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Le plan de lutte contre l'excision du gouvernement

De nombreuses femmes et jeunes filles issues de familles originaires de pays qui pratiquent traditionnellement l’excision risquent encore de subir ces mutilations. Pour lutter contre ces pratiques, le gouvernement déploie un plan excision contenant des actions de prévention, ainsi que mesures de détection et de prise en charge des victimes. Le point dans cet article.
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Pour lutter contre les mutilations sexuelles faites aux femmes, vendredi 21 juin, la secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a annoncé un « Plan Excision » axé sur une augmentation de l’information, ainsi que l’amélioration de la détection et de la prise en charge des victimes. Un point sur la situation.

Le plan de lutte contre l’excision du gouvernement


Une pratique punie par la loi, mais encore trop répandue

Selon les chiffres du gouvernement et des associations, entre 40 000 et 60 000 femmes excisées vivraient actuellement en France, principalement originaires du Mali, du Sénégal, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire et de Guinée.

Malgré l’interdiction de cette pratique et le risque pénal encouru — 10 à 30 ans de prison —, « 3 filles sur 10 dont les parents sont originaires de pays pratiquant traditionnellement l’excision risquent d’être excisées ».

« En France comme partout dans le monde, les mutilations sexuelles féminines sont des atteintes inadmissibles à l’intégrité et aux droits fondamentaux des femmes et des petites filles qui en sont victimes », a dénoncé Marlène Schiappa. « Aucune tradition ne saurait être invoquée » pour les justifier.

« C’est encore un combat culturel à mener : on a vu des adolescentes demander elles-mêmes à être excisées. Il faut renverser la pression sociale », a ajouté la secrétaire d’État lors d’un entretien accordé au JDD.

Le gouvernement dévoile son « plan excision »

Le budget alloué à la lutte contre les mutilations sexuelles faites aux femmes n’a pas été précisé, mais plusieurs mesures ont d’ores et déjà été annoncées : des campagnes d’informations, l’amélioration de la prise en charge des victimes « notamment en termes de santé mentale et de santé sexuelle », un soutien financier au service de chirurgie réparatrice de la Maison des Femmes de Saint-Denis, ou encore un « guide pratique » à l’usage des professionnels de santé et des services sociaux pour les encourager à dénoncer aux autorités les risques ou les cas avérés de mutilations.

Il est aussi important de « mieux quantifier et localiser » les problèmes de mutilations faites aux femmes pour pouvoir lutter contre le phénomène le plus efficacement possible. C’est pourquoi des « outils de recueil régulier de données » vont être utilisés, en particulier dans les maternités.

En outre, dans les zones géographiques où l’on rencontre le plus de femmes excisées, la coordination entre les différents acteurs locaux sera renforcée (préfets, Agences régionales de santé, rectorat, associations, etc.) et l’accent sera mis sur la communication et la protection des victimes.

Enfin, du côté de la justice, si une enquête judiciaire est ouverte pour soupçons d’incitations à la mutilation sexuelle d’une mineure, les parents seront avertis des « risques pénaux encourus » et l’obligation de « soumettre la jeune fille à un examen médical au retour de l’étranger » est envisagée.

Le gouvernement précise que ce plan excision a été « construit avec les associations ».