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Lutter contre la déforestation et limiter son empreinte forêt

Depuis 1990, nous perdons chaque année, une partie des forêts dont la superficie est équivalente à celle de la Grèce. Une déforestation liée à nos modes de consommation.
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Selon l’UICN (Union internationale pour la conversation de la nature), la déforestation est l’une des causes principales de la perte de notre biodiversité. Cette déforestation résulte de la consommation excessive des êtres humains. Un point sur la situation.

Lutter contre la déforestation et limiter son empreinte forêt


La déforestation en chiffres

En moyenne, 352 m² de forêt seraient nécessaires pour les besoins en consommation d’un Français chaque année selon l’ONG Envol Vert. L’équivalent de 4 logements moyens en surface.

Les Français consomment annuellement plus de 2,4 millions d’hectares de forêts provenant d’Amérique du Sud, d’Asie du Sud-est et d’Afrique, soit l’équivalent de la superficie de la Bretagne. Un chiffre qui ne prend pas en compte les commandes publiques et les commandes réalisées par les entreprises.

Chaque année, plus de 13 millions d’hectares de bois disparaissent, impactant fortement les populations et espèces locales, et provoquant des dérèglements climatiques. Un chiffre qui tend à se stabiliser dans certaines régions du monde (Amazonie, Indonésie), mais qui se développe dans d’autres régions (Mékong, Bolivie) selon la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations).

L’agriculture commerciale serait à 80 % responsable de la déforestation. Envol Vert rapporte que « 49 % de la déforestation dans les pays tropicaux s’explique par la conversion illégale de terres en exploitations agricoles à vocation commerciale ».

WWF a pu également mettre en évidence l’empreinte laissée par le prélèvement de 7 matières premières importées sur le territoire français : pâte à papier, soja, bois, cuir, bœuf, cacao, huile de palme et le caoutchouc. Cela représenterait 14,8 millions d’hectares de surface utilisés dont 5,1 millions d’hectares concerneraient la déforestation.

Quelles sont les ressources facteurs de risque pour la déforestation ?

La déforestation est très souvent associée à la production de bois, de papier ou encore d’huile de palme par les consommateurs, mais ces produits ne représentent que 11 % de l’empreinte forêt.

Le rapport établi par Envol Vert met en évidence la liste des ressources vectrices de risques de la déforestation. Le soja par exemple est utilisé pour l’alimentation des volailles et des bovins. D’autres produits sont responsables de la déforestation : le cuir, le caoutchouc naturel et le cacao.

Il faut en moyenne 352 m² de forêt pour satisfaire les besoins de consommation d’un français moyen. Dans ces 352 m², 206 m² sont exploités pour le soja destiné à nourrir les élevages d’animaux, 37 m² pour le cuir, 24 m² pour le papier, 19 m² pour le café, 13 m² pour les arbres à caoutchouc, 10 m² pour le cacao et 10 m² pour le bois. Contrairement aux idées reçues, l’huile de palme n’affecte que 33 m² pour les agrocarburants, l’alimentation et pour les cosmétiques.

L’empreinte forêt, un outil pour connaitre notre impact sur le déboisement

Depuis 2013, Envol Vert a élaboré un outil qui permet de mesurer son empreinte forêt et de sensibiliser son utilisateur.

Le dispositif mesure la surface de forêt impactée pour chaque produit consommé par un français (viandes, carburants, cuir, etc.).

Pour connaître votre empreinte forêt, il vous suffit de répondre au Quizz proposé par Envol Vert.



Quelles sont les alternatives pour limiter son empreinte forêt ?

WWF et Envol Vert sollicitent les Français pour consommer des produits locaux et certifiés. Boris Patentreger, cofondateur d’Envol Vert, pousse également les entreprises à relocaliser les approvisionnements en matières premières. Ce qu’ont fait certaines entreprises, mais qui « sont ensuite allées se fournir ailleurs, comme dans la savane du Cerrado » indique Arnaud Gauffier, coauteur de WWF.

La consommation de viande étant le principal vecteur de déforestation, les 2 ONG montrent qu’il est facile d’agir efficacement en en limitant sa consommation.

Par ailleurs, Envol Vert rappel qu’entre 2000 et 2015, c’est la superficie d’une forêt de la taille du Portugal qui a été déboisé et ce, uniquement pour la production de soja, dont la principale utilisation est de nourrir les animaux d’élevage.

En diminuant sa consommation de viande, de produits laitiers et de produits locaux, notre impact sur l’empreinte forêt peut être réduite de 88 %.

Les consommateurs peuvent agir sur 3 niveaux : consommer lorsque c’est réellement nécessaire pour éviter une consommation excessive, améliorer ses habitudes en recyclant ou en achetant des produits d’occasions, acheter des produits locaux ou certifiés garants de l’environnement (reconnu par des labels ou des associations).