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Le Modafinil et ses génériques ne doivent pas être utilisés en cas de grossesse

Le Modafinil vient d’être ajouté sur la liste des médicaments à proscrire en cas de grossesse. Il est suspecté d’être à l’origine de malformations. Explications.
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Utilisé par les patients narcoleptiques, le Modafinil est suspecté d’être à l’origine de malformations chez les nourrissons. De ce fait, l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) a demandé que ce risque soit ajouté sur les effets indésirables du médicament. Les détails dans cet article.

Le Modafinil et ses génériques ne doivent pas être utilisés en cas de grossesse


De la suspicion à l’alerte au grand public

L’EMA a évalué le risque de la prise du Modafinil en cas de grossesse. Suite à son expérience, l’organisme a suspecté ce traitement contre la narcolepsie d’être potentiellement dangereux pour le fœtus. En effet, il pourrait être à l’origine de malformations congénitales.

L’EMA a alors demandé à ce que ce risque soit ajouté à la notice du médicament et que les professionnels de santé arrêtent de prescrire le Modafinil aux femmes enceintes. Pour aller plus loin, l’Agence demande également aux médecins de s’assurer que les femmes sous traitement et en âge d’avoir des enfants utilisent une contraception efficace.

Bon à savoir : pour l’heure, la notice du médicament indiquait uniquement qu’il n’était « pas recommandé » en cas de grossesse.

Vers des prescriptions plus naturelles

La narcolepsie est une maladie entraînant des somnolences chroniques, incontrôlables et involontaires, et ce, à tous moments de la journée. Le Modafinil, commercialisé sous le nom de Modiodal par le laboratoire israélien Teva, permet de « cadrer » les périodes d’endormissement. Il en va de même pour ses génériques.

Toutefois, pour les femmes enceintes ou en âge de l’être, l’EMA préconise d’opter pour des techniques de soin plus naturels, à savoir : les approches comportementales, recourir à des siestes programmées en journée, etc.

Pour les femmes en âge de procréer, une contraception efficace est de mise. En effet, la pilule (tous dosages confondus), les implants, les patches ou DIU hormonaux voient leurs effets diminuer par la prise du Modafinil. En ce sens, d’autres contraceptions sont à préférer.

Bon à savoir : après l’arrêt du traitement au Modafinil, la patiente doit prolonger sa contraception jusqu’à 2 mois supplémentaires.

Que faire si vous êtes déjà sous traitement et enceinte ou en âge de l’être ?

En premier lieu, toute patiente enceinte et sous traitement de Modafinil doit impérativement prendre rendez-vous chez son médecin traitant et réévaluer le traitement. Des alternatives existent, le professionnel de santé sera à même de prescrire la meilleure d’entre elles. Le traitement de Modafinil, quant à lui, doit être stoppé sur-le-champ.

Pour les femmes en âge d’avoir des enfants et étant sous traitement contre la narcolepsie, une contraception non hormonale est de rigueur. Il est possible de combiner 2 types de contraception afin d’éviter toute grossesse. Cette contraception doit perdurer 2 mois après l’arrêt du Modafinil. Cela est nécessaire pour évacuer tout résidu dans le corps. Dans tous les cas, un rendez-vous avec le médecin traitant est incontournable, afin d’évaluer les risques, discuter et se rassurer.

Pour toute question supplémentaire, les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, spécialistes, etc.) seront à même de vous répondre tant sur le traitement que sur l’état de santé du fœtus le cas échéant.

Bon à savoir : il est possible de déclarer un effet indésirable lors d’un traitement sur le site Signalement-santé.gouv.fr.



Quelques cas déjà avérés

Aux États-Unis, quelques cas de malformations de nouveau-nés après la prise de Modafinil ont pu être constatés. La suspicion entre le médicament et les conséquences sur les enfants a rapidement été établie : les mères étaient toutes sous traitement de Modafinil.