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Les poissons panés, que contiennent-ils vraiment ?

L’association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) passe au crible 42 références de poissons panés du rayon surgelé et du rayon frais. Que contiennent-ils vraiment en termes de quantité de poisson et de qualité ?
Sommaire

L’offre de produits panés à base de poisson en grande surface est extrêmement importante. Sur le nombre de références proposées, l’association de consommateurs CLCV a noté une présence beaucoup trop élevée en additifs, en sucre et une quantité de poisson parfois tellement faible que l’appellation « poisson pané » ne parait pas légitime. Un point sur cette enquête.

Les poissons panés, que contiennent-ils vraiment ?


1 produit sur 3 détient un pourcentage de poisson strictement inférieur à 65 %

L’enquête de la CLCV a eu lieu fin 2018 et s’est portée sur 42 références de produits panés contenant du poisson (croquettes, filets panés, nuggets de poisson…) issu du rayon frais ou du rayon surgelé de 8 enseignes (Carrefour, Intermarché, Franprix, Lidl, Monoprix, Auchan, Casino et Picard).

Pour chaque produit, l’association a relevé la quantité de poisson utilisée dans le produit fini en pourcentage (qui est systématiquement inscrite sur l’emballage), a évalué la qualité nutritionnelle du produit sur la base du Nutriscore, a relevé les ingrédients utilisés autres que du poisson, puis les additifs et arômes présents dans la recette.

1 produit sur 3 contient moins de 65 % de poisson, le reste étant la « panure ». 11 produits, soit 25 % de l’échantillon contiennent entre 70 % et 80 % de poisson.

Parmi les produits contenant le moins de poisson pour 100 g de produit fini, on note les Croquettes de poisson ail et fines herbes de Findus (45), les Croquettes de poisson ail et fines herbes Odyssée (47 g) et le Colin d’Alaska façon fish and chips Findus (48,9 g).

À l’inverse, les produits qui en contiennent le plus sont : les Filets de colin d’Alaska meunière Odyssée (80 g), les Filets de merlu blanc du cap meunière Lidl (75 g), le Filet de limande du Nord meunière Cité marine (72 g), les Filets de limande du nord meunière Monoprix (72 g), et les Filets de limande du nord meunière Lidl (72 g).

Les produits ciblant les enfants sont de moins bonne qualité nutritionnelle

En ce qui concerne la quantité de poisson dans les produits que les industriels destinent aux enfants, on peut voir qu’elle est généralement moindre comparée à celle des produits non spécifiques.

Parmi ces références « pour enfants », celles qui contiennent le moins de poisson sont : le Croque baby fromage de Cité marine (35 g) et Les Petits trésors de Croustibat Findus (48,5 g).

Parmi les références qui en contiennent le plus on trouve : les 15 bâtonnets de colin d’Alaska de Odyssée les p’tits Prods (65 g), les 15 bâtonnets de colin d’Alaska de Leader Price, les Bâtonnets de colin d’Alaska de Rik&Rok Auchan (65 g), Les bâtonnets de colin d’Alaska des Doogingues Casino (65 g) et les Bâtonnets de colin d’Alaska de Ocean Sea (65 g).

En ce qui concerne la qualité nutritionnelle du produit fini, la CLCV indique que « les poissons panés pour enfants sont toujours plus salés, plus gras et contiennent moins de protéines que les produits indifférenciés ».

Trop d’additifs dans la plupart des produits

« Le poisson pané est a priori du poisson enrobé dans une chapelure ou une pâte à beignets. La liste d’ingrédients ne devrait donc pas être très longue… Pourtant on trouve des listes conséquentes au sein de notre échantillon », a révélé l’association.

98 % des produits ont des ingrédients ajoutés pour la texture : des farines (blé, riz, maïs, graines de caroube…), des amidons, du gluten de blé, des semoules ou fécules (manioc, pomme de terre).

Mais le plus inquiétant c’est la présence de nombreux additifs dans la plupart des références. Une seule marque, Les bâtonnets de colin d’Alaska de la marque Odyssée les p’tits producteurs, contient uniquement du poisson, de la farine de blé, de l’eau, de l’huile de colza, du sel et des épices. 18 produits sont également sans additif, sans sucre ajouté et sans arôme.

Parmi les additifs présents dans les ingrédients, certains ont une fonction texturante, d’autres colorante ou sont utilisés pour réguler l’acidité du produit. L’association met en garde le consommateur et recommande d’éviter les amidons modifiés du type carraghénanes qui pourraient être dangereux pour la santé, ou les amidons modifiés contenant de l’aluminium ou du phosphate. Selon elle, le E471 devrait aussi être évité, car il « est suspecté de perturber la flore intestinale et de jouer un rôle dans l’inflammation de l’intestin » ainsi que les phosphates E339, E452, qui sont également controversés et pourraient être la cause de certains problèmes cardiovasculaires.

21 % des produits contiennent des arômes, 38 % des sucres ajoutés (sucre, dextrose, maltodextrine).



Comment choisir des produits de meilleure qualité ?

On ne le répètera jamais assez, les consommateurs désireux de manger plus sain doivent éviter au maximum les produits transformés, et s’ils font le choix d’en acheter, privilégier les produits qui ont les listes d’ingrédients les plus courtes et les plus compréhensibles.

D’autre part, comme le montrent les conclusions de l’enquête de l’association de consommateurs, les produits qui ciblent les enfants à grand renfort de marketing ne sont pas les plus qualitatifs.

Pour les consommateurs soucieux de l’impact environnemental des produits qu’ils consomment, la CLCV indique que « l’origine géographique du poisson est inconnue dans deux tiers des produits étudiés et près de 90 % des panés n’indiquent pas la méthode de pêche ».

Le rapport complet de l’enquête menée par la CLCV sur les produits panés est consultable en ligne.