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Comment faire une demande d'asile en France ? Le guide complet

Vous souhaitez faire une demande d'asile en France ? Découvrez toutes les étapes : SPADA, guichet unique, dossier OFPRA, entretien et recours en cas de rejet.
Sommaire

Reconnue à l’échelle internationale par la Convention de Genève de 1951 et inscrite dans la Constitution française, la protection accordée aux personnes persécutées repose sur un principe fondamental : nul ne doit être renvoyé vers un pays où sa vie ou sa liberté serait menacée. En France, c’est l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) qui instruit les demandes et rend les décisions de protection. Mais avant d’en arriver là, la route administrative est longue : passage en structure d’accueil, enregistrement au guichet unique, constitution d’un dossier, entretien, puis éventuellement recours en cas de rejet. Chaque étape obéit à des règles précises, avec des délais à respecter scrupuleusement.

Dans ce guide complet, nous détaillons l’ensemble du parcours pour effectuer une demande d’asile en France, des premières démarches à effectuer à l’arrivée sur le territoire jusqu’aux voies de recours disponibles en cas de décision défavorable.

Comment faire une demande d'asile en France ? Le guide complet



Qu’est-ce que le droit d’asile ?

Chaque année, des milliers d’étrangers frappent à la porte de la France pour fuir persécutions, violences ou menaces graves dans leur pays d’origine. Lorsque les autorités de ce pays ne peuvent ou ne veulent pas les protéger, la France peut leur accorder une protection internationale : c’est ce qu’on appelle le droit d’asile.

Ce droit n’est pas une faveur accordée au cas par cas. Il est ancré dans des textes fondamentaux : la Convention de Genève de 1951, mais aussi la Constitution française. En droit interne, c’est le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) qui encadre l’ensemble des procédures applicables sur le territoire.

Peut-on déposer une demande d’asile depuis l’étranger ?

C’est une question que beaucoup se posent avant même d’arriver en France : non, il n’est pas possible de déposer une demande d’asile depuis l’étranger. L’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) n’est compétent que pour traiter les dossiers introduits sur le sol français.

Cela dit, une alternative existe pour rejoindre la France légalement dans ce but : le visa au titre de l’asile. Ce dispositif permet à une personne se trouvant à l’étranger de solliciter, auprès de l’ambassade ou du consulat français de son pays de résidence, un visa spécifique. Sa délivrance relève de la compétence du seul ministre chargé de l’asile. Ce visa ne constitue pas en lui-même une protection : il autorise uniquement l’entrée sur le territoire. Une fois arrivé en France, le demandeur doit se présenter à la préfecture de son lieu de résidence pour entamer les démarches officielles.

À noter : les missions de protection menées par l’OFPRA hors d’Europe ne concernent que des personnes préalablement identifiées et proposées par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

La première étape : contacter une SPADA

Toute procédure de demande d’asile en France commence par un passage obligatoire auprès d’une structure de premier accueil des demandeurs d’asile, communément appelée SPADA. Ce sont des associations réparties sur l’ensemble du territoire, listées par département sur le site de la Direction générale des étrangers en France (DGEF).

Lors de ce premier contact, le demandeur reçoit des informations essentielles sur la procédure qui l’attend. Une photographie est prise, et surtout, un rendez-vous est fixé au guichet unique pour l’enregistrement officiel de la demande. C’est une étape incontournable : sans ce passage en SPADA, il n’est pas possible d’accéder au guichet unique.




Le passage au guichet unique (GUDA)

Le guichet unique pour demandeurs d’asile, ou GUDA, est le cœur administratif de la procédure d’enregistrement. On en dénombre 37 répartis sur le territoire métropolitain, généralement hébergés au sein des préfectures.

C’est ici que la demande d’asile est officiellement enregistrée. Concrètement, lors du rendez-vous :

  • les empreintes digitales sont relevées ;
  • la demande est formellement enregistrée dans le système ;
  • une attestation de demande d’asile (AtDA) est remise au demandeur, document qui l’autorise légalement à rester en France le temps de l’instruction de son dossier.

En parallèle, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) intervient au sein du guichet unique pour évaluer la situation personnelle du demandeur et lui proposer une offre de prise en charge adaptée à ses besoins (hébergement, allocation, accompagnement).

Attention : la langue déclarée lors du rendez-vous au GUDA est retenue par défaut pour l’entretien ultérieur avec l’OFPRA. Si le demandeur souhaite être entendu dans une autre langue, il doit le préciser explicitement dans son formulaire de demande d’asile : ce second choix primera sur celui du guichet unique.

