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Le taux de mortalité des abeilles inquiète l'UNAF

La protection des abeilles est importante pour obtenir du miel, mais aussi pour assurer la pollinisation des arbres fruitiers et des plants de légumes pour que nous puissions profiter d’une alimentation riche et variée. L’hiver dernier, au vu des chiffres, plus d’abeilles ont été décimées que sur une année entière. Qu’en est-il ?
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Cela fait longtemps que les apiculteurs, et plus généralement tous ceux qui sont sensibles à la cause environnementale s’inquiètent du rythme auquel les pollinisateurs se meurent dans notre pays. Trop de pesticides, trop de pollution… Jeudi 25 octobre, l’UNAF (Union nationale de l’apiculture française) a exprimé son inquiétude dans un communiqué suite aux résultats d’une enquête nationale indiquant 30 % de ruches décimées l’hiver dernier. Un point sur cette enquête alarmante.

Le taux de mortalité des abeilles inquiète l’UNAF


Près de 30 % des ruches ont été décimées l’hiver dernier (2017-2018)

Selon une enquête demandée par le Ministère de l'Agriculture qui tient pour le moment compte des réponses données par internet de 13 631 apiculteurs, 29,4 % des abeilles sont mortes l’hiver dernier. La proportion d’abeilles tuées atteint les 35 % dans les petites exploitations qui comptent moins de 10 ruches. Ces chiffres devraient légèrement évoluer avec l'analyse des réponses envoyées par courrier qui n'ont pas encore été traitées, mais elles ne vont sûrement que confirmer ces premiers résultats alarmants.

Les régions où les pollinisateurs meurent le plus sont le Cantal (43 % des abeilles décimées), l’Aisne (43,4 %) et le Val-d’Oise (49,6 %). Et c’est en Haute-Saône (11,4 %), dans la Meuse (11,7 %) et dans les Ardennes (12,1 %) qu’il y a eu le moins de pertes cette année.

Une accélération de la mortalité des pollinisateurs très inquiétante

« On évoque habituellement le taux de 30 % de mortalité sur l’année (en saison et en hiver), et avec ce seuil, pratiquer l’apiculture est déjà intenable… Là, ce taux intervient sur quatre mois de l’année », s’inquiète l’UNAF dans un communiqué paru jeudi 25 octobre 2018.

Pour Gilles Lanio, président de l’UNAF, le lien entre pesticides et le déclin brutal des pollinisateurs est évident et il demande au gouvernement d’agir : « Comme pour le reste de la biodiversité, les oiseaux et les insectes volants, le déclin de nos abeilles s’accélère. Nous pressons les pouvoirs publics de sortir notre agriculture de sa dépendance aux pesticides. Il faut saisir l’opportunité de la renégociation de la PAC pour réorienter notre politique agricole. »

L’aide de 3 millions d’euros ne sera pas utilisée

En juillet 2018, le gouvernement a débloqué 3 millions d’euros pour les apiculteurs en difficulté suite à la mort de leurs colonies d’abeilles. Cette aide devait servir au rachat d’essaims, mais selon Henri Clément, le secrétaire général de l’UNAF, « les trois millions d’euros débloqués ne seront pas utilisés », car « les apiculteurs ont privilégié la reconstitution d’essaims ».