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Greffe d'utérus : une première transplantation réussie en France

Dimanche 31 mars 2019, l’équipe du professeur Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction de l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), a effectué une greffe d’utérus qui est à ce jour la première en France. Détails dans cet article.
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Des greffes d’utérus ont déjà été effectuées avec succès dans plusieurs pays du monde. Elles représentent un espoir pour les femmes nées sans utérus ou à qui il a dû être retiré. Pour la première fois en France, une équipe médicale d’un hôpital des Hauts-de-Seine vient de réussir cette procédure médicale. Le point dans cet article.

Greffe d’utérus : une première transplantation réussie en France


La greffe d’utérus a permis 15 naissances dans le monde

C’est en 2014, en Suède, qu’a eu lieu la première naissance au monde après une greffe d’utérus. L’équipe du Pr Mats Brännström de l’université de Göteborg avait prélevé l’utérus d’une donneuse vivante âgée de 61 ans l’année précédente. Une fois la greffe réussie, la receveuse doit suivre un traitement antirejet et peut concevoir un enfant grâce à l’implantation d’embryons congelés qui intervient généralement entre 6 et 12 mois après la greffe d’utérus.

Selon le Pr Brännström, « quinze » naissances ont eu lieu depuis grâce à ce type de greffe. « 9 en Suède dont la dernière il y a quatre jours, deux aux États-Unis, une au Brésil, en Serbie, en Chine et en Inde », a-t-il précisé à l’AFP.

La première greffe d’utérus réalisée avec succès en France

Le syndrome de Rokitansky (MRKH) touche une femme sur 4 500 et se caractérise par une absence congénitale totale ou partielle de vagin et d’utérus à la naissance.

C’est de ce syndrome qu’est atteinte la patiente de 34 ans qui vient de recevoir l’utérus d’une donneuse vivante de 57 ans qui n’est autre que sa mère. L’identité des deux femmes n’a pas été révélée, mais l’équipe médicale assure qu’elles « vont bien ».

L’équipe du Pr Ayoubi de l’hôpital Foch de Suresnes a dû opérer pendant environ 14 heures entre le prélèvement et la greffe. Le prélèvement est l’intervention la plus longue, car elle doit être réalisée de façon très méticuleuse pour que l’utérus puisse être réimplanté. Il est effectué à l’aide d’un robot chirurgien qui offre une meilleure vision, en 3D, et qui permet la dissection de vaisseaux très fins.

L’équipe médicale effectue ensuite une intervention « classique » pour la greffe, qui, comme le rappelle le Pr Ayoubi, est une « greffe provisoire » permettant à la receveuse d’avoir un enfant.

« On travaille avec cette équipe pionnière suédoise depuis sept à huit ans (...). Nous avons apporté notre expertise en chirurgie robotique qu’ils ont utilisée pour leurs cinq dernières greffes ». Cela permet à la donneuse de récupérer plus rapidement, a spécifié le professeur Ayoubi.

D’autres essais cliniques ont été autorisés

Environ 25 équipes médicales dans le monde travaillent sur les greffes de l’utérus. Une équipe brésilienne a été la première à permettre la naissance d’un enfant suite à une greffe d’utérus prélevé sur une personne décédée, la receveuse étant une femme également atteinte du syndrome de Rokitansky, comme la patiente française.

En France, l’équipe du professeur Ayoubi va conduire un essai clinique de 10 greffes réalisées grâce à des donneuses vivantes ayant un lien de parenté avec la receveuse. À Limoges, 8 greffes issues de donneuses en état de mort cérébrale seront tentées. Ces essais cliniques sont autorisés par l’Agence de biomédecine et l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé).