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Comment percevoir le chômage pour un intermittent du spectacle ?

Comment toucher le chômage pour un intermittent du spectacle ? Quelles conditions les intermittents doivent-ils respecter pour obtenir les allocations d'inactivité ?
Sommaire

Le régime de l’intermittence du spectacle est l’un des plus spécifiques du droit social. Entre périodes de contrats, tournées, répétitions et temps creux, les artistes et techniciens du secteur culturel bénéficient d’un dispositif d’indemnisation chômage adapté à la réalité de leur métier. Mais comment fonctionne-t-il concrètement ? Qui peut en bénéficier, comment s’inscrire, et combien peut-on toucher ? Voici un guide complet pour y voir clair.

Comment percevoir le chômage pour un intermittent du spectacle ?



Qu’est-ce que le régime intermittent du spectacle ?

Contrairement à une idée reçue fréquente, l’intermittence n’est ni un statut juridique ni une profession : c’est un régime spécifique d’assurance chômage. Ce régime est destiné aux professionnels du spectacle qui alternent périodes de travail et d’inactivité.

Un intermittent du spectacle est un artiste ou technicien professionnel qui travaille pour des entreprises du spectacle vivant, du cinéma et de l’audiovisuel, et qui bénéficie, suivant des critères de nombre d’heures travaillées, d’allocations chômage.

Ce régime repose sur deux annexes au règlement général de l’assurance chômage :

  • L’annexe 8 concerne les ouvriers et techniciens du spectacle, et l’annexe 10 s’applique aux artistes.

Qui peut bénéficier du chômage intermittent ?

Les métiers concernés

Le statut de technicien et ouvrier du spectacle s’applique aux personnes engagées en CDD dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, de l’édition phonographique, de la radio, de la télédiffusion, du spectacle vivant, de la prestation technique au service de la création et de l’événement, des espaces de loisirs, d’attractions et culturels, ainsi que de la production de films d’animation.

Du côté des artistes, sont concernés notamment les artistes lyriques, dramatiques, chorégraphiques, de variétés, les musiciens, chansonniers, chefs d’orchestre, metteurs en scène, réalisateurs, chorégraphes, artistes de cirque et marionnettistes.




La condition principale : les 507 heures

C’est le seuil clé de tout le dispositif. Pour bénéficier d’une indemnisation par l’Assurance chômage, les intermittents du spectacle doivent justifier d’au moins 507 heures de travail dans les métiers du spectacle durant les 12 mois précédant leur dernière fin de contrat.

Tous les ans, ces heures doivent être renouvelées sous peine de perdre les droits au chômage. Tous les intermittents ne sont donc pas indemnisés.

La clause de rattrapage

Pour ceux qui n’atteignent pas tout à fait ce seuil, il existe un filet de sécurité. Les intermittents ayant cumulé entre 338 et 506 heures sur 12 mois, sans pouvoir ouvrir de droits au régime général, peuvent bénéficier d’une indemnisation temporaire de 6 mois. Cette mesure vise à leur permettre de compléter les heures manquantes pour atteindre les 507 heures requises.

Comment s’inscrire et ouvrir ses droits ?

La première étape est l’inscription auprès de France Travail. Vous pouvez effectuer votre inscription en ligne ou directement via l’agence France Travail la plus proche de chez vous. Les documents à fournir incluent notamment votre pièce d’identité, votre carte vitale et vos Attestations Employeurs Mensuelles (AEM).

Il est important de noter que vous ne devez pas être sous contrat de travail au moment de la déclaration pour bénéficier du régime.

Quelle est la durée d’indemnisation ?

La durée de versement dépend directement de votre ancienneté dans le régime intermittent. Plus vous avez cotisé longtemps, plus la couverture est étendue : jusqu’à 61 jours pour moins de 5 ans d'ancienneté, 92 jours entre 5 et 10 ans, et 182 jours au-delà de 10 ans.

FAQ : percevoir le chômage en tant qu’intermittent du spectacle

L’intermittent du spectacle est-il vraiment un « statut » ?

Non, et c’est une confusion très répandue. L’intermittent du spectacle n’est pas un statut ou un métier : c’est un régime particulier d’assurance chômage. Contrairement à l’auto-entrepreneur par exemple, l’intermittent reste un salarié à part entière, simplement soumis à des règles d’indemnisation spécifiques.

Quelles heures sont prises en compte pour les 507 heures ?

Seules certaines heures sont comptabilisées dans le calcul de l’ouverture ou du renouvellement des droits. Il s’agit principalement des heures réellement effectuées dans le cadre d’un contrat en tant qu’intermittent, mais certaines heures peuvent aussi être dites « assimilées ». Il est conseillé de vérifier l’éligibilité de chaque heure directement auprès de France Travail.

Que se passe-t-il si je n’atteins pas les 507 heures ?

Tout n’est pas perdu. Les intermittents ayant cumulé entre 338 et 506 heures sur 12 mois peuvent bénéficier d’une indemnisation temporaire de 6 mois grâce à la clause de rattrapage, le temps de compléter les heures manquantes. En dessous de ce seuil, en revanche, aucun droit au régime intermittent ne peut être ouvert.

 

Rédacteur

Après un cursus dans l'édition, je me suis tournée vers la rédaction par passion. Puis l'envie d'informer et de décrypter l'actualité est venue naturellement. Avec un clavier, toujours entre les mains, j'espère réussir à accompagner du mieux possible les citoyens dans la réalisation de leurs démarches administratives.