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Le gouvernement évoque des « contreparties » au versement des aides sociales

Sujet « explosif », le Premier ministre Édouard Philippe souhaite ouvrir le débat sur les aides sociales. Il a évoqué vendredi 15 février la mise en place de « contreparties » contre le versement de celles-ci.
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Vendredi 15 février, à Plomodiern, le Premier ministre Édouard Philippe a évoqué des « contreparties » que l’État pourrait demander contre le versement de certaines aides sociales devant des élus et des gérants de PME. La ministre de la Santé Agnès Buzyn s’est également exprimée sur le sujet dimanche sur LCI, préférant parler de « parcours de réinsertion ». Un point sur leurs déclarations.

Le gouvernement évoque des « contreparties » au versement des aides sociales


« Il faut qu’on s’interroge sur ces contreparties »

Alors que les négociations sont toujours en cours entre patronat et syndicats dans le cadre de la réforme de l’assurance chômage, le Premier ministre jette un pavé dans la marre en évoquant son souhait de repenser le système des aides sociales pour inciter les bénéficiaires à reprendre une activité.

« Moi, ma conviction personnelle c’est que, compte tenu de l’importance de nos mécanismes de solidarité, compte tenu de nos finances publiques, compte tenu de la situation d’un pays qui est en croissance, mais qui reste avec un taux de chômage élevé, il faut qu’on s’interroge sur ces contreparties », a-t-il déclaré ce vendredi.

Il a notamment cité l’exemple de la région Haut-Rhin qui encourage les bénéficiaires du RSA à effectuer 7 heures de bénévolat par semaine en leur proposant des offres. Cette mesure qui avait été validée par le Conseil d’État en juin 2018 est assez controversée et certains s’inquiètent qu’elle puisse être rendue obligatoire.

« Ce n’est pas forcément ce que nous voulons faire », a toutefois précisé le Premier ministre. Mais ses déclarations s’inscrivent dans la lignée de celles du Président de la République, qui en septembre dernier avait déclaré vouloir que les aides sociales soient attribuées dans un cadre « plus incitatif à l’activité ».

« C’est indispensable d’avoir des mécanismes de solidarité pour ceux qui sont dans la difficulté, il ne s’agit pas de revenir en arrière, il s’agit de s’interroger sur “est-ce que cette solidarité elle peut s’accompagner de contreparties, d’activités, d’activités d’intérêt général ?” », a-t-il ajouté.

« Un vrai scandale français »

C’est comme cela qu’Édouard Philippe considère les problèmes de recrutement que déplorent certaines entreprises — avec entre « 200 000 et 320 000 offres non pourvues selon une étude Pôle Emploi portant sur l’année 2017 — en dépit d’un taux de chômage élevé (9 %).

C’est un vrai scandale français d’une certaine façon, une spécificité dont on se passerait bien et il faut qu’on la règle », a-t-il poursuivi.

« On veut justement qu’il y ait un avantage objectif à retourner à l’activité », a-t-il déclaré. « C’est un message qu’il faut exprimer calmement, dans le détail, pour convaincre les partenaires sociaux que c’est l’intérêt de notre pays d’aller dans ce sens ».

Agnès Buzyn préfère parler d’un « parcours de réinsertion »

Pour la ministre de la Santé, des contreparties pourraient être demandées, mais pas « de façon punitive ». « Tout le monde ne peut pas retourner vers l’emploi », reconnait-elle.

Mais elle estime aussi que « mieux accompagner dans la réinsertion et ne pas tout miser sur un revenu type RSA, c’est du bon sens ». « On ne peut pas laisser quelqu’un au RSA toute sa vie sans lui proposer un parcours qui doit lui permettre de se réinsérer dans la société », a-t-elle déclaré sur LCI. « Si l’on bénéficie d’aides sociales, on doit se projeter dans un parcours de réinsertion ».

Elle a pris l’exemple de personnes très éloignées de l’emploi comme des SDF souffrants de problèmes d’addiction et a ajouté : « on ne peut pas dire : cette personne, c’est désespéré, elle ne pourra plus jamais être dans la société ». « Tout le monde ne peut pas retourner vers l’emploi, nous le savons, mais au moins se réinsérer par une heure dans un atelier d’insertion, on s’aperçoit que c’est très bénéfique ».