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Un collectif demande la reconnaissance de l'IVG comme un droit fondamental européen

Le droit à l’avortement a récemment été « remis en cause » dans plusieurs pays européens. Afin de protéger et garantir le maintien de ce droit des femmes à disposer de leur corps, un collectif féministe interpelle les candidats aux élections européennes pour faire inscrire l’IVG comme un « droit fondamental ».
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Le droit à l’avortement ne peut à l’heure actuelle être considéré comme acquis. Dans certains pays d’Europe, pour des raisons politiques ou économiques, l’accès à l’IVG est parfois rendu difficile, voire compromis. Afin de garantir à chaque Européenne les mêmes droits, et faire en sorte que l’IVG ne puisse pas être remis en question au gré de changements politiques au sein des états membres, un collectif féministe interpelle les candidats aux élections européennes pour faire inscrire le droit à l’avortement comme un « droit fondamental ». Détails dans cet article.

Un collectif demande la reconnaissance de l’IVG comme un droit fondamental européen


L’accès à l’IVG diffère selon les pays

Actuellement au sein de l’Union européenne, la plupart des pays autorisent l’avortement. Dans 3 États, l’IVG n’est possible qu’en cas de circonstances exceptionnelles : Pologne, Chypre, et Andorre. À Malte, elle est strictement interdite. Dans ces pays, des peines de prison pouvant aller jusqu’à 3 ans sont encourues pour la patiente et le médecin qui procéderait illégalement à une interruption de grossesse.

Le collectif « Avortement en Europe, les femmes décident ! » précise également qu’en Hongrie les avortements ont lieu « sous haute contrainte », que « l’absence de structures hospitalières adéquates » en Grèce rendent difficile l’accès à l’IVG ou encore que « les restructurations hospitalières » en France conduisent « à la suppression des centres pratiquant l’avortement ».

Un article paru dans le journal Le Monde souligne le décalage qui existe parfois entre le droit et la pratique. Par exemple, en Italie l’avortement est légal, mais dans les faits, « jusqu’à 70 % des médecins se disent “objecteurs de conscience” et refusent » de procéder à une IVG.

Faire reconnaitre le droit à l’avortement comme un « droit fondamental »

C’est ce que demande le collectif féministe « Avortement en Europe, les femmes décident ! ». Les militantes interpellent actuellement les candidats aux élections européennes pour que le droit à l’IVG soit inscrit dans la Charte des droits fondamentaux, un traité européen contraignant pour les pays membres qui ne pourraient plus de ce fait, changer la législation en vigueur au gré des changements de leurs politiques nationales.

« Ce que nous voulons c’est que le droit à l’avortement (...) fasse partie des droits fondamentaux et qu’il soit inscrit dans un texte européen qui ne puisse pas être remis en cause par les États », plaide Danielle Gaudry, membre du collectif.

L’organisation réclame également la suppression de « la clause de conscience spécifique à l’avortement des professionnels de santé », une « harmonisation des délais légaux pour avorter » et « une augmentation des moyens financiers pour que les centres pratiquant l’avortement soient accessibles à toutes sur tous les territoires ».