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L'UFC Que Choisir dénonce les tarifs pratiqués sur les transferts d'argent internationaux

L’association de consommateurs UFC Que Choisir dénonce les frais exorbitants sur les transferts d’argent vers l’étranger appliqués en France et attaque en justice 2 prestataires pour pratiques trompeuses. Qu’en est-il ?
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Après avoir dénoncé les pratiques abusives des banques en matière de frais bancaires il y a quelques mois, et ayant obtenu de la part des autorités des avancées sur le sujet pour une meilleure régulation des pratiques des établissements bancaires, l’UFC Que Choisir s’en prend désormais aux frais appliqués sur les transferts d’argent internationaux. Manque de transparence, frais cachés sur les taux de change, etc. Que dénonce l’association ?

L’UFC Que Choisir dénonce les tarifs pratiqués sur les transferts d’argent internationaux


La France est le pays européen où les transferts d’argent à l’étranger coutent le plus cher

Chaque année, beaucoup d’argent est envoyé de France vers des pays étrangers. En 2017, 19 milliards d’euros ont été transférés vers des particuliers en dehors du territoire national. L’UFC Que Choisir dénonce les tarifs très élevés pratiqués en France, que ce soit sur les virements bancaires internationaux qui coutent en moyenne 10 % plus chers que dans les autres pays européens, ou par les prestataires spécialisés en transfert d’argent comme MoneyGram, Western Union ou Ria dont les tarifs nationaux sont jusqu’à 14 % plus élevés que chez nos voisins !

Le cout d’un transfert d’argent à l’étranger dépend du pays de destination. Par exemple, sur 5 des 8 principaux pays où l’argent est envoyé — Maroc, Algérie, Vietnam, Sénégal, Inde — depuis la France, notre pays arrive en tête de liste des transferts d’argent les plus couteux d’Europe.

Lorsque l’on fait une moyenne des tarifs pratiqués en Europe, un virement de France vers le Maroc coute en moyenne 16 % plus cher que lorsqu’il est lancé d’un autre pays de la zone euro, ce chiffre monte à 25 % d’écart en moyenne lorsqu’il s’agit d’envoyer de l’argent de France vers le Vietnam.

Des frais cachés prélevés sur les taux de change

L’étude de l’UFC Que Choisir permet de mettre en lumière les frais prélevés sur les taux de change de sociétés spécialisées comme MoneyGram ou Western Union. « Si elles sont transparentes sur les frais à l’acte, ni Western Union ni MoneyGram n’informent lisiblement leurs clients de la perception de frais sur le change. Ils représentent pourtant plus d’un quart du cout de l’ensemble des transactions (26 %) ». Rien que sur l’année 2017, 110 millions d’euros ont été perçus grâce aux frais appliqués sur les taux de change.

Autre facteur d’étonnement de la part de l’association de consommateur, le tarif des transactions qui ne diminue pas en fonction des volumes en France. En général, plus il y a d’argent qui circule entre 2 pays - c’est-à-dire plus le volume des transactions est élevé - plus les tarifs appliqués sur les transactions sont avantageux.

Mais bizarrement, en France ce n’est pas le cas, ce serait même plutôt le contraire. L’UFC Que Choisir explique qu’en volume de transferts d’argent l’Algérie est le 2e pays vers lequel les résidents français envoient de l’argent. Pour autant, « les tarifs sont 64 % plus chers que la moyenne des frais de transferts depuis la France », peut-on lire sur leur site internet.

Un partenariat entre La Poste et Western Union qui coute cher aux clients

Dernière pratique douteuse dénoncée, le partenariat Western Union — La Poste qui se fait au désavantage du client. La Poste possède son propre service de transfert bancaire à tarif réduit. Pourtant, beaucoup de transactions sont effectuées via le prestataire Western Union qui coute beaucoup plus cher à l’envoyeur lorsqu’il est effectué via La Poste.

Selon l’UFC, « un transfert vers la Chine est facturé 26,70 €, un niveau 33 % supérieur à la moyenne du marché et même 125 % plus élevé que cette même prestation réalisée directement auprès de Western Union ».

Elle critique par ailleurs la disparité des tarifs en fonction des montants envoyés. « Pour un transfert d’un montant de 100 €, la prestation coute 10 % du montant envoyé et jusque 25 % pour une opération de 20 € ».

Elle rappelle aussi que La Banque Postale reçoit tous les ans 220 millions d’euros d’aides publiques pour justement assurer une mission de service public en favorisant l’inclusion bancaire des personnes en situation de précarité et questionne ce genre de pratiques commerciales abusives.

C’est notamment pour ces raisons que l’association de consommateur a déposé plainte contre Western Union et MoneyGram pour pratiques commerciales trompeuses. Elle demande également à l’État « de créer les conditions d’une concurrence salutaire » qui entrainerait sûrement une baisse globale des tarifs pratiqués.