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Mesures pour se protéger de l'arnaque au faux support technique

L’arnaque au faux support technique existe depuis de nombreuses années, mais continue de faire des victimes sur internet. Quel est le mode opératoire de ces faux techniciens ? Quelles sont les mesures préventives à adopter pour éviter de tomber dans le piège ? Comment agir si vous êtes victime de cette escroquerie numérique ? Quelles sont les sanctions encourues par les escrocs ?
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Tous les internautes sont des cibles potentielles pour les arnaqueurs du net et leur recherche de profits. C’est la raison pour laquelle ils sont régulièrement victimes de cyberarnaques. L’une d’elles consiste à effrayer la victime afin de l’inciter à prendre contact rapidement avec un prétendu support technique officiel et de la convaincre de verser une somme d’argent pour un soi-disant dépannage informatique. Il s’agit d’une escroquerie courante et extrêmement bien élaborée qui a pour unique but d’extorquer de l’argent à des victimes paniquées à l’idée de perdre leurs données ou l’usage de leur équipement. Faisons un point sur l’arnaque au faux support technique, les principales mesures à prendre pour s’en protéger et les démarches à entreprendre si vous êtes victime de cette escroquerie numérique.

Mesures pour se protéger de l’arnaque au faux support technique


Une technique frauduleuse courante et bien élaborée

L’arnaque au faux support technique, appelée « tech support scam » en anglais, est une forme particulière d’escroquerie qui consiste à effrayer la victime par téléphone, SMS, courriel, messagerie instantanée ou par l’apparition d’un message bloquant l’écran de son équipement (smartphone, tablette, ordinateur).

Ce message d’alerte indique à la victime un problème technique grave qui nécessite l’intervention immédiate d’un prétendu support technique officiel (Apple, Google, Microsoft, etc.), sous peine de perdre l’usage de son équipement et toutes ses données.

L’objectif principal de ces escrocs est de convaincre la victime de verser une somme d’argent conséquente (plusieurs centaines d’euros) pour un pseudo-dépannage informatique, installer des logiciels inutiles qui peuvent s’avérer nuisibles (porteurs de virus), ou encore souscrire à des abonnements qui lui seront facturés. Dans le cas où la victime ne souhaiterait pas payer, les cybercriminels peuvent la menacer de divulguer ses informations personnelles sur internet ou de supprimer ses fichiers.

Même si l’escroquerie au faux support technique existe depuis de nombreuses années, ces personnes malveillantes ne cessent de diversifier leurs techniques frauduleuses et s’adaptent de plus en plus rapidement. Ainsi, le message d’alerte peut affirmer que votre équipement a été infecté par un virus, qu’un problème de licence avec tel ou tel logiciel est survenu ou encore proposer de supprimer l’écran bleu qui est apparu quelques secondes auparavant. Il arrive parfois que l’équipement semble complètement bloqué et dans les cas les plus rares, il peut l’être réellement.

Il faut savoir que la société dont l’identité est la plus souvent usurpée est Microsoft. En 2018, de nombreux internautes ont reçu un message semblant émaner de Microsoft sur leur écran d’ordinateur pour leur indiquer que leur ordinateur était bloqué et qu’ils devaient composer un numéro de téléphone dans les plus brefs délais pour résoudre ce problème technique. Certains d’entre eux se sont empressés d’appeler, étant persuadés qu’il s’agissait réellement du support technique officiel de Microsoft. À l’autre bout du fil, un prétendu technicien bienveillant et rassurant affirme qu’il peut les aider en l’échange du paiement d’une somme importante en ligne, généralement supérieure à 200 €. Certains internautes ont payé cette somme, mais aucun changement ne s’est produit. La raison est simple, ce n’était pas les services techniques de Microsoft, mais une plateforme téléphonique tenue par de faux techniciens.

Les faussaires n’hésitent pas à usurper également l’identité d’autres sociétés connues, des éditeurs de logiciel antivirus ou des fournisseurs d’accès à internet.

Les mesures préventives à adopter pour éviter d’être victime de l’escroquerie au faux support technique

La plateforme en ligne cybermalveillance.gouv.fr, dispositif national d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance, tient à prodiguer quelques conseils avisés aux internautes pour éviter qu’ils ne soient victimes de l’arnaque au faux support technique. D’ailleurs, ces mesures préventives sont également valables pour tout type de cyberarnaque.

