenues et prévoient de maintenir la mobilisation. Les principales organisations syndicales ainsi que des représentants des gilets jaunes se réuniront de nouveau ce jeudi 6 décembre.

« Nous avons des raisons de redouter une très grande violence », a déclaré le palais présidentiel à l’AFP concernant la grande mobilisation de samedi 8 décembre. En effet, sur les réseaux sociaux, les appels à la manifestation et à des actions de blocage ne faiblissent pas.

Le président de la République lors du Conseil des ministres a expressément demandé « aux forces politiques et syndicales [et] au patronat de lancer un appel clair et explicite au calme », selon Benjamin Griveaux le porte-parole du gouvernement.

« Ce qui est en jeu, c’est la sécurité des Français et nos institutions. Je lance ici un appel à la responsabilité », a plaidé le Premier ministre devant l’Assemblée. « Tous les acteurs du débat public, responsables politiques, responsables syndicaux, éditorialistes et citoyens, seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent », a-t-il insisté.