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Le gouvernement veut mettre en place un système de consigne pour le recyclage du plastique

La secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire Brune Poirson a dévoilé dans le JDD ce dimanche les solutions envisagées par le gouvernement pour enrayer la pollution engendrée par le plastique. Un point sur ses déclarations.
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Le plastique est extrêmement polluant et sa production nécessite une grande quantité de matière fossile (pétrole) que l’on sait désormais limitée. En France, seuls 22 % de la quantité de plastique produite chaque année est recyclée, ce qui est un des taux les plus faibles d’Europe. Pour encourager le recyclage, le gouvernement souhaite donc mettre en place un « bonus-malus » sur la consommation de plastique. Qu’en est-il ?

Le gouvernement veut mettre en place un système de consigne pour le recyclage du plastique


Un produit dont l’emballage est recyclable coutera moins cher que son équivalent non recyclable

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche le 12 août 2018, Brune Poirson, la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire a annoncé la mise en place dès 2019 d’un système de « bonus-malus » pour diminuer drastiquement la consommation de plastique non recyclable. « Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l’une fabriquée en plastique recyclé et l’autre non, la première sera moins chère ».

La secrétaire d’État a indiqué qu’il s’agirait d’« un système de bonus-malus allant jusqu’à 10 % du prix des produits », mais sans toutefois préciser si ce sont les prix des produits non recyclables qui augmenteront ou leurs homologues verts qui bénéficieront d’avantages pouvant faire baisser leur prix.

Vers un « système de consigne à l’échelle de tout le territoire »

Ce dispositif qui encourage le recyclage du plastique « nous voulons l’activer dès 2019 et le faire monter en puissance » déclare Mme Poirson. L’objectif à moyen terme étant d’arriver à 100 % de plastiques recyclés d’ici 2025, ce qui était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron lorsqu’il était encore candidat.

« L’horizon que l’on se fixe est bien la mise en place d’un pur système de consigne — avec caution — à l’échelle de tout le territoire français ».

Cette piste, évoquée par le ministère de la Transition écologique et solidaire en début d’année, consisterait à demander une consigne aux consommateurs qui la récupèreraient sous forme monétaire ou en bons d’achat en rendant l’emballage vide. « Nous ne pouvons pas le faire du jour au lendemain », explique Brune Poirson. « Il y a des territoires qui ont de très bons systèmes de collecte. En allant trop vite, nous risquerions de tuer des comportements déjà vertueux. »

Un projet de « consigne solidaire » insuffisant pour les associations

Même si Mme Poirson n’a pas dévoilé de calendrier précis pour la mise en place d’un système de consigne généralisé sur le plastique, elle a déclaré que des partenariats avec des grandes villes étaient en projet concernant des « consignes solidaires ». « Quand vous déposerez une bouteille en plastique, cela contribuera à financer un fonds en faveur d’une grande cause ».

Pour Flore Berlingen, directrice de l’association Zero Waste France interrogée par l’AFP, « le recyclage est essentiel, mais pas suffisant », « il faut absolument couper le robinet et avoir des mesures plus fermes pour tout ce qui concerne le suremballage, les objets jetables ».

Même constat pour Fanny Vismara du collectif Plastic Attack France pour qui le « bonus-malus est une partie de la solution, bien qu’incomplète, puisque cela ne concerne que le recyclage et non la réduction du plastique ». Elle rappelle par ailleurs les avantages des emballages en verre qui sont « recyclables à l’infini ».