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Le Parlement européen limite l'utilisation d'antibiotiques dans les élevages

Le recours trop fréquent aux antibiotiques pour accélérer la croissance des animaux d’élevage provoque une antibiorésistance, les bactéries résistent de mieux en mieux aux traitements donnés aux humains. D’où la décision du Parlement d’en limiter l’utilisation d’ici 2022.
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Un recours trop systématique aux antibiotiques dans les élevages d’animaux a pour conséquence de diminuer l’efficacité de certains traitements pour l’Homme. D’ici 3 ans, date de mise en application de cette nouvelle directive, les éleveurs ne pourront plus utiliser les antibiotiques en traitement préventif, pour pallier de mauvaises conditions d’élevage ou pour favoriser la croissance des animaux. Un point sur cette décision du Parlement européen.

Le Parlement européen limite l’utilisation d’antibiotiques dans les élevages


Une victoire pour la Santé publique

583 voix pour, 16 contre et 20 abstentions. Une écrasante majorité s’est prononcée en faveur d’une nouvelle législation pour mieux encadrer l’utilisation d’antibiotiques dans les élevages afin d’exclure les bactéries résistantes de l’alimentation humaine. Ce nouveau texte entrera en vigueur soit fin 2021 ou début 2022, 3 ans après sa promulgation.

Pour la rapporteure Françoise Grossetête (PPE, conservateurs), il s’agit d’« une avancée majeure pour la santé publique », car pour elle, « la résistance aux antibiotiques est une véritable épée de Damoclès qui risque de faire reculer notre système de soins au Moyen-Âge ».

« Cette longue bataille écologiste pour remédier au problème de la résistance aux antimicrobiens a enfin porté ses fruits », a déclaré l’eurodéputée Michèle Rivasi (Les Verts). Selon elle, « l’antibiorésistance serait déjà la cause de 25 000 décès par an en Europe ».

La Commission européenne pourra réserver certains traitements pour l’Homme

Lors de l’entrée en vigueur de la nouvelle législation, l’utilisation des antibiotiques dans les élevages devra être justifiée par un vétérinaire, et ne pourra être utilisée qu’en cas d’infection avérée ou au cas par cas pour les bêtes malades ayant besoin d’être soignées. Fini les abus de substances pour rendre les animaux plus résistants ou plus gros.

D’autre part, la Commission européenne aura le droit de réserver certains traitements antibiotiques à un strict usage humain.

Enfin, les entreprises qui exportent des bêtes ou de la viande vers l’UE devront aussi se plier à ces nouvelles normes : la viande issue d’animaux ayant reçu des antibiotiques pour favoriser leur croissance ne sera plus acceptée.