Deux filières (agriculture biologique et commerce équitable) avec des façons de voir les choses un peu différentes à la base, le commerce équitable qui privilégie les relations commerciales justes et le bio qui protège la nature et la santé des consommateurs se rapprochent de plus en plus de la demande des consommateurs. Qu’en est-il ?

Les produits bio issus de plus en plus de filières de commerce équitable et inversement


Le syndicat des professionnels du Commerce Équitable a récemment indiqué que les ventes de produits issus de ces filières respectueuses des petits producteurs avaient dépassé le milliard d’euros en 2017. Par ailleurs, les ventes de produits doublement labellisés « commerce équitable » et « bio » sont également en hausse.

Les produits bio issus de plus en plus de filières de commerce équitable et inversement

« Commerce équitable » et « bio » sont deux choses distinctes

Le consommateur confond parfois ces deux labels qui ont des significations bien différentes.

Le commerce équitable consiste à privilégier des relations justes avec les agriculteurs et producteurs, notamment dans les pays défavorisés, pour leur permettre de sortir de la pauvreté tout en développant des pratiques de plus en plus respectueuses de l’environnement. Par exemple, pour obtenir le célèbre label commerce équitable Max Havelaar, les producteurs ne sont pas obligés de se convertir à l’agriculture biologique dès le début de leur collaboration, mais sont incités à le faire progressivement. « Ils doivent prendre soin de leurs ressources naturelles : eau, sols, milieux sensibles, gestion des déchets. Les pesticides dangereux et les OGM sont interdits » précise l’organisation.

L’agriculture biologique, quant à elle, indique que les fruits et légumes sont cultivés sans recourir à l’utilisation de pesticides ou d’engrais chimiques. Elle ne garantit pas aux producteurs systématiquement des relations commerciales justes.

Une philosophie foncièrement tournée vers l’humain

Toutefois, un rapprochement entre les deux filières, commerce équitable et bio n’est pas étonnant, car, fondamentalement, leurs philosophies ne s’opposent pas, au contraire, elles privilégient toutes deux le respect des humains et de la nature.

Une approche plébiscitée par les consommateurs, comme l’explique Julie Stroll, déléguée de Commerce Équitable France. « Quand des produits ont la double labellisation, leur taux de croissance est en général plus important », remarque-t-elle. « Les consommateurs sont de plus en plus exigeants sur une demande de responsabilité sociétale. Ils ne veulent pas choisir entre « bon pour la planète » et « bon pour les producteurs ». Ceci explique donc que la corrélation entre bio et équitable soit de plus en plus importante. « 81 % des produits arboraient la double étiquette en 2017, contre 74 % en 2016 ».

La situation de la France

46 % seulement des produits équitables sont aussi biologiques en France. Mais la convergence des deux est aussi en augmentation : « Les filières les plus anciennes, les pionniers du bio, se sont dits « si on veut continuer à croître, on a besoin de sécuriser nos approvisionnements et on a besoin de développer des relations équitables avec nos fournisseurs », explique Mme Stoll. Ce n’est que depuis la loi Hamon de juillet 2014 que le commerce équitable a véritablement fait son apparition en France. En 4 ans, la filière s’est développée mais n’en est encore qu’à ses débuts.

Les labels « commerce équitable » déjà existants sont pour l’instant principalement tournés vers l’international et les pays émergents d’où sont issus nombre des produits exotiques que l’on importe en France (cacao, café, bananes...). Notons cependant que certaines entreprises françaises ont déjà mis en place des chartes et des systèmes de régulation pour garantir l’équité producteur-vendeur.

 




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