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Le certifié « bio » est-il plus sain ?

Selon l’Agence Bio, 5 % des achats alimentaires des Français sont désormais constitués de produits « bio », ce qui représente un marché de 10 milliards d’euros. Cependant, le « bio » est-il toujours un gage de qualité ? Celui qui consomme « bio » mange-t-il toujours plus sain ? Le point dans cet article.
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Les consommateurs qui choisissent le « bio » sont souvent motivés par un désir de manger plus sain, plus éthique, et sont à la recherche de produits de meilleure qualité nutritionnelle et contenant le moins possible de produits chimiques. Dans un hors-série, 60 millions de consommateurs a passé au crible 130 produits labellisés bio et révèle des faits qui dérangent.

Le certifié « bio » est-il plus sain ?


Acheter « bio » ne signifie pas nécessairement acheter « responsable »

130 produits ont été analysés par l’association 60 millions de consommateurs. La rédactrice adjointe, Christelle Pangrazzi, note que le « bio » est devenu un «argument marketing de poids ». Cela permet de vendre les produits beaucoup plus cher, mais en termes de qualité, le label « bio » est « loin d’être sans faille ».

Pour commencer, le consommateur doit être conscient de la distinction qui existe entre « bio » et « éthique » ou « responsable ». Même si on aimerait que les deux aillent systématiquement ensemble, ce n’est pas toujours le cas. Christelle Pangrazzi cite notamment le cas de l’huile de palme, qui continue à être utilisée dans des produits bio malgré son impact dramatique sur la déforestation, ou l’exploitation de travailleurs immigrés par certaines entreprises.

« En optant pour le bio, le consommateur devrait avoir la garantie d’acheter responsable d’un point de vue aussi bien nutritionnel qu’écologique ou éthique », plaide la directrice. Mais on en est encore loin.

Manger « bio » ne signifie pas nécessairement manger « plus sain »

Un consommateur non averti peut avoir l’impression que les produits bio sont nécessairement plus sains. En théorie, ils contiennent beaucoup moins de pesticides ou d’additifs. Mais lorsqu’il s’agit de la qualité nutritionnelle ou de l’apport calorique, « gâteaux, pâtes à tartiner ou plats préparés bio renferment tout autant de sucres, de gras et de sel que des produits non bio », précise 60 millions de consommateurs.

Autre fait inquiétant et indétectable pour le consommateur, parmi les 130 produits analysés par l’association, certaines références d’œufs et de laits bio contiennent plus de polluants que leurs concurrents issus de l’élevage conventionnel. Des huiles d’olive bio, souvent produites en Tunisie, sont aussi bourrées de plastifiants (phtalates), beaucoup plus que des produits non certifiés. En ce qui concerne les chips, les marques bio (notamment les chips de légumes) contiennent des doses importantes d’acrylamide. Et des nitrites de sodium, des conservateurs cancérogènes, sont souvent présents dans la charcuterie bio.

La pollution de l’air et des sols impacte l’agriculture biologique

Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, certains œufs ou laits bio contiennent plus de produits chimiques parce que les animaux passent plus de temps en extérieur. Ils sont donc plus exposés à la pollution de l’air ou des sols.

« Rien n’interdit à l’agriculteur (bio) de s’installer sur un sol contaminé ou à proximité d’une source de pollution (dioxines, PCB) », rappelle le magazine.

La FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique) n’a pas démenti : « Alors que le label bio impose aux paysans et paysannes des exigences fortes de production, leurs animaux, leurs fruits, leurs légumes sont exposés à la pollution qui nous entoure, plus que des animaux élevés en batterie ou des fruits et légumes hors-sol ».

Cependant, le président de la fédération, Guillaume Riou estime que « ce n’est pas aux paysans et paysannes biologiques de faire les frais de la pollution générée par d’autres, le principe pollueur-payeur doit s’appliquer ». « La lutte contre la pollution de l’air, des sols et de l’eau doit devenir une priorité du gouvernement pour nous assurer à tous un environnement sain et durable », a-t-il ajouté.