Constituer et envoyer son dossier à l’OFPRA

Une fois le passage au GUDA effectué, le demandeur dispose d’un délai strict de 21 jours pour constituer et envoyer son dossier à l’OFPRA. Ce délai court à compter de la date de délivrance de l’attestation de demande d’asile.

Pour être recevable, le dossier doit impérativement contenir :

  • le formulaire de demande d’asile dûment complété et signé ;
  • deux photographies d’identité ;
  • la copie de l’attestation de demande d’asile ;
  • un récit personnel rédigé en français ;
  • une adresse postale valide (son absence peut entraîner une clôture automatique du dossier).

Le dossier est à envoyer à l’adresse suivante :

OFPRA
201 rue Carnot
94136 Fontenay-sous-Bois Cedex

Si le dossier est complet, l’OFPRA enregistre la demande et transmet une lettre d’introduction avec le numéro de dossier, accessible via l’espace numérique personnel sécurisé du demandeur.

Que faire en cas de dossier incomplet ou de délai dépassé ?

Si des pièces manquent, l’OFPRA adresse un courrier de demande de complément. Le demandeur dispose alors de 8 jours supplémentaires à compter de la réception du recommandé pour régulariser son dossier.

En cas de dépassement du délai de 21 jours ou si le dossier reste incomplet après relance, l’OFPRA notifie une décision de clôture. Le demandeur a alors 9 mois pour se présenter en préfecture, retirer un formulaire de réouverture et une nouvelle attestation, et reprendre la procédure.

L’examen de la demande d’asile par l’OFPRA

Une fois le dossier enregistré, l’OFPRA instruit la demande d’asile. Cette phase comprend généralement une convocation à un entretien personnel, conduit dans une langue que le demandeur comprend. L’objectif de cet entretien est de permettre à l’officier de protection d’appréhender précisément la situation du demandeur et les risques auxquels il serait exposé en cas de retour dans son pays d’origine.

À l’issue de l’instruction, l’OFPRA rend une décision : soit il accorde une protection internationale, soit il rejette la demande.

Que se passe-t-il en cas de rejet ?

Un rejet de la part de l’OFPRA n’est pas une fin de parcours. La loi prévoit des voies de recours permettant au demandeur de contester cette décision devant des juridictions spécialisées.

Le recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA)

En cas de rejet par l’OFPRA, le demandeur peut introduire un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Cette juridiction administrative spécialisée est la première instance de recours en matière d’asile.

Le recours donne lieu à :

  • un accusé de réception officiel de la CNDA ;
  • la désignation d’un avocat commis d’office, gratuitement.

À l’issue de l’audience, la CNDA peut soit accorder une protection internationale, soit confirmer le rejet. Dans ce second cas, une dernière voie de recours reste ouverte.

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État

Si la CNDA confirme le rejet de la demande d’asile, il est encore possible de se pourvoir en cassation devant le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française. Ce recours est strictement encadré : il nécessite obligatoirement d’être représenté par un avocat.

Le Conseil d’État peut alors :

  • accepter le pourvoi et renvoyer l’affaire devant la CNDA ;
  • accepter directement la demande de protection ;
  • rejeter définitivement le pourvoi.

FAQ sur la demande d’asile en France

Peut-on faire une demande d’asile sans papiers d’identité ?

Oui. L’absence de documents d’identité ne fait pas obstacle à l’enregistrement d’une demande d’asile. L’OFPRA examine chaque dossier au regard des éléments fournis, notamment le récit personnel du demandeur.

Combien de temps prend l’instruction d’une demande d’asile ?

Les délais varient selon les situations et la procédure appliquée (normale ou accélérée). L’OFPRA s’efforce de traiter les dossiers dans des délais raisonnables, mais l’instruction peut prendre plusieurs mois.

Qu’est-ce que l’allocation pour demandeur d’asile (ADA) ?

L’ADA est une aide financière versée par l’OFII aux demandeurs d’asile pendant l’instruction de leur dossier. Elle est notamment destinée à couvrir les frais de déplacement, y compris pour se rendre à l’OFPRA lors de l’entretien.

 

Rédacteur

Après un cursus dans l'édition, je me suis tournée vers la rédaction par passion. Puis l'envie d'informer et de décrypter l'actualité est venue naturellement. Avec un clavier, toujours entre les mains, j'espère réussir à accompagner du mieux possible les citoyens dans la réalisation de leurs démarches administratives.