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Les prix des billets de train n'augmenteront pas pour payer la dette de la SNCF

Pour reprendre la dette colossale de la compagnie ferroviaire estimée à plus de 46 milliards d’euros, l’État n’augmentera ni les impôts ni les prix des billets de train, a promis la ministre des Transports, Élisabeth Borne.
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Les prix des billets de train n’augmenteront pas pour les usagers de la SNCF malgré la reprise d’une partie de la dette de l’entreprise publique par l’État, a assuré le 27 avril dernier la ministre des Transports. La SNCF a également annoncé que ses clients abonnés des TER en avril verraient le prix de leur abonnement réduit de moitié en juin pour compenser les perturbations occasionnées par la grève des cheminots.

Les prix des billets de train n’augmenteront pas pour payer la dette de la SNCF



L’État s’engage à reprendre une partie substantielle de la dette de la SNCF

L’État s’est engagé à reprendre progressivement et à partir du 1er janvier 2020, une partie « substantielle » de la dette SNCF Réseau, dont le montant atteignait 46,6 milliards d’euros fin 2017. Celle-ci continuera de s’alourdir dans le cadre de la réforme de la société publique contestée par les syndicats et avec la naissance de la future version de la SNCF qui doit devenir une société anonyme à capitaux publics.

« Il y a des besoins d’infrastructures pour répondre aux besoins de déplacement des Français au quotidien. (...) On va réfléchir au sein du gouvernement aux économies qu’on peut faire parce qu’on fait un choix très clair en faveur du transport ferroviaire », a encore dit Elisabeth Borne.

Pas d’augmentation des prix des billets de train

La reprise d’une partie de la dette publique de la SNCF par l’État n’entrainera pas de hausse des prix des billets, selon Elisabeth Borne. « La dette va être en partie reprise par l’État, sans augmenter les impôts […] et sans augmenter les prix des billets, donc ça veut dire qu’il faudra faire des économies ailleurs », a-t-elle poursuivi.

De son côté, la compagnie ferroviaire a récemment annoncé que ses clients abonnés des TER paieraient leur abonnement à moitié prix en juin afin de compenser les perturbations liées à la grève des cheminots. Les abonnés concernés devront simplement fournir leur abonnement d’avril ou un justificatif au moment où ils achèteront celui du mois de juin.

Les usagers non abonnés qui prennent le TER tous les jours pourront quant à eux utiliser les billets émis en avril pendant 10 jours. En cas de non-utilisation, ceux-ci sont remboursables sans frais pendant 61 jours. Les modalités de remboursement prévues pour les abonnés d’Île-de-France seront discutées le 17 mai lors d’une réunion avec Île-de-France Mobilités, le nom public du Syndicat des transports d’Île-de-France, et les associations d’usagers concernées.

Enfin, les abonnés de TGV pourront bénéficier d’une réduction de 30 % sur leur abonnement de mai (abonnements annuels) ou en bons d’achat (abonnements mensuels) si moins d’un train sur trois a circulé sur leur ligne habituelle pendant les jours de grève, entre le 22 mars et le 19 avril. Il en sera de même si moins d’un train sur trois circule du 20 avril au 20 mai. Les abonnés TGV Max ne paieront rien en avril.

Des gestes commerciaux insuffisants selon les associations

Les associations considèrent que les concessions faites aux usagers par l’entreprise publique ne sont pas suffisantes. « C’est du saupoudrage, une mesure qui ne satisfait personne », a estimé l’initiateur d’une pétition demandant le remboursement des abonnements SNCF pendant les jours de grève.

La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) réclame un remboursement d’au moins 60 % du montant des abonnements TGV, Intercités et TER « à valoir sur l’abonnement suivant, pour l’ensemble de la période de grève ».

Il faut rappeler que sur les grandes lignes, la SNCF n’est pas tenue légalement à des gestes commerciaux. La situation se complique pour les trains régionaux. En effet, chaque région a signé une convention avec la SNCF, avec des « dispositions complètement différentes d’une région à l’autre », selon le président de la FNAUT Bruno Gazeau. Cela contraint les associations à négocier les dédommagements au cas par cas. Reste à avoir si celles-ci obtiendront gain de cause.