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L'association l'Enfant bleu lance un site web pour signaler les actes de maltraitance

Depuis mardi 20 novembre, une plateforme d’alerte et d’information est ouverte pour permettre à toute personne d’agir contre les violences faites aux enfants. Un point sur ce nouvel outil.
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L’association l’Enfant bleu a lancé ce mardi 20 novembre un site internet permettant d’orienter les personnes qui soupçonnent des actes de maltraitance sur un enfant, mais qui se retrouvent souvent démunies face à de telles situations. Ce nouvel outil recense des informations utiles, mais aussi les coordonnées des personnes et institutions à prévenir si un enfant est en danger. Un point sur ce portail.

L’association l’Enfant bleu lance un site web pour signaler les actes de maltraitance


Ce site permet de trouver un interlocuteur de proximité

La plateforme d’alerte et d’information a été activée mardi 20 novembre lors de la Journée internationale des droits de l’enfant. Elle constitue un complément au 119, le numéro gratuit « Allo Enfance en danger », souligne Laura Morin, responsable de l’association L’Enfant bleu.

Grâce à ce site, n’importe quelle personne peut désormais « identifier un interlocuteur de proximité pour agir au mieux lorsqu’un enfant est en danger ». En saisissant une ville ou en se géolocalisant, l’utilisateur pourra trouver les coordonnées d’une association près de chez lui ou de la Crip (Cellule de recueil des informations préoccupantes) de son département.

Un portail lancé grâce à un financement participatif

Financé grâce à une levée de fonds sur une plateforme participative, ce site s’adresse aux victimes, mais également aux témoins d’actes de violence sur des enfants.

Parallèlement, les éditions Bayard Jeunesse viennent de publier un fascicule de prévention intitulé « Stop aux violences sexuelles faites aux enfants » destiné aux 7-13 ans et qui a pour but de les aider à déterminer ce qu’est une violence sexuelle et à agir vite.

« Briser la loi du silence »

D’après les données de L’Enfant bleu, 80 % des victimes n’ont pas signalé de violences lorsque les faits se sont déroulés, et 60 % des individus qui soupçonnent des maltraitances dans leur cercle proche ne font rien, par manque d’informations sur l’attitude à tenir.

« Nous voulons vraiment briser le silence, car c’est ce qui fait le plus de tort aux enfants », a expliqué Laura Morin. « Ce qui revient très souvent dans les témoignages que nous recueillons, c’est que dans l’entourage de l’enfant victime, il y a souvent quelqu’un qui savait, mais qui n’a rien dit ».

La plupart des témoins hésitent à parler, car ils ont parfois « l’impression que cela ne les regarde pas ». Mais, « fermer les yeux, c’est laisser un enfant dans l’enfer de la maltraitance. Et de toute façon, se taire c’est répréhensible », souligne Mme Morin.



470 000 appels pour maltraitance en 2016

En France, presque 1 personne sur 4 explique, avoir subi des actes de maltraitance graves comme des abus sexuels ou des violences physiques au cours de sa jeunesse. Selon l’Enfant bleu, 2 enfants meurent quotidiennement dans l’hexagone à cause de maltraitance.

Les responsables du numéro gratuit 119 signalent « avoir reçu près de 470 000 appels en 2016, dont près de 33 000 ont donné lieu à un traitement, soit environ 90 par jour ».