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Lutter contre la marée noire avec nos cheveux

Le 25 juillet 2020, un navire s’est échoué non loin de l’île Maurice déversant alors des tonnes de fioul dans l’océan. Pour endiguer la marée noire et éviter la catastrophe écologique, une solution est trouvée : l’utilisation de nos cheveux !
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Les ONG à l’échelle mondiale se sont mobilisées quelques jours après le naufrage du Wakashio afin de contenir la marée noire. Et pour cela, elles ont invité tout un chacun à se faire couper les cheveux. Cette idée originale a un véritable intérêt écologique, puisque le cheveu absorbe, ou plutôt « adsorbe » selon les scientifiques, les hydrocarbures en grande quantité. Explication en détail dans cet article.

Lutter contre la marée noire avec nos cheveux

Une nouvelle arme contre la marée noire : les cheveux

Lorsqu’un navire porteur de matières polluantes s’échoue, les autorités disposent de peu de temps pour prendre la marée noire de vitesse et ainsi préserver l’écosystème. À l’île Maurice, des milliers de tonnes de fioul se sont déversées dans l’océan menaçant d’atteindre les côtes et les récifs coralliens. Face à l’urgence, des coiffeurs locaux et des associations situées partout dans le monde ont offert leur aide sous la forme de collectes de cheveux.

En effet, ces derniers sont des adsorbants oléophiles et hydrophobes, c’est-à-dire qu’ils peuvent retenir jusqu’à huit fois leur poids en hydrocarbures. Pour les utiliser, des boudins flottants sont confectionnés, dont l’efficacité est bien plus importante que celle des boudins normalement réalisés à partir de tissus, chanvre ou encore paille de canne à sucre.

Afin de sauver leur île, les Mauriciens ont accouru chez leur coiffeur puis se sont affairés dans la confection et la mise en place de ces boudins faisant fi de leur sécurité. Une telle mobilisation citoyenne a eu un écho à l’échelle internationale et les associations se sont retroussées les manches pour faire parvenir des tonnes de cheveux dans les meilleurs délais.

Plusieurs acteurs au cœur de l’initiative en France

En France, l’association Coiffeurs Justes, née dans le Var, a répondu présent. Son fondateur, Thierry Gras, s’engage depuis 2015 dans le recyclage du déchet principal de son salon et rassemble aujourd’hui près de 3 200 adhérents partout en France. Grâce à leur participation, il a fait parvenir 20 tonnes de cheveux à l’île Maurice en collaborant avec l’ONG Octopus pour le transport.

La start-up Capillum, spécialisée dans le recyclage de cheveux, a également lancé une campagne de collecte et d’acheminement avec l’aide d’Urby, une filiale de La Poste. Cette dernière a mis à leur disposition plusieurs entrepôts sur le territoire permettant le dépôt des sacs par les coiffeurs.

Rejoindre le mouvement et participer au recyclage des cheveux

Les cheveux n’ont pas pour seule vertu l’absorption des hydrocarbures, mais sont aussi connus pour leur capacité isolante, leur résistance et la présence de kératine dans leur composition. Capillum et Coiffeurs Justes œuvrent afin de les recycler et ainsi adopter un comportement éco-responsable. Quel que soit la nature des cheveux ou la couleur, ils peuvent être récoltés et utilisés à d’autres fins.

Les coiffeurs souhaitant rejoindre l’association doivent pour cela remplir un bulletin comprenant les informations de l’entreprise et le nombre de sacs souhaité. L’adhésion s’élève à 25 euros par an et chaque sac est vendu un euro. Un fois remplis, il suffit de les renvoyer à vos frais au salon de Thierry Gras. Si cette démarche a un coût, son impact écologique n’en demeure pas moins conséquent.