Les sages-femmes peuvent désormais pratiquer l'IVG instrumentale
Un décret publié ce dimanche 17 décembre au Journal officiel autorise les sages-femmes à pratiquer des IVG (interruptions volontaires de grossesse) instrumentales, sous certaines conditions. C’est « une avancée concrète pour un droit à protéger tous les jours », s’est félicité sur X (ex-Twitter) Aurélien Rousseau, le ministre de la Santé.
C’est quoi l’IVG instrumentale ?
Les femmes qui souhaitent interrompre leur grossesse ont 2 solutions :
- l’IVG médicamenteuse, c’est-à-dire prendre « successivement 2 médicaments », indique l’Assurance maladie ;
- l’IVG instrumentale, aussi appelée IVG chirurgicale, qui consiste à « dilater le col de l’utérus », puis « à aspirer le contenu utérin », précise la CPAM. L’intervention, qui nécessite une anesthésie locale ou générale, dure entre 15 et 20 minutes.
Selon les dernières données disponibles, sur 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans, 16,2 avaient interrompu leur grossesse en 2021.
Bon à savoir : l’IGV médicamenteuse peut se faire jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse et l’IGV instrumentale jusqu’à la fin de la 12e semaine de grossesse.
Quelles sages-femmes peuvent pratiquer ce type d’avortement ?
Le décret paru au Journal officiel encadre cette nouvelle compétence des sages-femmes. Pour rappel, elle a été expérimentée pendant un peu plus d’un an. Ainsi, la sage-femme doit être titulaire d’un diplôme universitaire en orthogénie ou d’un diplôme d’État de docteur en maïeutique ou avoir au moins 1 an d’expérience dans le domaine de la santé de la femme, dont 6 mois en orthogénie.
Par ailleurs, ce professionnel de santé doit aussi avoir suivi une formation pratique, c’est-à-dire avoir observé au moins 10 actes d’IGV instrumentale ou avoir réalisé au moins 30 IVG sous la supervision d’un médecin ou d’une sage-femme qui est formée pour cet acte et qui dispose d’une expérience de plus de 2 ans ou qui a réalisé plus de 60 IVG. Enfin, cette IVG doit être réalisée dans un établissement de santé.
À noter : depuis 2016, les sages-femmes peuvent pratiquer une IVG médicamenteuse.
Combien ça coûte ?
Les frais de l’interruption volontaire de grossesse, qu’elle soit instrumentale ou médicamenteuse, sont entièrement pris en charge par l’Assurance maladie. Vous êtes mineur ? Vous pouvez bénéficier d’un total anonymat, mais vous devez obligatoirement vous rendre à une consultation psychosociale avant l’interruption volontaire de grossesse. Une consultation qui est également gratuite et qui est facultative si vous êtes majeur.
Vous avez des questions ? N’hésitez pas à consulter le site ivg.gouv.fr.
Le décret étendant les compétences des sages-femmes pour la pratique de l’IVG est publié au Journal officiel de ce matin. Une avancée concrète pour un droit à protéger tous les jours. pic.twitter.com/UHwzuYONn8
— Aurélien Rousseau (@aur_rousseau) December 17, 2023