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L'escroquerie au rétroviseur cassé : les conseils de la Police nationale

L’arnaque du rétroviseur abimé refait surface dans de nombreux départements et cible principalement les personnes âgées et vulnérables. Quel est le mode opératoire des escrocs du rétro ? Quels sont les conseils de la Police nationale pour se prémunir de cette escroquerie ? Décryptage.
Sommaire

Une ancienne technique de vol par ruse, vieille de plus de 20 ans, réapparait sur la voie publique et continue de faire des victimes notamment parmi les personnes vulnérables : l’escroquerie au rétroviseur cassé.
Les escrocs ciblent essentiellement les séniors pour extorquer plus facilement de l’argent. Tour d’horizon du mode opératoire et des préconisations de la Police nationale.

L’escroquerie au rétroviseur cassé : les conseils de la Police nationale


Une technique frauduleuse bien élaborée et très efficace

L’escroquerie au rétroviseur cassé est une technique au scénario bien ficelé et surtout, bien maitrisé. Même si cette tactique est connue par les services de police et de gendarmerie depuis plus de 20 ans, elle continue de faire des ravages chez les personnes du troisième âge et celles facilement influençables. Elle a généralement lieu dans les parcs de stationnement (supermarchés, centres commerciaux, gares, aéroports, aires d’autoroutes, etc.).

La première étape consiste à simuler un accrochage ou un accident, l’escroc klaxonne, s’arrête brutalement et accuse un automobiliste (souvent seul dans sa voiture) d’avoir dégradé le rétroviseur de son véhicule sans s’en apercevoir. En réalité, ce dernier avait été cassé par anticipation.
Le malfrat peut paraitre très sympathique et très conciliant au premier abord, mais peut vite devenir agressif si les évènements ne tournent pas en sa faveur. Dans la plupart des faits relatés par les victimes, aucun acte de violence n’a été exercé, les malfaiteurs misent essentiellement sur la pression psychologique.

La deuxième étape consiste à demander le nom de l’assurance de la victime. Quelle qu’elle soit, le voleur prétendra qu’il a la même. De bonnes volontés et toujours très arrangeant, il décide d’appeler la compagnie d’assurances en question et compose lui-même le numéro de téléphone. La ruse prend alors une tout autre dimension, car, en réalité, l’escroc contacte un complice qui joue le rôle de l’assureur. Il annonce alors un prix exorbitant pour les réparations et la franchise, puis sort tout un argumentaire soigneusement préparé pour faire paniquer la victime qui se retrouve à devoir choisir entre :

  • payer immédiatement en liquide la somme nécessaire aux réparations
  • ou remplir un constat amiable en s’exposant alors à des coûts supplémentaires et un éventuel malus au vu des faits reprochés.

Intimement convaincue d’avoir parlé à un vrai professionnel de l’assurance, la victime commence à sérieusement douter et se demande si elle doit suivre les conseils si précieux du (faux) assureur ou respecter la procédure classique de déclaration d’un accident automobile.

          La troisième étape consiste à gagner la confiance de la victime en lui proposant un arrangement à l’amiable. Celui-ci est beaucoup moins coûteux que le soi-disant prix de la franchise et des réparations annoncé par l’assureur complice (au moins la moitié du prix « officiel »). L’escroc affirme que c’est la meilleure solution qui s’offre à la victime : elle paye tout de suite en liquide une somme d’argent accommodante, et ni vu, ni connu, pas de malus... En cas d’hésitation de la victime, la Police nationale tient à préciser que certains malfaiteurs sont capables d’inventer de toute pièce une histoire de délit de fuite dans le but d’intimider la victime et la menacer d’une suspension de son permis de conduire.

          La quatrième et dernière étape consiste à inciter la victime à se rendre au plus proche d’un distributeur automatique de billets (DAB) pour payer la somme d’argent convenue. Le montant peut s’élever de 100 € jusqu’à 4 000 € (dans des cas très rares). L’arnaqueur accompagne la victime jusqu’à ce qu’elle retire de l’argent tout en restant suffisamment à l’écart pour éviter d’être filmée par les caméras de sécurité de la banque. Une fois le dédommagement effectué, le voleur part tranquillement avec le butin et disparait dans la nature.

          Il peut s’agit d’une personne seule, d’un duo ou d’un couple de personnes mal intentionnées, qui conduisent soit une berline, soit une voiture de luxe (cela permet de réclamer plus d’argent). La technique peut se décliner sur une carrosserie de voiture endommagée, enjoliveurs ou phares cassés, pneus crevés, etc.).

          Même si le scélérat n’exerce aucune violence sur ses victimes, certaines personnes peuvent être traumatisées de cette malencontreuse expérience, car au-delà du préjudice pécuniaire potentiellement élevé, il peut y avoir un véritable préjudice psychologique.

          Les conseils avisés de la Police nationale pour les personnes âgées et vulnérables

          Ce sont principalement les séniors de plus de 75 ans qui sont victimes de ce genre de ruses. Certaines d’entre elles ont donné jusqu’à 4 000 € en espèce afin d’éviter un constat d’assurance par peur de perdre leur permis de conduire. De nombreux cas ont été signalés dans les départements de l’Hérault, la Haute-Garonne, la Vienne, le Loir-et-Cher, le Maine-et-Loire, la Seine-et-Marne... Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

          Face à cette recrudescence, la Police nationale souhaite prodiguer quelques conseils avisés pour éviter au plus grand nombre de tomber dans le panneau.

          Il faut d’abord sensibiliser un maximum de personnes âgées à cette technique frauduleuse. Puis rappeler qu’il faut toujours effectuer un constat lors d’un accident de la route, et ce, pour n’importe quel accrochage sur la voie publique.

          Enfin, ne donnez sous aucun prétexte de l’argent liquide pour régler un litige. Contactez votre assureur en composant vous-même le numéro de téléphone. Celui-ci est indiqué sur votre attestation d’assurance.

          La Police nationale précise également que si vous avez le moindre doute sur un litige, n’hésitez surtout pas à les appeler en composant le 17. Dans ce cas, pour une recherche efficace des escrocs du rétro, il est important de relever le type du véhicule, le modèle et le numéro d’immatriculation de la voiture des arnaqueurs.

          Les auteurs de ce type de vol peuvent être sévèrement punis par la loi. En effet, selon le journal quotidien L’Indépendant, un homme résidant à Perpignan a été condamné à 5 ans de prison ferme pour de multiples escroqueries au rétroviseur cassé. Pour information, l’escroc a précisé lors de son audience que « cette arnaque était beaucoup plus facile avec les vieux. »