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L'Androcur multiplie les risques de développer un méningiome

Une étude de l’Assurance maladie menée sur 250 000 femmes prenant de l’Androcur ou l’un de ses génériques montre clairement l’augmentation significative du risque de développer une tumeur au cerveau. Un point sur la situation.
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L’Androcur vient s’ajouter à la liste déjà longue de médicaments aux effets secondaires graves. En cause cette fois, l’acétate de cyprotérone, composant principal de l’Androcur et de ses génériques qui multiplie les risques de développer un méningiome, une tumeur qui se développe dans les méninges, les membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière.

L’Androcur multiplie les risques de développer un méningiome


À qui prescrit-on l’Androcur ?

Ce médicament est généralement prescrit aux femmes souffrant d’endométriose ou de pilosité excessive.

En dehors de ces applications médicales officielles, certains patients se sont vus prescrire de l’Androcur comme contraceptif, pour lutter contre l’acné ou dans certains cas de cancer de la prostate.

Les méningiomes ne sont pas cancéreux

Pour la ministre de la Santé Agnès Buzyn, les femmes qui prennent le médicament Androcur ou l’un de ses génériques doivent « se rapprocher de leur généraliste » « tout en soulignant qu’il n’y avait pas d’urgence ». « Ce n’est pas un cancer. Ce n’est pas un scandale sanitaire », a-t-elle déclaré à CNEWS.

Sur son site, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) indique que « pour toute question, les patients sont invités à se rapprocher de leur médecin ou de leur pharmacien. Ils ne doivent en aucun cas arrêter leur traitement sans l’avis d’un médecin ».

5 patientes attaquent le laboratoire Bayer et l’ANSM en justice

Cinq femmes ayant été exposées à forte dose et sur du long terme à l’Androcur pour des problèmes de pilosité excessive et de dérèglements hormonaux ont entamé une action en justice contre le laboratoire Bayer, fabricant du médicament et contre l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament. Elles ont toutes dû subir une opération chirurgicale pour retirer un méningiome.

« Certaines se plaignent de séquelles importantes, dont l’incapacité à travailler » explique leur avocat Me Charles Joseph-Oudin.

Une autre femme, Marlène Vault, 39 ans, dont la vie a basculé suite à une tumeur développée à cause d’un long traitement à l’Androcur a créé un groupe Facebook « Méningiomes sous ANDROCUR » qui regroupe déjà plus de 270 femmes victimes de tumeurs au cerveau suite à ce traitement hormonal. Ce groupe de soutient a également pour « projet d’être reconnu(e)s et faire savoir aux patients les dégâts de ce médicament par voie de presse notamment ».