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3 Français sur 4 sont opposés à la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires

La mesure entrera en vigueur au 1er juillet 2018, mais, comme le montre le baromètre annuel AXA Prévention sur le comportement des Français au volant, elle provoque la grogne de la plupart des usagers. Qu’en est-il ?

Les derniers chiffres du baromètre annuel AXA Prévention sur le comportement des Français au volant ont été publiés mardi 10 avril 2018. Ils montrent que même si seulement 13 % des sondés se sentent en sécurité sur les routes secondaires, pour 76 % d’entre eux, l’abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central n’est pas la solution. Celle-ci doit entrer en vigueur au 1er juillet 2018. Le point sur ce sondage.

3 Français sur 4 sont opposés à la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires



52 % des personnes interrogées estiment que cette mesure est une « taxe déguisée »

Pour les Français, ce n’est pas la vitesse qui est en cause. Le danger serait plutôt dû, selon eux, au mauvais comportement des autres usagers (85 %), au manque d’entretien des infrastructures (56 %) et à une mauvaise signalisation (23 %).

« C’est un mal français, un mal profond. La vitesse est la première cause d’accidents mortels. Les Français le savent, mais ils ne ralentissent pas, ne respectent pas les limitations », déplore Éric Lemaire, président d’Axa Prévention.

En effet, 54 % des sondés déclarent rouler régulièrement de 10 à 20 km/h au-dessus de la vitesse autorisée, et 15 % d’entre eux roulent entre 120 et 130 km/h au lieu des 90 km/h actuellement autorisés.

De plus, 36 % des sondés jugent cette mesure d’abaissement de la vitesse à 80 km/h complètement inutile.

Comment agir pour mieux garantir la sécurité des usagers de la route ?

« S’il y a eu légèrement moins de morts en 2017 (3 693 métropole et outre-mer confondus, ndlr), il y a eu plus d’accidents et plus de blessés », a indiqué M. Lemaire.

Un autre aspect a été révélé par cette enquête Kantar-TNS réalisée du 12 au 29 janvier 2018. L’analyse des réponses au questionnaire sur internet de 1 560 automobilistes montre aussi « une cohabitation très difficile entre les différentes communautés d’usagers » (piétons, cyclistes, automobilistes...), souligne Éric Lemaire : « Tout le monde se déteste, tout le monde a quelque chose à reprocher à l’autre. Énervement et insultes créent du stress, des distractions de conduite et donc du danger. »

Il existe toutefois des mesures auxquelles les Français sont majoritairement favorables pour réduire le nombre d’accidents de la route, par exemple le recours étendu aux EAD (éthylotests antidémarrage) pour les personnes en récidive de conduite en état alcoolique, qui est plébiscité à 64 % et ils sont 69 % à souhaiter un durcissement des sanctions à l’égard des personnes qui téléphonent au volant. Même s’ils sont 38 % à avouer le faire !