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Vaccination antigrippale autorisée en pharmacie dès octobre 2019

À partir de l’automne 2019, la vaccination contre la grippe saisonnière pourra se faire en pharmacie. Quelles sont les personnes concernées par ce vaccin ? Qui est habilité à l’administrer ? Quelles sont les conditions à respecter pour les pharmaciens vaccinateurs ?
Sommaire

Après 2 ans d’expérimentation dans certaines régions françaises, les pharmaciens de l’ensemble du territoire national ont obtenu l’autorisation de pratiquer la vaccination contre la grippe saisonnière dans leurs officines. Votée dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, cette généralisation de la vaccination entre en vigueur dès la campagne antigrippale 2019-2020. Un décret et 3 arrêtés ministériels parus au Journal officiel le 25 avril 2019 fixent les modalités de réalisation de la vaccination. Faisons un point sur les nouvelles compétences des pharmaciens vaccinateurs.

Vaccination antigrippale autorisée en pharmacie dès octobre 2019


Un parcours vaccinal simplifié

Toutes les personnes majeures éligibles à la vaccination contre la grippe saisonnière peuvent se faire vacciner sans prescription médicale préalable par les médecins, les infirmières, les sages-femmes et, plus récemment, les pharmaciens.

En effet, depuis octobre 2017, les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, expérimentent la vaccination contre la grippe directement dans les pharmacies d’officine. Cette expérimentation de 2 années a permis aux pharmaciens volontaires de vacciner près d’un million de Français contre la grippe saisonnière.

Cette expérimentation a été positive dans les 4 régions. C’est la raison pour laquelle, à compter de la campagne de vaccination antigrippale 2019-2020, tous les pharmaciens de l’Hexagone seront en mesure de vacciner les personnes majeures souhaitant se protéger de cette infection virale respiratoire très contagieuse.

L’objectif principal de cette généralisation est de simplifier le parcours de soins et de renforcer la couverture vaccinale.

Qui sont les patients concernés par la vaccination antigrippale ?

Chaque année, l’épidémie de grippe fait des ravages et touche 2 à 6 millions de Français. Dans certains cas, les virus influenzae peuvent s’avérer dangereux pour la santé, voire mortels pour les personnes les plus fragiles. Selon l’agence Santé publique France, entre début décembre 2017 et la première semaine de janvier 2018, l’épidémie saisonnière de grippe en France a provoqué le décès de 2 850 personnes, contre 14 400 l’année précédente.

La vaccination contre la grippe est fortement recommandée aux personnes âgées de 65 ans et plus. Il en va de même pour les personnes à risque comme les femmes enceintes (quel que soit le stade de la grossesse), les personnes atteintes de certaines pathologies (mucoviscidose, diabètes de type 1 et de type 2, insuffisances cardiaques graves, affections bronchopulmonaires chroniques, etc.) ou encore les personnes obèses avec un IMC (Indice de masse corporelle) égal ou supérieur à 40 kg/m2.

Les pharmaciens ne peuvent vacciner que les personnes majeures qui sont concernées par les recommandations vaccinales en vigueur, soit environ 12 millions de personnes, selon le ministère de la Santé.

Les personnes qui présentent des « antécédents de réaction allergique sévère à l’ovalbumine ou à une vaccination antérieure » sont exclues de ce dispositif de vaccination.

Qui peut réaliser les vaccins contre la grippe saisonnière ?

Les pharmaciens titulaires ou adjoints d’officine et les gérants de pharmacies mutualistes ou de secours minières inscrits à l’Ordre national des pharmaciens ont le droit de pratiquer la vaccination contre la grippe saisonnière.

Il faut savoir qu’un étudiant en pharmacie n’est pas autorisé à vacciner au sein d’une officine, même s’il a été formé à cette pratique.

Pour le moment, seule la vaccination contre la grippe saisonnière peut être administrée par un pharmacien.



Quelles sont les conditions à remplir par les pharmaciens ?

L’arrêté du 23 avril 2019 fixe les objectifs pédagogiques de la formation à suivre par les pharmaciens d’officine et le cahier des charges relatif aux conditions techniques à respecter pour pratiquer la vaccination.

Formation spécifique obligatoire

Les pharmaciens d’officine doivent obligatoirement valider une formation DPC (Développement professionnel continu) conforme aux objectifs pédagogiques définis par l’arrêté du 23 avril 2019.

