Avec une augmentation conséquente du nombre de morts sur les routes, le gouvernement vient de mettre en œuvre l’abaissement de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires. Une mesure qui suscite l’indignation de beaucoup de conducteurs.

Les routes à double sens sans séparateur central seront limitées à 80 km/h à partir du 1er juillet 2018


Ce mardi 9 janvier, le gouvernement a décidé de modifier une règle du Code de la route : l’abaissement de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires à partir du 1er juillet 2018. Une mesure qui s’appliquera sur plus de 400 000 km de routes à double sens sans séparateur central. Une décision vivement contestée, mais jugée indispensable par le gouvernement, ainsi que par les associations de sécurité routière. Ce nouveau dispositif fait partie d’une longue série de mesures prises pour réduire la mortalité routière. D’après le Premier ministre Édouard Philippe, la route est la « première cause de mort violente dans notre pays », il apparait donc primordial d’y remédier.

Les routes à double sens sans séparateur central seront limitées à 80 km/h à partir du 1er juillet 2018

Mortalité routière due à la vitesse : les chiffres clés

L’objectif de ce plan est de faire reculer le nombre de morts sur les routes. En 2016, plus de 3 477 personnes sont tuées sur la route contre 3 268 en 2013. Une tendance à la hausse qui s’est confirmée en 2017.

Selon le Premier ministre « deux tiers des accidents se concentrent sur ces tronçons de routes nationales et départementales bidirectionnelles aujourd’hui limités à 90 km/h ».

Pourquoi passer de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires ?

Pour la sécurité routière, les routes secondaires, c’est-à-dire les départementales et les nationales, sans séparation sont les plus meurtrières. La réduction de 10 km/h permettrait de sauver 350 à 400 morts par an.

De plus, passer de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires va nécessairement influer sur le temps de freinage, mais aussi sur la consommation de carburant. 

Selon Bison Futé, rouler à 80 au lieu de 90 km/h va permettre d’économiser 3 à 5 litres sur 500 km et de réduire les émissions de CO2. En ce qui concerne le temps de parcours, l’augmentation des trajets sera minime. En effet, 1 minute de plus sera ajoutée en conduite sur une distance de 10 km. 8 minutes pour 100 km. 13 minutes pour 150 km.

Une mesure vivement contestée par les automobilistes 

À en croire un sondage effectué par Harris Interactive, près de 6 Français sur 10 se disent opposés à cette nouvelle réforme. 83 % estiment que cette réforme vise à augmenter le nombre de contraventions. 

En 2016, les amendes représentaient près de 1,8 milliard d’euros, dont 920 millions récoltés par les radars. Une somme qui n’a pas été affectée à la sécurité routière comme il était prévu précise la Cour des comptes. De quoi révolter les conducteurs. Par ailleurs, les automobilistes dénoncent le remplacement de plus de 20 000 panneaux de signalisation qui couteraient plus de 1,6 million d’euros.

Enfin, la ligue de défense des conducteurs estime que cette mesure ne prend pas en compte l’état général des routes et l’aspect technique des véhicules, deux éléments qui influent sur les accidents de la route.

 




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