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Un nouveau plan pour lutter contre l'abandon des animaux

En France, 100 000 animaux sont abandonnés chaque année. Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement a élaboré un nouveau plan, qu’il espère infaillible.
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En France, la moitié des foyers possèdent un animal de compagnie. Malheureusement, le pays détient également le triste record du nombre d’abandons en Europe. Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, tient à rappeler : « un animal de compagnie n’est ni un consommable ni un jouet ; en être propriétaire, c’est en être responsable. » En accord avec cette idée, il a présenté lundi 21 décembre 2020 un plan en trois volets.

Un nouveau plan pour lutter contre l’abandon des animaux

Sensibiliser la population

L’abandon d’animaux est un véritable fléau en France. Déménagement, séparation, difficultés financières ou départ en vacances sont autant de causes à l’origine des 100 000 animaux retrouvés sans propriétaire au bord des routes et dans les rues. Et les associations de protection constamment débordées ne peuvent pas tous les accueillir. La Fondation 30 millions d’amis tente d’alerter la population sur le sort réservé aux animaux abandonnés avec des campagnes coup de poing : « Faute de place dans les refuges, les animaux amenés en fourrière et non réclamés par leur maître à l’issue du délai légal de garde de huit jours, risquent la mort ».

Pour le ministre, il est important de sensibiliser les Français afin de stopper les achats impulsifs qui conduisent trop souvent à l’abandon. Un animal est un compagnon pour la vie qui nécessite du temps, de l’affection et des soins au quotidien. Il n’est pas une marchandise dont on se lasse et se débarrasse. Un certificat de sensibilisation sera obligatoirement délivré par les vétérinaires, refuges, animaleries ou élevages et signé par les adoptants. Il détaillera les besoins de l’animal et les coûts engendrés (nourriture, soins, etc.) afin de responsabiliser le nouveau propriétaire.

Agir concrètement

Plusieurs actions concrètes sont au cœur du nouveau plan. La vente d’animaux via des plateformes en ligne sera plus encadrée. Ainsi, Leboncoin en partenariat avec l’Ordre des vétérinaires s’est investi dans l’élaboration d’une charte d’engagement en faveur du bien-être des animaux de compagnie. Cela se traduira par un contrôle plus poussé des annonces, qui seront dans l’obligation de mentionner différentes informations (âge, numéro et méthode d’identification, etc.).

Les ventes dans les véhicules ambulants, particulièrement propices aux achats impulsifs, seront quant à elles strictement interdites.

Du côté des associations et des refuges, le gouvernement s’est engagé à soutenir ces structures en leur accordant une aide de 14 millions d’euros. Elle permettra la rénovation des locaux et l’augmentation du nombre de pensionnaires. De plus, l’État participera plus activement aux campagnes de stérilisation des animaux errants, une solution efficace pour maîtriser les populations de chiens et chats et leur garantir de meilleures conditions de vie. Enfin, un projet d’observatoire de la protection animale des carnivores domestiques devrait voir le jour en 2022.

Quelles sont les sanctions encourues pour l’abandon d’un animal ?

L’abandon d’un animal est considéré comme un acte de maltraitance et il est donc puni par la loi. À l’heure actuelle, tout acte de cruauté est passible d’une peine de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Julien Denormandie envisage de durcir ces sanctions qu’il trouve peu dissuasives. Il travaille sur une nouvelle proposition afin de modifier la loi en vigueur. Son ambition est de porter la peine de prison à 3 ans et d’augmenter le nombre de contrôles d’identification en étendant l’habilitation aux policiers municipaux et gardes champêtres.