Elle dure 6 heures (évaluation incluse) et se compose d’une partie théorique (3 heures) — avec la possibilité d’être réalisée sous forme d’e-learning (formation sur internet) — et d’une partie pratique à l’acte de vaccination (3 heures).

Les objectifs pédagogiques de cette formation se répartissent en plusieurs modules :

  • rappels sur les vaccinations praticables par les pharmaciens d’officine (partie 1)
  • communication dans le cadre de la vaccination par le pharmacien (partie 2)
  • organisation de la vaccination en pharmacie (partie 3)
  • accueil de la personne et administration du vaccin (partie 4)
  • évaluation des compétences (partie 5)

Une fois la formation réussie, les pharmaciens reçoivent une attestation de l’organisme de formation. Cette dernière doit comporter les numéros d’enregistrement de l’organisme auprès de l'ANDPC (Agence nationale du développement professionnel continu) et de l’action de DPC sur le site de l’agence.

Il faut préciser que les pharmaciens qui ont déjà été formés dans le cadre de l’expérimentation en sont dispensés.

Conditions techniques à respecter

Pour exercer l’activité de vaccination, l’officine du pharmacien doit disposer de locaux adaptés afin d’assurer l’administration du vaccin. Cela implique « un espace de confidentialité clos pour mener l’entretien préalable, accessible depuis l’espace client, sans accès possible aux médicaments. »

La pharmacie d’officine doit également disposer d’équipements adaptés afin d’installer convenablement la personne pour l’injection du vaccin, à savoir un bureau ou une table, des chaises et/ou un fauteuil.

Pour des questions d’hygiène et de sécurité, l’officine doit disposer d’une enceinte réfrigérée pour la conservation des vaccins, ainsi que des solutions hydroalcooliques ou un point d’eau pour le lavage des mains. Le matériel nécessaire pour l’injection du vaccin et une trousse de première urgence sont obligatoires.

Et conformément aux dispositions des articles R1335-1 et suivants du Code de la santé publique, il est primordial d’éliminer les DASRI (Déchets d’activité de soins à risque infectieux).

À noter que le cahier des charges est exactement le même que celui défini lors de l’expérimentation.

Comment doivent-ils déclarer leur activité de vaccination ?

Selon l’article R5125-33-8 du Code de la santé publique, les pharmaciens titulaires d’officines ou les gérants d’une pharmacie mutualiste ou de secours minière responsables des sites doivent déclarer l’activité de vaccination auprès du directeur général de l’ARS (Agence régionale de santé).

Le nom et l’adresse de l’officine ou de la pharmacie mutualiste ou de secours minières doivent être mentionnés dans la déclaration. Les noms, prénoms et identifiants personnels de tous les membres de l’équipe habilités à pratiquer la vaccination au sein de l’officine doivent également y figurer.

Le titulaire de l’officine doit également adresser à l’ARS les attestations de formation DPC de ces pharmaciens et l’attestation sur l’honneur de la conformité au cahier des charges de ses locaux (équipements adaptés, stockage de vaccins, matériels nécessaires, etc.). Toute modification de ces éléments devra être déclarée à l’ARS selon les mêmes modalités, par exemple un changement dans l’équipe de vaccinateurs de l’officine.

Il est important de préciser que les pharmaciens autorisés à vacciner pendant la durée de l’expérimentation n’ont pas besoin d’effectuer une déclaration auprès de l’ARS, sauf s’il y a des modifications à apporter.

Enfin, à partir du moment où l’ARS confirme avoir reçu la déclaration, l’activité de vaccination peut débuter.

Pour toute information complémentaire, les pharmaciens souhaitant pratiquer la vaccination contre la grippe saisonnière peuvent directement se rapprocher de leur ARS.

Comment se déroule la traçabilité de l’acte vaccinal et le partage de l’information ?

Il faut savoir que le pharmacien est responsable de la traçabilité de la vaccination antigrippale et du partage de l’information avec le médecin traitant. Il doit alors enregistrer le nom et les coordonnées du pharmacien vaccinateur, le numéro de lot et la date d’administration du vaccin.

Ces différents éléments peuvent être inscrits dans le CVE (Carnet de vaccination électronique) du patient ou enregistrés dans le DMP (Dossier médical partagé).

Après l’administration du vaccin, les pharmaciens remettent une attestation aux patients qui regroupent tous ces éléments. Ensuite, ils doivent transmettre ces informations aux médecins traitants, si les patients y consentent.

Ce partage d’information s’effectue via :

  • le CVE
  • le DMP
  • ou la messagerie sécurisée de santé