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La prime Macron reconduite cette année, mais sous condition

Décidée pendant la crise des gilets jaunes en fin d’année dernière, la « prime Macron », une prime défiscalisée et exonérée de cotisations sociales sera reconduite cette année pour les salariés. Mais le gouvernement a ajouté une condition. Laquelle ? Ce qu’il faut savoir.
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5,5 millions de salariés ont pu bénéficier de la prime Macron entre fin 2018 et début 2019. L’Assemblée nationale vient de valider sa reconduction pour cette année, mais une condition a été ajoutée : que l’entreprise mette en place un accord d’intéressement, ce qui pourrait freiner les chefs d’entreprises. Explications.

La prime Macron reconduite cette année, mais sous condition


Reconduction de la prime Macron pour 2019-2020

Mercredi 23 octobre 2019, les députés de l’Assemblée nationale ont voté la reconduction de la prime Macron pour 2019-2020. Comme l’année dernière, elle sera destinée aux salariés dont la rémunération mensuelle brute se situe sous un plafond équivalent à 3 SMIC (3 600 euros net par mois).

L’année dernière, 408 000 entreprises avaient profité de l’exonération de charges sociales et d’impôt sur la prime pour en faire bénéficier leurs salariés. Mais pour cette année, une condition a été ajoutée : qu’il existe un accord d’intéressement au sein de l’entreprise ou que l’on en mette un en place. En outre, la prime devra obligatoirement être versée entre le 1er janvier et le 30 juin 2020.

L’accord d’intéressement obligatoire va-t-il démotiver les chefs d’entreprises ?

Une des raisons probables du succès rencontré par la prime Macron l’année dernière était probablement sa simplicité de mise en œuvre. Mettre en place un accord d’intéressement, ce n’est pas anodin, surtout pour des PME avec peu de salariés. Là où la secrétaire d’État à l’Économie Agnès Pannier-Runacher voit un « levier » pour la négociation d’accords d’intéressement, le patron de l’U2P (Union des entreprises de proximité) Alain Griset voit plutôt une contrainte : « Dans nos entreprises, quand vous avez un ou deux salariés seulement, que vous n’avez pas forcément de syndicats, arriver à un accord d’entreprise, c’est compliqué. Nous sommes donc opposés à cette nouvelle obligation pour le versement de la prime exceptionnelle et aurions préféré garder son caractère facultatif », a-t-il déclaré à Capital.

Pour répondre à ces éventuelles difficultés, le gouvernement a promis que « des dispositifs d’aide à la rédaction d’accords d’intéressement seront déployés, afin que cette condition ne soit pas un obstacle au versement de la prime dans les petites entreprises ».

Des réactions mitigées suite à l’annonce du renouvellement de la prime Macron

Du côté des Républicains, Marc Le Fur s’est dit « résolument pour cette prime défiscalisée », mais regrette la mise en place de la condition supplémentaire. Il craint de voir « des milliers de personnes » être privées cette année.

Thierry Benoit (UDI-Agir) trouve le dispositif « génial », mais déplore la condition de l’intéressement « dont on aurait pu se passer ». Loïc Prud’homme (LFI), déplore des primes « basées sur le bon vouloir de l’employeur », un « cadeau empoisonné » selon lui, car le financement de ces primes se fait au détriment du budget alloué aux aides sociales.

Cette prime n’est « pas du salaire plein et entier hélas », ce n’est pas pris en compte pour la retraite ou les droits au chômage, a abondé Pierre.

Dharréville (PCF) regrette qu’il ne s’agisse « pas du salaire plein et entier ». Il considère cette prime comme un « outil de contournement du salaire ». Boris Vallaud (PS) s’est dit quant à lui reste « dubitatif » quant aux conséquences de la prime Macron sur la rémunération des salariés.