Accompagnants scolaires en attente de salaire : des solutions envisagées fin novembre
Si au mois de septembre dernier, le ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal rappelait le rôle indispensable des accompagnants scolaires, les AESH et assistants de langue qui exercent à Paris n’en sont pas moins lésés. En effet, depuis la rentrée scolaire, 162 travailleurs sont encore en attente de salaire. Voici comment ces revenus modestes s’organisent pour tenir malgré l’inflation ainsi que les solutions envisagées par le rectorat pour rémunérer ces salariés d’ici fin novembre.
Des AESH et assistants de langue lésés depuis la rentrée scolaire
Pour offrir aux élèves parisiens en situation de handicap un accompagnement adapté à leurs difficultés, des AESH ont été recrutés par l’Éducation nationale, tandis que bon nombre d’assistants de langue, venus de Russie, d’Inde, du Kenya ou même d’Israël, ont quitté leur pays natal pour enseigner au sein d’écoles et collèges français. Si pour ces derniers, l’idée d’intégrer un poste au service du gouvernement était synonyme de sécurité financière, la réalité est toute autre.
Depuis le mois de septembre dernier, 162 travailleurs sont concernés par une interruption brutale et inexpliquée du versement de leur salaire. À l’heure où l’inflation sévit, la situation qui dure depuis plus de deux mois est particulièrement intenable. Pourtant, pour ne pas léser les enfants, les travailleurs, non rémunérés, continuent d’exercer chaque jour leur métier.
Des salariés modestes plongés dans la précarité
Malgré le rôle important que jouent les accompagnants scolaires qui exercent aux côtés d’élèves en situation de handicap et qui enseignent de nouvelles cultures aux enfants, ces derniers n’ont pas toujours l’épargne nécessaire pour pallier cette interruption subite de salaire. En effet, bien souvent, les concernés exercent à temps partiel pour des ressources mensuelles nettes inférieures à 1 000 €.
À l’heure où le coût de la vie quotidienne ne cesse d’augmenter, les AESH et assistants de langue qui ne sont toujours pas rémunérés frôlent la précarité. Logés dans des résidences universitaires du Crous, certains craignent même d’être expulsés, car en l’absence de salaire, il est parfois impossible pour eux de s’acquitter de leur loyer.
Des travailleurs étrangers privés de salaires
Encore davantage isolés de par leur statut de travailleurs étrangers, les assistants de langue issus de pays lointains subissent eux aussi la lourde absence de salaire qui impacte leur quotidien. Nés au Kenya, aux États-Unis, en Israël où encore au Liban, ces derniers ont cru en l’Éducation nationale et espéraient une réelle opportunité professionnelle.
Pour tenter leur chance en France, certains se sont effectivement endettés, notamment pour trouver de quoi s’offrir le billet d’avion nécessaire pour venir travailler sur place. L’absence de revenus cumulée depuis septembre pèse sur leur budget et sur leur moral, au point que certains envisagent maintenant de rentrer enseigner dans leur pays natal.
Une absence de paiement due à une réorganisation du rectorat
Si pendant de longues semaines, l’Éducation nationale n’a délivré aucune information aux salariés concernant le fait qu’ils n’étaient pas rémunérés pour l’exercice de leurs fonctions, une annonce a finalement été faite. Selon le rectorat parisien, qui s’est refusé à communiquer le nombre de personnes lésées par cette interruption soudaine de salaire, la situation serait liée à une réorganisation de la gestion des contrats de travail des AESH. Désormais, ces derniers sont automatiquement concernés par la signature d’un CDI après 3 années d’exercice de leurs fonctions.
Une source syndicale évoque également le fait que d’éventuels arrêts maladie mal administrés par le service paye pourraient expliquer le fait que les assistants de langue n’aient pas non plus été rémunérés depuis la rentrée dernière.
Des accompagnants scolaires qui survivent grâce à la solidarité de leurs pairs
Fort heureusement, les AESH et assistants de langue peuvent compter sur leurs pairs. En effet, pour aider financièrement ceux qui subissent depuis plus de deux mois l’interruption du versement de leurs salaires, un élan de solidarité a eu lieu dans le secteur scolaire. Les collègues de travail qui ont eu la chance d’être rémunérés se sont effectivement organisés cotisés pour aider les travailleurs lésés à s’acquitter de leur loyer et à continuer de profiter d’un peu de pouvoir d’achat en attendant le versement de leurs revenus.
Des solutions envisagées d’ici la fin du mois de novembre
Conscient des lourdes difficultés qu’entraîne sur une telle durée l’absence de versement de salaire pour les AESH et les accompagnants scolaires, le rectorat a enfin évoqué des solutions. Dès fin novembre, les travailleurs lésés devraient enfin percevoir les deux mois de paye non perçus sous forme d’un acompte de 90 %, tandis qu’en attendant, une aide de 500 € devrait leur être versée.
Non soumis à un remboursement, ce coup de pouce devrait permettre aux nombreux salariés concernés par l’interruption de leurs revenus de respirer à nouveau, tandis que le syndicat FO, lui, considère cette nouvelle comme une « réponse inacceptable, qui place le rectorat dans l’illégalité et met ces personnels les plus précaires dans des situations financières très graves ». Des prises de contact avec les concernés sont prévues dans les jours à venir.
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