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Les pistes pour le pouvoir d'achat des retraités

Le 25 avril dernier, lors de sa grande conférence de presse, Emmanuel Macron s’est longuement exprimé sur la question des retraites. Des mesures en faveur des retraités ont été évoquées. Quelles sont-elles ?
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Lors de son allocution du 25 avril, le président de la République a rappelé qu’il entendait créer un régime universel de retraite à points en remplacement des 42 régimes actuels. Dans un tweet publié par l’Élysée ce même jour, il déclarait que « les retraités ont travaillé toute leur vie. Aujourd’hui, ils doivent soutenir leurs enfants, confrontés au chômage et leurs parents, qui vivent plus longtemps. C’est à nous de les soutenir. »

Afin de leur redonner du pouvoir d’achat, le chef de l’État a promis de revaloriser les pensions et d’augmenter le minimum contributif sans supprimer de jours fériés, sans modifier les 35 heures de travail hebdomadaire et sans toucher à l’âge légal de départ, actuellement fixé à 62 ans. Quelles sont précisément les mesures présentées ? Comment sont-elles perçues par les Français ? Et quel financement est-il prévu pour leur déploiement ?

Les pistes pour le pouvoir d’achat des retraités


Instaurer un régime de retraite universel

Le gouvernement avance que le dossier sur ce sujet sera présenté courant 2019 pour une mise en place à échéance de 2025.

Le principe ? Chaque euro cotisé est censé ouvrir des droits équivalents pour tous, aussi bien dans le secteur privé que public. Le but, assure la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, n’est pas « de réformer pour réduire les droits ou les niveler par le bas », mais de créer un système « capable de générer des droits nouveaux ».

Dans ce système par répartition, auquel le président se dit attaché, « chaque jour travaillé dans sa vie sera pris en compte » et les points obtenus seront enregistrés dans un compte unique.

Revaloriser les retraites à partir de 2020

Le président de la République a reconnu que la revalorisation de 0,3 % appliquée aux pensions de retraite en 2019 (pour une inflation de 1,8 %) avait été très mal perçue et « devait être corrigée ». À cette fin, en janvier 2020, il prévoit de revaloriser les pensions inférieures à 2 000 € mensuels à hauteur du taux d’inflation. Il souhaite, par ailleurs, étendre cette mesure à l’ensemble des retraites à partir de 2021.

Le niveau de revenus qui sera pris en compte pour la revalorisation n’a pas été précisé. Cette dernière s’appliquera-t-elle sur le revenu fiscal de référence comme c’est le cas pour l’application du taux de CSG (Contribution sociale généralisée) ? Les revenus du patrimoine seront-ils pris en compte ?

Certains analystes désapprouvent l’approche retenue pour communiquer sur le sujet. Ils contestent notamment les termes de désindexation et de réindexation employés par le gouvernement pour annoncer la mesure. Ils rappellent qu’en décembre 2018, le Conseil constitutionnel avait rejeté la désindexation des retraites proposée pour 2019 dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ils avancent donc que l’on ne peut réindexer ce qui n’a pas été désindexé et qu’en ne revalorisant que les pensions inférieures à 2 000 € en 2020, le gouvernement sous-indexe, de fait, toutes celles qui sont supérieures à ce montant.

Quand, par ailleurs, le président déclare qu’à partir de 2021 « il n’y aura plus de sous-indexation de quelque retraite que ce soit », il communique sur une mesure qui n’a jamais été adoptée.

Assurer une retraite minimale de 1 000 € pour les carrières complètes

Actuellement, le Mico (Minimum contributif) est de 636,56 € ou 695,59 € mensuels, selon le nombre de trimestres cotisés (au moins 120).

Ce dispositif diffère de l’ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées), une prestation versée à partir de 65 ans à des personnes disposant de faibles pensions de retraite. En 2019, l’allocation s’élève à 868,20 € mensuels pour une personne seule et sera portée à 903 € en 2020.

Afin de créer « un différentiel entre les gens qui ont travaillé toute leur vie et ceux qui reçoivent un minimum vieillesse payé par la solidarité », Emmanuel Macron demande à ce que la pension minimale, composée des retraites de base et complémentaires, soit fixée à 1 000 € par mois pour les personnes justifiant d’une carrière complète ou ayant atteint l’âge de la retraite à taux plein (65 à 67 ans).

Certains font cependant remarquer que le montant de 1 000 €, présenté comme un cadeau, est inférieur au montant maximal pouvant être atteint en cumulant le Mico actuel et les pensions de retraite complémentaire : jusqu’à 1 177,44 € par mois en 2019.



Emmanuel Macron réaffirme un de ses engagements de la campagne présidentielle : il maintiendra à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite. Il commente ce choix en ajoutant « qu’il serait hypocrite de décaler l’âge légal tant que la question du chômage n’a pas été réglée ».

Allonger la durée de cotisation et renforcer le système de décote

Afin de compenser les dépenses liées à ces mesures, le chef de l’État envisage d’inciter les Français à travailler plus longtemps.

En pratique, il conviendrait d’allonger la période de référence en fixant un âge pivot — différent de l’âge légal de départ — tout en laissant les Français libres de partir avant ou après cet âge pivot. L’augmentation de trimestres cotisés irait de pair avec le renforcement des décotes et surcotes : un encouragement pour que les Français travaillent au-delà de l’âge légal.

Mais, parmi les réactions exprimées à propos de cette annonce, nombre de retraités considèrent « qu’imposer une décote ou augmenter l’âge légal de départ, c’est pareil. »