La mise en place des nouveaux compteurs numériques Linky — qui est obligatoire en raison d’un règlement européen — suscite toujours la polémique. Cette fois, c’est la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) qui a épinglé Direct Énergie en raison du recueil du consentement de leurs clients « non conforme » pour la transmission de leurs données de consommation. Qu’en est-il ?

Le compteur électrique Linky n'est pas Facebook selon Direct Energie


Direct Énergie a récemment été mis en demeure par la CNIL (Commission nationale informatique et libertés), qui estime que le consentement des utilisateurs pour l’installation des nouveaux compteurs Linky n’est pas recueilli de façon conforme. En effet, ces compteurs suscitent une vive polémique en raison des données de consommation précises qu’ils transmettent à la demi-heure près. Un point sur la situation.

Le compteur électrique Linky n’est pas Facebook selon Direct Energie

La CNIL épingle Direct Énergie par rapport au consentement nécessaire pour l’installation des nouveaux compteurs Linky

Des contrôles de la CNIL ont récemment « révélé que le consentement des clients n’était pas recueilli dans des conditions conformes » à la loi Informatique et Liberté, celui-ci n’étant pas « libre, éclairé et spécifique ».

La commission déplore la manière dont Direct Énergie présente les fonctionnalités de Linky à ses clients. En effet, « la collecte des données de consommation horaires (...) est présentée comme le corollaire de l’activation du compteur et comme permettant au client de bénéficier d’une facturation au plus juste ». Or, ceci « n’est pas exact, puisque Direct Énergie ne propose pas d’offres basées sur la consommation horaire ». De plus, « la cadence précise de la remontée des données de consommation, par demi-heure, n’est pas indiquée au client ».

Le PDG de Direct Énergie se défend

La réaction de Xavier Caïtucoli, PDG de la société Direct Énergie, ne s’est pas fait attendre.

Il a expliqué dans les médias que les démarches d’installation des compteurs sont en conformité avec législation en vigueur. « Nous respectons scrupuleusement la loi », a-t-il déclaré au journal Le Monde : « Rien n’est caché à nos clients, nous envoyons trois e-mails explicatifs et détaillés. La preuve que les clients comprennent très bien, c’est que 35 % acceptent » – les autres ne se prononcent pas, « donc refusent implicitement », ajoute-t-il. « Si la CNIL trouve que ce n’est pas assez précis, on précisera ».

« Linky ce n’est pas Facebook », a-t-il ajouté en référence au scandale Facebook/Cambridge Analytica. Il affirme que « Linky ne permet pas de savoir à quel moment vous prenez votre douche, à quel moment vous sortez... », et précise que « la consommation à la demi-heure ne permet pas d’avoir des renseignements d’ordre privé ». 

« Évidemment, on va régler le problème avec la CNIL », a-t-il déclaré, déplorant toutefois le fait qu’on n’ait « pas montré les avantages » de ce compteur qui est, selon lui, « une formidable opportunité pour le consommateur » et un atout pour une meilleure gestion des besoins en énergie.

7 millions de nouveaux compteurs numériques ont déjà été installés. Ils sont cependant contestés ou refusés dans environ 300 villes et communes, notamment sous les directives d’écologistes qui y voient une intrusion dans la vie privée des consommateurs.

 




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