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Le réapprovisionnement des réserves d'eau douce menacé par le réchauffement climatique et l'exploitation agricole

Selon un rapport récent, les nappes phréatiques se rechargent très lentement. Cela peut prendre des centaines, voire des milliers d’années pour qu’elles puissent se réapprovisionner. C’est la conséquence directe d’une utilisation massive des ressources en eau destinée à l’agriculture mondiale. Mais ce n’est pas la seule conséquence, puisqu’en effet, les sécheresses liées au dérèglement climatique sont aussi responsables.
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Selon une étude publiée le 21 janvier 2019 dans Nature Climate Change, le réapprovisionnement des nappes phréatiques serait compromis, notamment en raison d’une utilisation abondante des ressources en eau pour l’exploitation agricole (due à l’augmentation de la population), mais aussi à cause du changement climatique. Une situation inextricable pour les générations futures. Explications.

Le réapprovisionnement des réserves d’eau douce menacé par le réchauffement climatique et l’exploitation agricole


Les nappes phréatiques, première source d’eau potable

La nappe phréatique, aussi appelée nappe aquifère, est une immense réserve d’eau douce, située à faible profondeur au-dessous du sol. Les nappes aquifères sont réalimentées grâce aux précipitations. Ce réapprovisionnement est lent et peut prendre des centaines d’années, notamment dans les zones arides.

Ces eaux sont principalement utilisées pour notre consommation et l’agriculture. Et près de 2 milliards de personnes dépendent de ces réserves.

Le réchauffement climatique compromet le réapprovisionnement des réserves

Surexploitées pour la production agricole, les réserves en eau sont de plus en plus faibles. Une situation qui ne tend pas à s’arranger face au dérèglement climatique. La sécheresse est l’une des principales causes affectant le réapprovisionnement des nappes aquifères.

Mark Cuthbert, chercheur et conférencier à l’université de Cardiff, explique que dans une centaine d’années, seule la moitié des nappes pourraient se réapprovisionner à 100 %. « On peut parler de bombe à retardement environnementale, parce que les effets actuels du changement climatique sur les recharges feront sentir pleinement leurs conséquences sur les reflux vers les rivières et zones humides beaucoup plus tard », ajoute-t-il.

Les recharges hivernales sont insuffisantes

Le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) a publié le niveau des nappes phréatiques au 1er janvier 2019. Et il s’avère que les recharges hivernales sont en retard cette année. Pourtant, l’hiver est une saison propice pour le rechargement des réserves puisque les eaux sont plus abondantes, l’humidité des sols est favorisée et l’évaporation des eaux est plus faible qu’en été. Plus de 51 % d’entre elles avaient un niveau insuffisant au mois de novembre 2018. Une situation qui devrait néanmoins se stabiliser dans les mois à venir.

Par ailleurs, des régions sont plus défavorisées que d’autres. Par exemple, les nappes de la région PACA et de la région de Montpellier ne sont pas touchées par cette situation. Les niveaux d’eau y sont favorables. En revanche, ce n’est pas le cas pour l’Alsace ou la Picardie.