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Calendrier des vaccins 2020 : Obligations et recommandations

Le calendrier vaccinal pour cette année 2020 vient d’être mis à jour par le ministère des Solidarités et de la Santé. Quelle est l’utilité de ce document ? Quelles sont les vaccinations obligatoires ? Quelles sont les principales nouveautés ? Le point dans cet article.
Sommaire

Le ministère des Solidarités et de la Santé a publié le nouveau calendrier des vaccinations 2020 en mars. Chaque année, cet almanach médical, indispensable pour les professionnels de santé, est mis à jour par la CTV (Commission technique des vaccinations) de la HAS (Haute autorité de santé). Il présente une version actualisée de l’ensemble des vaccins recommandés et les dernières préconisations vaccinales. Faisons le point ensemble sur les principales nouveautés du calendrier des vaccinations 2020.

Calendrier des vaccins 2020 : Obligations et recommandations


Qu’est-ce que le calendrier vaccinal ?

L’article L.3111-1 du Code de la santé publique dispose que : « La politique de vaccination est élaborée par le ministre chargé de la santé qui fixe les conditions d’immunisation, énonce les recommandations nécessaires et rend public le calendrier des vaccinations après avis de la Haute autorité de santé ».

Le calendrier vaccinal 2020 réunit l’ensemble des vaccinations applicables aux personnes qui résident en France en fonction de leur âge et de leur sexe. Il se présente en deux parties bien distinctes :

  • Une première partie de 66 pages dans laquelle sont émises des recommandations de vaccination « générales » et des préconisations vaccinales « particulières propres à des conditions spéciales ou à des expositions professionnelles » (risques accrus de complications, d’exposition ou de transmission).
  • Une deuxième partie de 37 pages dans laquelle sont rassemblés de nombreux tableaux de synthèse et annexes, particulièrement utiles pour les professionnels de santé qui pratiquent les vaccinations.

Ce document de référence a été élaboré à partir des travaux réalisés par la commission technique des vaccinations. Créée le 22 mars 2017 par la HAS, pour un mandat de trois ans, cette organisation est en charge de l’expertise en matière de vaccins et de vaccination. La CTV est composée d’experts pluridisciplinaires (immunologie, épidémiologie, infectiologie, microbiologie, médecine générale, santé publique, pédiatrie, sociologie, économie de la santé...).

Les vaccinations obligatoires au cours des 18 premiers mois de l’enfant

Depuis le 1er janvier 2018, les enfants doivent obligatoirement être vaccinés contre 11 maladies au cours de leurs 18 premiers mois. Ainsi, 8 vaccins supplémentaires, jusque-là recommandés pour la petite enfance, sont venus s’ajouter aux 3 vaccins obligatoires (DTP).

Les 11 vaccinations obligatoires permettent de lutter contre les maladies suivantes :

  • la diphtérie
  • le tétanos
  • la poliomyélite
  • l’hépatite B
  • la coqueluche
  • l’Haemophilus influenzae de type B (cette bactérie peut provoquer des infections graves comme des pneumopathies et des méningites)
  • la rougeole
  • la rubéole
  • les oreillons
  • le pneumocoque (cette bactérie peut être responsable d’otite, de sinusite, de méningite, de bactériémie et de pneumonie)
  • le méningocoque C (bactérie qui provoque des méningites)

Cette extension à 11 vaccins obligatoires représente, en pratique, 10 injections pour les enfants. Celles-ci sont étalées sur 2 ans.

Les principales nouveautés du calendrier des vaccinations 2020

Voici les nouvelles recommandations vaccinales :

  • Le vaccin contre les HPV (Papillomavirus humains) est désormais préconisé chez les garçons de 11 à 14 ans révolus. Pour rappel, ce virus à ADN de la famille des Papillomaviridae est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus répandues. Les adolescents et les jeunes hommes de 15 à 19 ans révolus peuvent bénéficier d’un « rattrapage vaccinal ». L’OMS (Organisation mondiale de la santé) a récemment déclaré qu’il y avait des difficultés d’approvisionnement du vaccin. En conséquence, cette recommandation ne pourra s’appliquer qu’à partir du 1er janvier 2021.
  • À compter de la saison 2020, la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière à Mayotte (976) sera identique à celle de l’hémisphère Nord et les mêmes vaccins qu’en métropole seront utilisés. Idéalement, la campagne de vaccination débutera en septembre.
  • Concernant le rattrapage vaccinal des personnes et des migrants primo-arrivants au « statut vaccinal inconnu, incomplet ou incomplètement connu », de nouvelles recommandations ont été ajoutées.

Il y a également des nouveautés réglementaires :

  • Depuis la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière de 2019/2020, les pharmaciens d’officine volontaires et formés ont le droit de vacciner contre la grippe saisonnière. Cette activité de vaccination doit obligatoirement être conforme à l’article R. 5125-33-8 du Code de la santé publique.
  • Les personnes qui exercent une activité professionnelle dans un laboratoire de biologie médicale ne sont plus obligées d’être vaccinées contre la fièvre typhoïde (décret n° 2020-28 du 14 janvier 2020).

Il est important de préciser que le calendrier des vaccinations 2020 a été finalisé le 4 mars. Ce qui implique que ce document ne prend pas en compte la nouvelle épidémiologie liée à la pandémie de Covid-19 en France. Dans le cas où une nouvelle stratégie de vaccination en lien avec le coronavirus serait identifiée et mise en place, elle sera automatiquement communiquée sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé dans la rubrique « Coronavirus ».



Les recommandations vaccinales pour un voyage à l’étranger

En ce qui concerne les recommandations de vaccination liées à des voyages et séjours à l’étranger, elles ne sont pas incluses dans le calendrier vaccinal. Cette absence s’explique par le fait que ce type de préconisation fait l’objet d’un avis spécifique du HCSP (Haut conseil de la santé publique).

Les recommandations vaccinales destinées aux voyageurs sont publiées dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire du 21 mai 2019, consultable sur le site de Santé publique France.

Un calendrier vaccinal à respecter quelles que soient les circonstances

En cette période si particulière de crise sanitaire, de nombreux parents ont décidé de reporter ou annuler les rendez-vous médicaux de vaccination de leurs enfants. Cette décision s’explique principalement par des craintes, comme celle d’être contaminé dans les salles d’attente, ou par des doutes, notamment vis-à-vis des effets de la vaccination sur le système immunitaire.

Face à ces reports massifs, l’Académie nationale de médecine a tiré la sonnette d’alarme et exhorté les parents à respecter le calendrier vaccinal de leurs enfants. Elle a rappelé que chaque nourrisson doit impérativement être vacciné, dès son deuxième mois, pour être protégé efficacement contre les maladies graves et fréquentes à cet âge (coqueluche, pneumocoque, méningocoque, etc.). Tout retard d’application du calendrier vaccinal peut les exposer à ces maladies.

C’est la raison pour laquelle l’Académie de médecine recommande de respecter chaque étape prévue dans le calendrier des vaccinations et de rattraper le plus rapidement possible les retards.

La HAS a confirmé qu’il était primordial de maintenir toutes les vaccinations obligatoires des nourrissons — 2, 4, 5, 11, 12 et 16-18 mois — malgré le contexte épidémiologique actuel.