Tout d’abord, veillez à appliquer régulièrement et systématiquement les mises à jour de sécurité du système et des logiciels de votre équipement, plus particulièrement vos navigateurs (Chrome, Firefox, Explorer, Edge ou autre).

Vous devez également mettre à jour vos antivirus et activer votre pare-feu tout en vérifiant qu’il ne laisse passer que des services et applications légitimes.

Évitez de consulter des sites illicites ou non sécurisés comme certains sites pornographiques ou hébergeant des contrefaçons (films, musiques, logiciels, etc.), car ils peuvent infecter votre ordinateur, tablette ou smartphone.

Il est aussi fortement déconseillé d’installer des applications douteuses ou des programmes piratés.

Lorsque vous consultez votre boîte mail ou surfez sur internet, il ne faut pas utiliser un compte avec des droits « administrateur ».

N’ouvrez pas les courriels, pièces jointes et liens envoyés par des chaînes de messages, des expéditeurs inconnus, voire connus si la structure du message est vide ou inhabituelle.

Et enfin, faites régulièrement des sauvegardes de votre système et de vos données afin de pouvoir réinstaller votre équipement dans son état d’origine.

Il est important de préciser qu’aucun support technique officiel ne prendra jamais contact avec vous pour réclamer de l’argent.

Mesures pour se protéger de l’arnaque au faux support technique

Les démarches à réaliser par les victimes de l’arnaque

Généralement, ces messages de faux problème technique apparaissent lorsqu’un internaute visite un site web infecté par un virus et, dans la grande majorité des cas, ils ne bloquent pas réellement son appareil. Donc si vous recevez ce genre de message, il est essentiel de ne pas paniquer et surtout de ne pas répondre aux sollicitations et ne pas composer le numéro de téléphone indiqué.

Si votre appareil semble « bloqué », vous devez le redémarrer immédiatement. Cette simple manipulation peut suffire à régler le problème.

Dans le cas où votre navigateur reste incontrôlable, il est nécessaire de purger le cache, supprimer les cookies, puis réinitialiser les paramètres par défaut. Si l’opération ne fonctionne pas, supprimez votre profil et recréez-le. Ensuite, accédez à votre antivirus et lancez un scan complet de votre système. Si une nouvelle application sur votre appareil vous semble suspecte, il faut la désinstaller.

Dans le cas où un faux technicien aurait pris le contrôle de votre appareil, il faut désinstaller le protocole et/ou le programme de gestion à distance, puis changer tous vos mots de passe. Si vous avez le moindre doute ou vous ne réussissez pas à reprendre le contrôle de votre équipement, contactez directement un des prestataires référencés sur www.cybermalveillance.gouv.fr ou le service clientèle officiel d’Apple, de Microsoft, de Google ou autre.

Si vous avez communiqué vos coordonnées bancaires ou les numéros de votre carte de crédit, vous devez faire opposition auprès de votre banque dans les plus brefs délais (ou du moins essayer). Si un paiement a été débité sur votre compte, demandez le remboursement en indiquant que vous allez porter plainte.

Pour déposer plainte, vous devez vous rendre dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie, ou bien adresser un courrier au procureur de la République auprès du TGI (Tribunal de grande instance) dont vous dépendez. Le fait de conserver un maximum de preuves peut s’avérer très utile, pensez notamment à prendre des captures d’écran.

N’hésitez surtout pas à signaler l’arnaque dont vous êtes victime sur la plateforme officielle de signalement du ministère de l’Intérieur.

Mesures pour se protéger de l’arnaque au faux support technique


Les sanctions encourues par les faux techniciens

Selon l’article 313-1 du Code pénal, l’escroquerie est passible de 5 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende.

Si les arnaqueurs menacent la victime de supprimer ses fichiers ou s’ils le font réellement, il s’agit d’une extorsion de fonds. L’article 312-1 du Code pénal dispose que les extorqueurs risquent 7 ans de prison et 100 000 € d’amende.

Dans le cas où il y aurait une infraction d’atteinte à un STAD (Système de traitement automatisé de données), les escrocs encourent 2 à 7 ans d’emprisonnement et une amende de 60 000 à 300 000 € (articles 323-1 à 323-7 du Code pénal).