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Les pistes pour baisser l'impôt sur le revenu

Lors de sa conférence de presse du 25 avril, Emmanuel Macron a annoncé une réduction de l’IR (Impôt sur le revenu) à destination des classes moyennes à compter de janvier 2020. Qu’en est-il ?
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Le montant avancé s’élève à 5 milliards d’euros. Pour le gouvernement, il s’agit là d’une mesure visant à impacter de manière significative les contribuables. Mais qui pourra réellement en bénéficier ? Comment cette baisse de l'impôt sur le revenu sera-t-elle financée ?

Les pistes pour baisser l’impôt sur le revenu


Une mesure fiscale en réponse à l’inquiétude des Français

Le mouvement des Gilets jaunes a fait remonter nombre d’insatisfactions et, notamment pour les classes moyennes, une forte crainte de déclassement ; crainte en partie liée à une rémunération jugée insuffisante.

Cette décision va dans le sens de ce que le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, avait évoqué début février. Il s’était, en effet, prononcé pour un allègement de l’impôt sur le revenu pour les contribuables qui gagnent entre 1 700 € et 1 800 € par mois.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances a, quant à lui, déclaré que « l’entrée dans l’impôt sur le revenu est brutale et peut décourager les Français de reprendre le travail ». Il a émis le souhait d’établir une entrée plus progressive dans l’impôt, « parce que c’est plus cohérent avec la volonté d’inciter au retour au travail », a-t-il ajouté.

Une réduction d’impôt ciblée

Actuellement, l’impôt sur le revenu comprend 5 tranches : 0 %, 14 %, 30 %, 41 % et 45 %.

Gérald Darmanin ne se prononce pas encore sur le niveau de revenu concerné par la mise en place de la mesure. De fait, en octobre, une loi de finances prévoyant la baisse de l’impôt sera soumise au Parlement. Il reviendra à celui-ci d’arrêter le montant à partir duquel s’appliquera la réduction d’impôt. Le ministre des Comptes publics assure néanmoins que la mesure concernera principalement les classes moyennes.

Bercy envisage, en effet, d’instaurer la mesure au sein des premières tranches pour lesquelles s’appliquent un taux à 14 % et 30 %. Seraient concernées, les personnes dont les revenus imposables annuels se situent entre 9 964 et 27 519 €. 15 millions de foyers fiscaux devraient ainsi bénéficier de cette diminution d’impôt.

Évaluée à 10 % par foyer fiscal concerné, la baisse pourra être effective dès le 1er janvier 2020 par le biais du prélèvement à la source.

Un financement qui reste à préciser

Les 5 milliards d’euros annoncés représentent 6,5 % du montant global des recettes de l’IR en 2017 (77 milliards). Comment compenser cette baisse de recettes alors que le déficit attendu atteignait déjà 3,1 % du PIB avant l’annonce du coup de pouce fiscal ?

Les modalités d’application de la mesure ne sont pas encore clairement définies et Emmanuel Macron incite le gouvernement à explorer plusieurs pistes simultanément :

    • réduction des dépenses publiques (fermetures d’organismes jugés « inutiles » par le chef de l’État)
    • allongement de la durée de cotisation pour le départ en retraite tout en maintenant l’âge légal de 62 ans
    • lutte renforcée contre l’évasion fiscale
    • suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises (tarif préférentiel du gazole accordé aux entreprises du secteur BTP Construction, etc.)

    En réaction à cette dernière annonce, Patrick Martin, président délégué du Medef, déclare que les entreprises créant des emplois et investissant ne doivent pas « être la variable d’ajustement des mesures généreuses ou nécessaires » décidées par le gouvernement. En outre, le chef de l’État incite vivement les Français à travailler davantage pour produire plus de ressources financières. De son côté, Bruno Le Maire affirme que chaque euro de baisse d’impôt sera financé par un euro de baisse de la dépense publique.



    Une mesure jugée peu crédible par les Français

    En dépit des explications apportées par le chef de l’État et ses ministres, les Français ne se déclarent pas convaincus par la mesure annoncée. En effet, un sondage Elabe, réalisé pour BFMTV le 26 avril dernier, rapporte que seuls 37 % des Français jugent cette baisse d’impôt crédible.