Passées À venir

Les start-up françaises se multiplient, mais peine à décoller à l'international

Le nombre de start-up en France ne cesse de progresser. En revanche, les jeunes pousses peinent encore à se développer à l’international. Voici quelles en sont les raisons.
Sommaire

VivaTech, le salon des start-up qui s’est tenu à Paris du 16 au 18 mai, fut un beau succès. Plus de 124 000 visiteurs ont été accueillis. Cet évènement marque le dynamisme des jeunes pousses au sein de l’hexagone, dont de nombreux indicateurs sont positifs. Ces structures peinent malgré tout à devenir des géants internationaux. Qu’en est-il ?

Les start-up françaises se multiplient, mais peine à décoller à l’international


Une grande attractivité technologique

D’après un baromètre EY du capital risque, l’an passé, les start-up françaises ont reçu 3,6 milliards d’euros d’investissement. Elles se positionnent donc juste derrière les structures allemandes qui ont levé 4,4 milliards d’euros et les entreprises britanniques qui ont, quant à elles, réussi à réunir 7,4 milliards d’euros de capital risque.

Selon bon nombre d’experts, les jeunes pousses françaises bénéficient d’une forte attractivité technologique. En effet, elles « sont souvent marquées par un très bon niveau de maturité technologique », explique Antoine Bascheira, responsable d’Early Metrics, une agence de notation.

Généralement, ce sont des « sociétés relativement avancées, avec des produits stables assez tôt dans leur histoire, avec un bon niveau d’innovation, sur beaucoup de secteurs d’activité », précise-t-il. Par ailleurs, « les ponts entre la recherche publique et les start-up fonctionnent plutôt bien », fait-il remarquer.

Une bonne image à l’international

En matière de technologie, la France possède une image « de prestige, de qualité ». Elle est dotée d’ingénieurs réputés dans l’industrie nucléaire, l’espace, ou les télécommunications, avance David Gurlé, directeur de Symphony, une entreprise qui vend un système de messagerie cryptée dédié aux professionnels. Cette structure de 300 salariés fondée en Californie a décidé d’installer l’un de ses centres dédiés à la recherche et au développement à Sophia Antipolis sur la Côte d’Azur. Près de 30 personnes y sont actuellement salariées.

Un environnement favorable pour le développement des start-up

L’État français encourage la création des start-up et leur donne les moyens de se développer. En effet, « Pôle Emploi permet à beaucoup d’entrepreneurs de se lancer tout en ayant des indemnités s’ils ont travaillé avant », explique Antoine Bascheira. Parallèlement, les régions proposent aussi des dispositifs de soutien à ces jeunes sociétés.

La banque publique d’investissement, Bpifrance, joue un rôle essentiel, notamment pour le versement des premiers fonds. En 2018, elle a réalisé 328 millions d’euros d’investissement. Il s’agit du premier « investisseur direct dans les start-up ». Bpifrance participe également au financement des fonds d’investissement qui vont eux aussi contribuer à financer d’autres entreprises. En 2018, elle leur a reversé près de 1 milliard d’euros.



Des sociétés qui ont cependant du mal à grandir

Lors des levées de fonds, la France parvient généralement à réunir les sommes nécessaires. Néanmoins, le montant des opérations est moins important qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni par exemple.

« Sur les trois piliers des talents, du financement, et des partenaires (grands groupes puissants), la France est un marché assez complet ». Et ces éléments ne poussent pas les start-up à se développer à l’international les premières années de leur existence, affirme Antoine Bascheira.

Pour David Gurlé, « la France a parfois une conception trop conservatrice des affaires pour réussir dans le numérique ». « C’est parfois mal vu de dire à une start-up ne t’occupe pas de rentabilité, occupe-toi de ta croissance » alors qu’« il y a des phases de croissance massive qui requièrent des capitaux bien au-delà des conditions d’équilibre financier », regrette-t-il.