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Des mesures pour protéger et partager les ressources en eau potable

Le réchauffement de la planète va entraîner, dans les années à venir, une diminution de la quantité d’eau potable disponible dans l’hexagone. Lundi 1er juillet, François de Rugy, ministre de la transition écologique, a détaillé plusieurs mesures afin de préserver davantage cette ressource et éviter les pénuries. Parmi ces mesures : la variation des tarifs de l’eau selon la consommation.
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Le débit moyen des cours d’eau en France devrait baisser de 10 à 40 % d’ici 2050-2070 par rapport à la situation actuelle, d’après le ministère de la Transition écologique. « L’adaptation au dérèglement climatique est un enjeu majeur pour la ressource en eau (...), ça passe par une nouvelle gestion de l’eau, plus sobre, plus économe dans tous les usages », industriel, agricole ou domestique, a expliqué François de Rugy, lors d’un point presse, après 7 mois de discussions. Parmi ces 3 secteurs, l’agriculture consomme le plus d’eau.

Tour d’horizon sur les mesures présentées pour mieux préserver et économiser l’eau.

Des mesures pour protéger et partager les ressources en eau potable


Les collectivités territoriales pourront agir sur les tarifs

Les collectivités territoriales pourront faire évoluer les prix de l’eau selon la consommation, les saisons ou cibler les résidences secondaires.

Ainsi, le tarif de l’eau pourrait augmenter, au-delà de certaines limites, pour pénaliser les consommateurs excessifs possédant une piscine ou lavant régulièrement leurs véhicules.

Une tarification sociale pour les plus modestes

D’autre part, une tarification sociale de l’eau pourrait être mise en place pour les foyers modestes. Pour le moment en phase de test, ce dispositif devrait être étendu.

Il sera aussi proposé « de faire évoluer la tarification pour tout le monde », c’est-à-dire les clients agricoles et industriels, a indiqué, Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État chargée de la Transition écologique.

UFC-Que Choisir déplore l’absence de cadre contraignant

Rien n’est obligatoire ou « contraignant, les agences de bassin étant seulement invitées à prendre en compte les incitations aux économies d’eau dans leurs taux de redevance » pour l’industrie et l’agriculture, déplore Alain Bazot, responsable de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir.

Le financement de la politique de l’eau est aujourd’hui réglé à hauteur de « 86 % via la facture des consommateurs », précise l’association. UFC-Que Choisir souhaite que les agriculteurs financent le processus de dépollution d’eau potable.



Le gouvernement veut également améliorer la qualité de l’eau

L’agriculture, grande utilisatrice de pesticides et de nitrates, est à l’origine d’une grande part de la pollution de l’eau distribuée. Pour faire baisser l’usage de produits chimiques proche de sources ou de nappes phréatiques alimentant le réseau de distribution d’eau potable, les villes possèderont dorénavant un droit de préemption sur les ventes d’espaces agricoles.

En 2007, 1 000 captages d’eau prioritaires avaient été listés, mais seulement 50 % vont appliquer un plan d’action. Le ministère de la transition écologique souhaite que l’ensemble soit concerné à horizon 2021.

Encourager l’usage des eaux de pluie

Une autre option étudiée est d’encourager l’usage des eaux de pluie, des eaux retraitées par les stations d’épuration ou encore des eaux domestiques (douche, lave-linge, lavabo, etc.) pour l’arrosage des espaces verts. La France est plutôt à la traine dans ce domaine, en comparaison de ses voisins européens.

À compter de 2022, les constructions neuves devraient prendre en compte « une exigence en matière d’économie d’eau ». Des retenues d’eau pourraient être aménagées, mais seulement si elles correspondent à certains besoins. La volonté de certains agriculteurs de conserver l’eau durant la période hivernale suscite quelquefois l’opposition d’associations écologistes.

Le ministère de la transition écologique souhaite aussi mettre à nouveau en état naturel 25 000 km2 de cours d’eau en France, soutenir des solutions basées sur la nature, et multiplier par 2 l’étendue des zones protégées de milieux humides.

Florence Denier-Pasquier, une des responsables de FNE (France Nature Environnement), se réjouit de cette orientation qui vise à « mettre la sobriété au cœur de la politique », mais note des « déceptions et des oublis complets » sur le mode de financement de la politique de l’eau ou la représentation cartographique des cours d’eau.

Les industriels considèrent que les objectifs sont trop ambitieux

L’UIE (Union des industries et entreprises de l’eau et de l’environnement) indique que certains dossiers n’ont pas abouti à des « solutions opérationnelles », tel que les sujets des micropolluants ou du réemploi des eaux de pluie, pour lequel les objectifs « restent très peu ambitieux ».

Les assises de l’eau avaient insisté sur la question de la rénovation des réseaux d’eau potable dans le but de faire diminuer les pertes qui atteignaient le chiffre record de 1 litre sur 5. Le gouvernement a annoncé un financement à hauteur de 2 milliards d’euros pour limiter les fuites.