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Pourquoi les prix des produits alimentaires vont-ils continuer à augmenter ?

Pâtes, lait, viande ou biscuits… Le panier de courses pourrait bientôt coûter plus cher. En cause : une pénurie de matières premières qui fait s’envoler les coûts de production.
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Un bras de fer s’est engagé entre les industriels et les distributeurs qui doivent s’accorder sur l’augmentation des prix de l’alimentaire. Tous deux sont touchés de plein fouet par la hausse des prix des matières premières et des emballages. Quelles seront les répercussions sur le ticket de caisse des consommateurs ?

Pourquoi les prix des produits alimentaires vont-ils continuer à augmenter ?

Hausse du prix des matières premières et des emballages

Le 31 août 2021, l’Insee annonçait une inflation globale de 1,9 % sur un an. Outre l’électricité et le gaz, ce sont les produits agricoles et alimentaires qui connaissent une envolée des prix.

Différents facteurs sont à l’origine de cette hausse. Les aléas climatiques (gel, sécheresse ou fortes précipitations) constatés partout dans le monde ont notamment affecté les récoltes des céréales et des fruits. Face à la baisse de la production, le coût des matières premières a flambé. L’augmentation s’élève à 20 % sur un an pour le soja, 26 % pour le blé, 14 % pour le sucre et 34 % pour les fruits. Or, l’explosion du prix des matières premières se répercute ensuite sur les produits transformés ou les coûts de production des éleveurs.

En parallèle, le coût de l’emballage décolle lui aussi : une conséquence de la hausse du prix du carton (+ 45 % sur un an), du papier (+ 19 %) ou encore du polystyrène (+ 58 %).

Une réforme de la loi Egalim pour soutenir les agriculteurs

Autre élément qui pourrait bientôt avoir une incidence sur le montant des courses : le volet 2 de la loi Egalim, examiné au Sénat ce mardi 21 septembre. Ce texte vise à protéger la rémunération des agriculteurs en prenant mieux en compte l’explosion du coût des matières premières.

Si elle est adoptée, elle pourrait changer la donne lors des négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et les fabricants de produits alimentaires. Les agriculteurs devraient ainsi bénéficier de plus de poids pour négocier les prix de vente de leur production. Mais quel sera l’impact de la réforme de la loi Egalim sur les consommateurs ?

Lorsque la loi Egalim a été votée en 2018, l’UFC-Que Choisir avait pointé du doigt une hausse de 0,83 % des prix des produits alimentaires en hypermarchés et supermarchés.

1,50 € de plus par mois sur le ticket de caisse

Les consommateurs vont-ils payer encore plus cher les produits alimentaires du quotidien (viande, lait, beurre, pâtes, fruits et biscuits) ? Selon les calculs de l'association nationale de l'industrie agroalimentaire (ANIA), les ménages devraient constater une hausse de 1,50  par mois. Le cabinet Asterès juge, quant à lui, que le pouvoir d’achat se retrouvera amputé de 0,1 % pour les plus modestes et 0,05 % pour les plus aisés.

Il faudra attendre la fin des négociations en mars 2022 pour connaître les retombées de la loi Egalim 2 et savoir si les consommateurs paieront plus cher ou non leurs courses. Conscient que cette loi aura un impact sur le porte-monnaie des Français, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, avait déclaré : « j'appelle les consommateurs qui en ont les moyens à considérer l'acte de consommation comme un acte citoyen ».