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Permis de conduire : 10 mesures pour en diminuer le coût

Édouard Philippe et Christophe Castaner ont présenté, le 2 mai dernier, dix mesures qui ont pour but de faire diminuer le coût du permis de conduire. Parmi celles-ci : le développement de l’apprentissage sur simulateur et sur boîte automatique ou le passage de l’examen dès 17 ans.
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En 2018, 1,6 million de candidats ont passé l’examen du Code de la route et 1,9 million de personnes ont passé la conduite. Souvent un poste de dépense important pour de nombreux jeunes, il s’agit aujourd’hui « faire en sorte que le prix moyen du permis de conduire diminue sensiblement, de l’ordre de 30 % », a indiqué Édouard Philipe le Premier ministre après sa visite d’un CFA de Chasseneuil-sur-Bonnieure en Charente. Faisons le point.

Permis de conduire : 10 mesures pour en diminuer le coût


10 mesures pour faire baisser les coûts, mais pas la qualité de la formation

Le gouvernement souhaite « apporter des solutions concrètes, pratiques pour diminuer le coût du permis sans évidemment diminuer la qualité de la formation qui est indispensable, compte tenu des enjeux de sécurité routière », a souligné Édouard Philippe.

Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, a dévoilé 10 mesures, dont quelques-unes seront précisées « dès cet été ». Plusieurs avaient déjà été rendues publiques, comme la gratuité de l’apprentissage et du premier examen du Code de la route pour les personnes en SNU (Service national universel), ou la création d’un comparateur en ligne pour trouver son auto-école.

Encourager la conduite sur simulateur

En France, le coût d’un permis de conduire se révèle assez onéreux et varie entre 1 600 € et 1 800 €. S’inspirant des réflexions du rapport réalisé par la députée LREM Françoise Dumas, le gouvernement veut encourager, dans la formation, l’utilisation du simulateur de conduite.

Des avantages fiscaux seront mis en place pour permettre aux écoles de conduite de s’équiper et chaque candidat pourra faire jusqu’à 10 heures sur un simulateur dans les 20 heures nécessaires de formation à la conduite.

Favoriser la conduite supervisée et l’usage de la boîte automatique

De plus, l’apprentissage sur boîte automatique, plus simple (13 heures au lieu de 20) et donc moins onéreux, sera également encouragé. La période permettant de conduire sur boîte manuelle après avoir eu le permis sur boîte automatique sera réduite de 6 à 3 mois.

La conduite supervisée, qui est assurée par un accompagnateur détenteur du permis depuis au moins 5 ans, sera aussi encouragée après un échec à l’examen, évitant ainsi à l’élève de faire d’autres heures en école de conduite.



Moderniser l’épreuve pratique

Le gouvernement veut aussi « moderniser l’épreuve pratique » en testant dans 5 départements (Aude, Gard, Gers, Haute-Garonne et Hérault) un site de réservation en ligne des places d’examen pendant 8 mois. L’idée est également de responsabiliser les candidats par rapport à leur préparation. Le laps de temps pour se présenter à nouveau après un échec sera lié au résultat obtenu : plus le niveau de maitrise des compétences est faible le jour de l’examen, plus le temps pour avoir une nouvelle date d’examen sera important.

Afin d’« augmenter l’expérience du jeune conducteur », le Premier ministre souhaite diminuer l’âge du passage de l’examen de conduite à 17 ans, même si le jeune ne pourra conduire seul qu’à 18 ans, explique Matignon.

Enfin, la création d’un livret numérique permettant le suivi de la progression du candidat, mais aussi l’adaptation des questions du Code de la route aux publics et aux enjeux de la sécurité routière sont également envisagées.

Les professionnels du secteur restent vigilants

« Favorables à ces grands principes », les professionnels du secteur expliquent rester « vigilants sur les conséquences de cette réforme, qui pourrait engendrer une baisse de la qualité de la formation et une destruction du maillage territorial des auto-écoles ». Ils rappellent « le rôle social » des écoles de conduite « dans l’accompagnement des jeunes apprenants ».

Estimant « nécessaire d’accompagner les candidats dans leurs démarches administratives afin de donner une visibilité à des aides financières souvent méconnues », les professionnels pensent que les écoles de conduite pourraient avoir « une mission de guichet unique pour informer les futurs conducteurs des aides existantes ».

Ces nouvelles modalités, qui devraient s’appliquer en 2020, seront au menu dans la loi orientation et mobilité, vue en commission à l’Assemblée nationale à partir du 14 mai 2019.