Le débat fait rage entre les partisans et opposants à l’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateur central. Malgré la grogne des usagers et de certains élus, le gouvernement vient d’annoncer la date de mise en application de cette mesure au 1er juillet 2018.

80 km/h sur les routes nationales : la mesure prendra effet au 1er juillet 2018


Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a annoncé mercredi 7 mars que la limitation de la vitesse à 80 km/h sur l’ensemble des routes secondaires sans séparateur de voies serait appliquée à partir du 1er juillet 2018. Le gouvernement a choisi de rester inflexible sur la mise en place de cette loi, malgré la grogne de nombreux usagers de la route et de certains élus. Le point sur la situation.

80 km/h sur les routes nationales : la mesure prendra effet au 1er juillet 2018

« Sauver entre 350 et 400 vies chaque année »

C’est l’objectif avancé par le gouvernement, qui s’est appuyé sur les résultats de deux ans d’expérimentation à 80 km/h réalisée sur 86 km de routes nationales entre 2015 et 2017.

La Sécurité routière, qui soutient cette nouvelle mesure du gouvernement, précise que la vitesse est la première cause des accidents mortels en France (31 %) et que le réseau routier sur lequel les accidents mortels sont les plus fréquents est celui des routes à double sens sans séparateur central (55 %).

En roulant plus vite, le champ de vision se rétrécit, et la distance d’arrêt lors du freinage s’allonge. L’argument écologique est aussi parfois évoqué : en ralentissant, les quantités de carburants utilisées sont moindres, ce qui provoque moins d’émissions polluantes.

La mesure est très impopulaire auprès des automobilistes, notamment en milieu rural

Une lettre ouverte a récemment été adressée par 28 présidents de départements à caractère rural au gouvernement pour demander « de renoncer au projet d’abaissement global de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes du réseau secondaire et de privilégier des solutions pragmatiques, au cas par cas, en concertation avec les Départements sur les tronçons les plus accidentogènes ».

Ils font valoir dans cette lettre que l’expérimentation de 2 ans mise en avant par le gouvernement pour justifier de cette mesure n’aurait pas eu de résultats vraiment probants en termes de baisse de mortalité sur les routes.

Les automobilistes se plaignent d’une mesure créée selon eux « pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État ».

Jérôme Lambert, député de la Charente a également exprimé publiquement son mécontentement : « On est contre ces mesures autoritaires qui ne servent qu’à faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État. D’autant que dans deux ans, tout risque de revenir comme avant. Ils nous prennent vraiment pour des truffes ».

En effet, Benjamin Griveaux a également précisé qu’il a été prévu « une clause de revoyure au 1er juillet 2020 pour mesurer l’efficacité de cette mesure » qui pourrait remettre en cause cette décision et voir de nouveau la limitation de vitesse rétablie à 90 km/h.

Le cout des nouveaux panneaux de signalisation

Les élus s’inquiètent aussi du cout du changement des panneaux de signalisation. Un panneau de limitation de vitesse coute environ 60 euros. À la question de savoir « Qui va payer ? » Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière a répondu : « Ce sont les gestionnaires de voiries, pour l’essentiel les conseils départementaux, mais aussi des communautés de communes, qui ont la responsabilité de “panneauter”.

Selon le département de la Charente, « chaque collectivité pourrait bénéficier d’un fonds spécial qui se ferait au détriment d’autres aménagements de sécurité ».

 




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