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Racheter des trimestres pour la retraite : dans quels cas est-ce rentable ?

Vous envisagez de racheter des trimestres pour votre retraite ? Coût, pension supplémentaire, fiscalité : découvrez les critères à prendre en compte.
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À l’approche de la retraite, il peut être tentant de racheter des trimestres pour compléter sa durée d’assurance et améliorer le montant de sa future pension. Cette opération peut notamment permettre de réduire une décote ou, dans certaines situations, d’atteindre plus rapidement le taux plein. Mais elle représente également une dépense importante, qui peut atteindre plusieurs milliers d’euros.

Racheter des trimestres pour la retraite : dans quels cas est-ce rentable ?



Racheter des trimestres : dans quels cas l’opération peut être intéressante ?

Le rachat concerne notamment certaines périodes d’études supérieures ainsi que des années au cours desquelles vous n’avez pas validé suffisamment de trimestres. Il est possible d’en racheter jusqu’à 12. L’un des principaux intérêts de cette démarche est de réduire, voire de supprimer, la décote appliquée lorsque vous partez à la retraite sans avoir atteint la durée d’assurance nécessaire au taux plein.

L’opération peut donc avoir un intérêt particulier lorsqu’il vous manque seulement quelques trimestres au moment de votre départ. Racheter ces périodes peut alors permettre d’éviter une diminution durable de votre pension de retraite.

Mais le coût du rachat doit être comparé au supplément de pension obtenu. Autrement dit, il ne suffit pas de constater que votre retraite sera plus élevée : il faut également déterminer combien de temps sera nécessaire pour récupérer la somme dépensée.

Quel délai faut-il pour rentabiliser un rachat de trimestres ?

La rentabilité varie fortement d’un assuré à l’autre. Pour savoir si l’opération est intéressante, il faut comparer le montant payé avec le supplément de pension obtenu grâce aux trimestres rachetés.

Prenons un exemple : une personne née en 1966 à qui il manque 4 trimestres, le rachat avec l’option « taux seul » représente 13 100 € pour un salarié rémunéré au niveau du Smic. En contrepartie, les 4 trimestres rachetés permettent d’obtenir 644 € de pension supplémentaire par an. Il faut donc plus de 20 ans pour récupérer la somme initialement versée grâce à l’augmentation de la pension.

Autre exemple : pour une personne née la même année et à laquelle il manque également 4 trimestres, le coût du rachat avec l’option « taux seul » atteint 17 468 € lorsque le revenu annuel s’élève à 120 000 €. Le gain de pension est toutefois nettement supérieur, avec 2 095 € supplémentaires par an. Dans cette simulation, la somme consacrée au rachat est ainsi récupérée en un peu plus de 8 ans.

« Taux seul » ou « taux et durée » : quelle option choisir  ?

Lors d’un rachat, deux options peuvent être proposées. Avec l’option « taux seul », les trimestres rachetés servent à diminuer la décote appliquée à la pension. L’option « taux et durée » produit également cet effet, mais les trimestres sont en plus pris en compte dans la durée d’assurance utilisée pour le calcul de la retraite de base.

Cette seconde formule améliore donc davantage le calcul de la pension, mais elle coûte aussi plus cher. Or, payer davantage ne signifie pas nécessairement que le rachat sera plus rapidement rentabilisé.

L’option « taux seul » peut donc apparaître plus intéressante lorsque l’objectif prioritaire est de réduire le délai nécessaire pour récupérer la somme investie.




Attention à ne pas racheter des trimestres inutilement

Avant de vous engager, vous devez vérifier votre relevé de carrière. Des périodes travaillées peuvent parfois avoir été mal enregistrées ou ne pas apparaître correctement. Dans ce cas, une régularisation peut permettre de récupérer des trimestres sans avoir à les acheter.

Cette vérification peut donc modifier sensiblement le nombre de trimestres réellement nécessaires. Il faut également tenir compte de l’évolution possible de votre carrière. Lorsque vous êtes encore relativement éloigné de la retraite, vous disposez de moins de visibilité sur votre situation future. Vous pourriez notamment valider par la suite les trimestres qui vous manquent aujourd’hui.

Racheter trop tôt peut ainsi conduire à financer une opération qui ne sera finalement pas indispensable.

Le rachat de trimestres bénéficie-t-il d’un avantage fiscal ?

Le coût de l’opération doit également être apprécié après prise en compte de la fiscalité. Les sommes versées pour racheter des trimestres sont déductibles du revenu imposable. Cette déduction peut donc réduire le coût réellement supporté par l’assuré, en particulier pour les contribuables fortement imposés.

Il faut cependant tenir compte du calendrier : la déduction intervient au titre de l’année au cours de laquelle le paiement est effectué, et non au moment où la demande de rachat est déposée. L’avantage fiscal doit donc être intégré au calcul de rentabilité, mais il ne suffit pas à lui seul à rendre l’opération intéressante.

Dans quels cas vaut-il mieux éviter de racheter des trimestres ?

Le rachat n’est pas automatiquement avantageux. Si vous êtes encore loin de la retraite, il peut être difficile de savoir combien de trimestres vous manqueront réellement au moment de votre départ. Votre carrière future, certaines périodes d’activité ou encore des périodes permettant de valider des trimestres peuvent modifier le résultat.

L’opération peut également présenter un intérêt limité si vous bénéficiez déjà du taux plein et cherchez uniquement à augmenter légèrement votre pension. Le supplément obtenu peut alors nécessiter de nombreuses années pour compenser la somme versée.

Le coût du rachat doit enfin être pris en considération. Selon l’âge et les revenus, le prix d’un trimestre peut représenter une dépense importante.

Alors, est-il vraiment rentable de racheter des trimestres ?

Il n’existe pas de réponse valable pour tous les futurs retraités. Racheter des trimestres peut être intéressant lorsque quelques trimestres suffisent à réduire une décote ou à permettre un départ à taux plein plus rapidement. L’opération peut aussi devenir plus favorable lorsque le supplément de pension est suffisamment important pour compenser rapidement la somme investie.

À l’inverse, lorsque le gain de pension reste faible ou que le nombre d’années nécessaires pour récupérer la dépense est très élevé, le rachat peut être beaucoup moins intéressant.

Avant de prendre une décision, vous devez donc comparer au minimum trois éléments : le coût du rachat, le supplément de pension attendu et le nombre d’années nécessaires pour amortir la dépense. Votre situation fiscale et votre âge au moment du rachat doivent également entrer dans le calcul.

 

Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.