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Galets, sable, coquillages, bois flotté : qu'a-t-on le droit de ramasser sur les plages ?

Avant de prendre la route du retour de vacances, il est tentant de glaner des souvenirs sur les plages (galets, sable...). Quelles sont les pratiques autorisées ?
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C’est un rituel apprécié avant le retour de vacances : ramasser des galets, du bois flotté, des coquillages ou encore du sable pour donner à sa maison des airs d’été semble anodin. Pourtant, ces pratiques sont très réglementées. Qu’a-t-on le droit de ramasser sur les plages ? Tour d’horizon du sujet.

Galets, sable, coquillages, bois flotté : qu’a-t-on le droit de ramasser sur les plages ?




Sable, coquillages et galets : jusqu’à 1500 euros d’amende

L’article L321-8 du Code de l’environnement prévoit que : « Les extractions de matériaux […] sont limitées ou interdites lorsqu’elles risquent de compromettre, directement ou indirectement, l’intégrité des plages, dunes littorales, falaises, marais, vasières, zones d’herbiers, frayères, gisements naturels de coquillages vivants et exploitations de cultures marines. »

Bien sûr, la tolérance est généralement de mise lorsque des galets, du sable ou des coquillages vides sont prélevés en petites quantités par des vacanciers. En revanche, la loi punit les contrevenants lorsqu’ils emportent de grandes quantités dans un but commercial.

Ce fut le cas fin 2017, lorsque d’importantes quantités de sable provenant de plages du Finistère et conditionnées en petits sachets furent mises en vente sur internet. Dans ce cas, les personnes risquent une contravention de grande voirie pour « atteinte au domaine public » et 1500 euros d’amende.

Sur certains sites très touristiques comme la plage d’Etretat, qui accueille 1 million de visiteurs par an, ramener quelques galets met en péril tout un écosystème. Pendant la saison estivale, ce ne sont pas moins de 300 à 400 kilos de galets qui sont emportés chaque jour par les vacanciers, mettant en péril la ville face aux risques de submersion. Ramasser des galets n’est donc pas toujours un acte anodin.

Les fleurs, le bois flotté et le verre dépoli

Certaines espèces végétales protégées ne poussent que sur le littoral. Leur ramassage est strictement interdit et légalement considéré comme une « atteinte à la conservation d’espèces végétales non cultivées », une infraction qui est passible de 150 000 euros d’amende.

Le ramassage du bois flotté, très apprécié pour ses propriétés décoratives, n’est pas réglementé. Cependant, il est important de garder à l’esprit qu’il constitue, tout comme les os de seiche, les algues ou les éponges, ce qu’on appelle « la laisse de mer », c’est-à-dire les débris végétaux ou animaux laissés par la mer au gré des marées.

Cette laisse de mer est un véritable écosystème et abrite de nombreux micro-organismes qui nourrissent les plantes servant à retenir le sable, mais aussi les insectes, les crustacés et les oiseaux. Il est donc là encore fortement recommandé de ne prélever que des quantités raisonnables.

Le ramassage des coquillages vivants est lui aussi réglementé, généralement au niveau départemental. Il est nécessaire de se renseigner en amont, que ce soit pour ne pas nuire à l’environnement ou pour ne pas prendre de risques sanitaires.

Quant au verre dépoli, il peut être prélevé à volonté : son ramassage est considéré comme une action écologique contribuant à la propreté de la plage.