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Les 4 lignes de métro parisien envisagées par la Société du Grand Paris désormais estimées à 35 milliards d'euros

Un récent rapport de la Cour des comptes dénonce l’explosion des couts du projet « Grand Paris Express », la mise en service de 4 lignes automatiques supplémentaires de métro parisien. Les travaux ont déjà commencé et devraient durer jusqu’en 2030. Avant de dévoiler un nouveau calendrier, un rapport vient d’être remis au Premier ministre sur le financement du projet. Qu’en est-il ?

Le cout du gigantesque projet de la construction de 4 lignes supplémentaires de métro qui relieront les différentes banlieues autour de Paris avait été estimé à 25 milliards d’euros en 2013. Ce chiffre est passé à 35 milliards en 2017. Pour proposer des solutions de financement pour la construction de ce projet colossal, le député LR Gilles Carrez vient de rendre son rapport au Premier ministre. Quelles sont les solutions envisagées ?

Les 4 lignes de métro parisien envisagées par la Société du Grand Paris désormais estimées à 35 milliards d’euros


« Des angles morts dans le financement » du Grand Paris Express

Dans son rapport rendu jeudi 6 septembre 2018 au Premier ministre Édouard Philippe, le député Gilles Carrez indique l’existence de « plusieurs angles morts dans le financement qui pourraient devenir des impasses » notamment les couts d’exploitation et d’infrastructures des gares qui pourraient gravement alourdir la facture du Grand Paris Express. Selon lui, « le modèle économique » des gares ainsi que leur cout d’exploitation et de maintenance n’auraient pas été « précisément anticipés ».

De quoi se poser la question du financement du projet dont le cout a bondi de 10 milliards d’euros entre 2013 et 2017.

M. Carrez indique qu’il faudra donc trouver des « recettes supplémentaires estimées entre 200 et 250 millions d’euros par an », et ce dès l’année prochaine pour garantir la pérennité du projet. Il souhaite pour cela privilégier un financement régional plutôt que national.

Un péage et des taxes supplémentaires envisagés pour le financement de la Société du Grand Paris

Une des pistes évoquées dans le rapport du député LR est « la mise en place d’un péage urbain, au niveau de l’agglomération parisienne ou sur une base régionale plus large » qui pourrait être installé « à moyen terme, lorsque les lignes du Grand Paris Express seront mises en service (entre 2024 et 2030) » indique-t-il dans son rapport, sans toutefois donner de détails.

Une hausse de la taxe de séjour dans les communes de la région Ile de France pour les visiteurs est également envisagée pour aider au financement de ce grand chantier et pourrait rapporter 30 millions d’euros, ainsi que l’augmentation probable des taxes déjà existantes sur les « surfaces de bureaux » et la « taxe spéciale d’équipement » qui inquiète d’ores et déjà le Medef.

« On peut jouer sur les curseurs, mais je ne vois pas comment on évitera de recourir à ces trois taxes, qui ont l’avantage d’être régionales et de ne pas affecter l’ensemble des contribuables », plaide M. Carrez.

Dans tous les cas, le rapporteur invite à plus de transparence sur les couts et les délais et propose également de « créer dans la loi un plafond d’emprunt de 35 milliards d’euros pour la SGP » afin d’éviter une dette qui deviendrait un puits sans fond.

Le Medef s’inquiète d’une « salve de nouvelles taxes »

Dans un communiqué paru le jour même de la remise de ce rapport, le Medef indique que « la proposition de loi Gilles Carrez semble préparer une révision à la hausse des taxes pour obtenir 250 millions d’euros supplémentaires » et que ce sera « une mesure qui impactera et pénalisera fortement les entreprises parisiennes qui contribuent déjà au financement des transports en Île-de-France ».

« La Société du Grand Paris perçoit actuellement 500 millions d’euros par an issus principalement de trois taxes payées par les entreprises d’Île-de-France : la taxe sur les bureaux et les locaux commerciaux, la taxe spéciale d’équipement et l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau », précise le Medef.