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Vacances d'été et secteur du tourisme : ce qu'il faut retenir des annonces d'Édouard Philippe

Si le déconfinement a permis quelques libertés, le secteur du tourisme reste encore à l’arrêt. Que faut-il retenir des annonces d’Édouard Philippe ? Qu’en est-il des vacances d’été ? Faisons le point.
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Les entreprises françaises, comme celles du monde entier, souffrent actuellement de la crise liée au Covid-19. Cependant, l’hôtellerie et la restauration sont les deux secteurs d’activité les plus impactés. En dépit du déconfinement, ces structures n’ont pu reprendre une activité normale. Un manque à gagner que le gouvernement tente de résorber via un plan de relance du tourisme. Quelles sont les mesures annoncées par Édouard Philippe ? Les Français pourront-ils partir en vacances cet été ? Voici tout ce qu’il faut savoir.

Vacances d’été et secteur du tourisme : ce qu’il faut retenir des annonces d’Édouard Philippe


Un déconfinement progressif

Pour les professionnels du tourisme et les restaurateurs, l’heure du déconfinement n’est pas encore venue. Ce sont près de 2 millions d’employés du secteur de l’hôtellerie et de la restauration, tous ou presque bénéficiaires du chômage partiel, qui sont encore aujourd’hui dans l’incertitude la plus totale.

Ce secteur représente environ 8 % de la richesse du pays et selon le Premier ministre, « son sauvetage est donc une priorité nationale ». C’est après un comité interministériel qui s’est tenu le 14 mai que le gouvernement a annoncé les grandes lignes d’un retour d’activité pour ce secteur.

18 milliards d’euros débloqués

Le Premier ministre s’est engagé auprès des hôteliers, restaurateurs et autres professions liées au tourisme. Un plan de 18 milliards d’euros a été développé pour soutenir le tourisme, en plus des 6,2 milliards déjà débloqués depuis la mi-mars.

Face à la « pire épreuve de son histoire moderne », le secteur touristique montre de grandes difficultés. En ce sens, les entreprises bénéficieront d’un fonds de solidarité, au même titre que les cafés, restaurants, hôtels, les entreprises du sport, de l’événementiel et de la culture, jusqu’à fin septembre, même si ceux-ci réclamaient son extension jusqu’à la fin de l’année. Cette aide sera élargie aux entreprises ayant jusqu’à 20 salariés et qui génèrent 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle pourrait s’élever à 100 000 euros.

Contrairement aux attentes du collectif de restaurateurs mené par Olivier Bertrand, patron de Quick, Hippopotamus, Burger King, etc., le gouvernement n’a pas souhaité toucher au montant de la TVA en l’abaissant à 5,5 %.

L’octroi de prêts renforcés

50 000 entreprises du secteur ont pu bénéficier de prêts. Ce sont pas moins de 6,2 milliards qui ont été spécifiquement débloqués via un PGE (Prêt garanti par l’État). Un PGES (Prêt garanti État saison) va venir compléter ce PGE, mais sous des conditions plus favorables. En effet, le plafond pourra atteindre les 3 meilleurs mois de l’année précédente, contre 25 % du chiffre d’affaires comme cela est le cas actuellement.

Bpifrance va également quadrupler l’enveloppe allouée aux prêts tourisme. Celle-ci atteindra alors un milliard d’euros. De même, les banques vont proposer un report des mensualités de leurs prêts sur 12 mois à toutes les entreprises du secteur concernées, contre 6 mois actuellement.



Chômage partiel et exonération de charges

Tout le secteur du tourisme, de la restauration et de l’hôtellerie sera exonéré de charges sociales patronales depuis le mois de mars, et ce, jusqu’au mois de juin. Cette mesure perdurera au-delà, si les entreprises ne peuvent rouvrir.

Un « crédit de cotisation de 20 % des salaires versés depuis février sera accordé aux entreprises pour accompagner leur reprise ». Cela pourra concerner toutes les cotisations, comme l’a mentionné Édouard Philippe, pour un montant supérieur à 2 milliards d’euros d’aide.

Le chômage partiel sera également étendu pour les salariés du secteur jusqu’à fin septembre, voire jusqu’à la fin de l’année si la reprise d’activité se montre poussive.

Une possible réouverture des bars et restaurants le 2 juin

Depuis mi-mars, les bars et restaurants sont fermés. Certains établissements ont mis en place la vente à emporter comme solution intermédiaire, mais attendent de pouvoir accueillir à nouveau leur clientèle.

Édouard Philippe a envisagé une possible réouverture le 2 juin en zones vertes, dans le cas où l’épidémie ne se dégraderait pas. Cela impliquera le respect strict des mesures sanitaires recommandées par le Haut Conseil de santé publique.

Pour l’heure, cette échéance est purement hypothétique. Elle ne sera confirmée ou infirmée qu’au cours de la semaine du 25 mai, en fonction du maintien de l’épidémie et de l’aptitude des établissements concernés à appliquer les protocoles sanitaires en vigueur.

Le plafond journalier des tickets restaurant sera doublé

Afin d’encourager les consommateurs à retourner manger au restaurant, le plafond journalier des tickets restaurant passera à 38 euros, contre 19 euros actuellement. Cela vise à réinjecter ces titres dans l’économie du pays, alors qu’ils n’ont pas été utilisés durant 2 mois.

De plus, il sera dorénavant possible de les utiliser les week-ends et les jours fériés, ce qui n’est normalement pas autorisé en temps normal. Cette mesure sera mise en place dès la réouverture des restaurants et sera prolongée jusqu’à la fin de l’année 2020.

Bon à savoir : le gouvernement avait annoncé le 23 avril dernier que le plafond des tickets restaurant pour faire ses courses passerait à 95 € par semaine. Or, cette mesure « ne semble plus nécessaire » et a donc été abandonnée, a précisé le ministère du Travail à France Info.

Les Français pourront partir en vacances sous certaines conditions

Cet été, les Français auront le droit de partir en vacances en métropole ou dans les départements d’outre-mer durant les mois de juillet et d’août. C’est du moins ce qu’a annoncé Édouard Philippe, tout en restant prudent. Cependant, des restrictions localisées pourront être mises en place. Celles-ci seront énoncées dans les prochaines semaines, en fonction de l’évolution de l’épidémie.

Il est désormais possible de réserver un logement pour les vacances. Le Premier ministre informe que les acteurs du tourisme joueront le jeu en s’engagent à annuler et rembourser les vacanciers dans le cas où l’épidémie reprendrait de la vigueur. Cela, notamment, si le gouvernement venait à prendre de nouvelles mesures plus restrictives, comme l’interdiction des départs en vacances.