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Scolarisation des enfants en situation de handicap : La rentrée 2019 s'annonce plus inclusive

En France, 23 500 enfants en situation de handicap supplémentaires feront leur rentrée dans des établissements scolaires dès septembre.
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C’est une grande fierté pour la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées. La scolarisation des enfants en situation de handicap ne cesse d’augmenter avec pas moins de 23 500 enfants en plus dès la rentrée 2019-2020. Explications.

Scolarisation des enfants en situation de handicap : La rentrée 2019 s'annonce plus inclusive


« Un mouvement vers l’école »

C’était un des points que Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, avait à cœur de travailler. Rendre l’école classique plus adaptée aux enfants en situation de handicap était majeur. La rentrée 2019 s’annonce donc plus inclusive.

23 500 nouvelles inscriptions d’enfants handicapés en établissements scolaires sont enregistrées pour septembre. Cela porte donc le nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés à 361 000 dans les écoles dites ordinaires. 70 000 restent scolarisés dans des établissements médico-sociaux spécialisés.

Les recrutements d’accompagnants plus pérennes

Dès le mois de septembre 2019, le recrutement des AESH (Accompagnants d’élèves handicapés) sur des contrats aidés est stoppé. En effet, sur l’année 2019, 4 500 postes ont été ouverts en équivalent temps plein. Dorénavant, les contrats seront des CDD de trois ans, renouvelables une fois et/ou des CDI.

La secrétaire d’État insiste sur le fait que ce type de contrat permettra « d’éviter la rupture d’accompagnement en cours d’année scolaire » générant une perturbation dans l’environnement et les repères des enfants.

Les démarches simplifiées

Les démarches administratives des familles seront simplifiées. Par exemple, il ne sera plus nécessaire de demander le renouvellement de certaines prestations chaque année, notamment si la situation de l’enfant ne change pas.

Un numéro d’écoute ouvert aux parents d’enfants handicapés et spécifique à chaque département vient également d’être mis en place. Il servira à orienter les parents sur diverses questions qu’ils pourraient avoir, tout en fournissant des réponses plus ciblées.

Enfin, des professionnels du domaine médico-social feront également leur rentrée aux côtés des instituteurs et professeurs. De ce fait, des ergothérapeutes, psychologues, psychomotriciens, etc. seront présents dans les écoles. Ils permettront la scolarisation en temps plein des enfants en situation de handicap afin de répondre aux demandes des familles. Pour l’heure, 86 % des enfants handicapés vont à l’école toute la journée.



Des familles et professionnels sceptiques

« Sur le papier, les annonces vont dans le bon sens. Sur le terrain, il n’y a pas grand chose qui bouge », déplore l’Unapei. Cette association citoyenne qui milite pour l’inclusion des personnes handicapées a lancé début août la plateforme marentrée.org pour que les parents puissent témoigner des difficultés auxquelles ils sont confrontés dans le cadre de la scolarisation de leurs enfants.

Parmi les témoignages recueillis, « Eléa sera scolarisée 12 heures par semaine, car nous n’avons pas eu plus d’heures » et « Martin est autiste Asperger (...) Pas de solution... Aucun projet cette année », peut-on lire. Nathalie, maman d’un enfant en situation de handicap explique à France Info que « La Maison départementale des personnes en situation de handicap a préconisé une scolarisation à temps complet pour mon fils. En vrai, il sera scolarisé six heures par semaine. »

Dans le même temps, des AESH se retrouvent aussi en difficulté, ne sachant pas encore où ils seront affectés à la rentrée. C’est par exemple le cas d’Émilie : « Je ne me suis jamais retrouvée dans une situation pareille. La pré-rentrée c’est vendredi matin et je n’ai toujours aucune nouvelle », déclare-t-elle à France Info.

Pour Sonia Ahehehinnou, porte-parole de l’Unapei, « il y aura des familles sans solution », et ce malgré tous les moyens mis en œuvre par le gouvernement.