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Les mesures sociales annoncées par Emmanuel Macron le 10 décembre

Augmentation du SMIC, prime de fin d’année défiscalisée, baisse de la CSG… un point sur les annonces du chef de l’État à la suite de son intervention télévisée du lundi 10 décembre à 20 h.
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Une allocution télévisée de 13 minutes, au cours de laquelle le Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé une série de mesures censées augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs, a été diffusée lundi 10 décembre 2018. Qu’en est-il ?

Les mesures sociales annoncées par Emmanuel Macron le 10 décembre


Le Président décrète « l’état d’urgence économique et sociale » et annonce une série de mesures concrètes

Emmanuel Macron a promis une augmentation de 100 € du SMIC lors de son intervention à la télévision ce lundi soir. Ceci sera rendu possible par la hausse légale d’environ 1,8 % du salaire minimum due à l’inflation (environ 20 €), accompagnée d’une augmentation de 50 % de la prime d’activité (environ 60 €), et de la baisse des cotisations sociales (gain de 20 € environ).

L’annulation de la CSG en 2019 pour les retraités qui touchent moins de 2000 € par mois a également été annoncée : « Pour ceux qui touchent moins de 2 000 € par mois, nous annulerons en 2019 la hausse de la CSG subie cette année. L’effort qui leur a été demandé était trop important et n’était pas juste » a concédé le chef de l’État.

Il a ensuite demandé « à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d’année à leurs employés », et a précisé que celle-ci serait défiscalisée.

Quant aux heures supplémentaires, elles seront « versées sans impôts ni charges dès 2019 » alors qu’elles devaient simplement être « désocialisées », c’est à dire exemptées de cotisations à partir de septembre 2019.

Par ailleurs, le Président de la République n’a pas évoqué le prix du carburant et maintient que l’ISF ne sera pas rétabli.

Ces mesures représentent un coût de 8 à 10 milliards d’euros pour le budget de l’État, selon Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics. « Nous sommes en train de le préciser, de voir aussi comment nous allons le financer », a-t-il déclaré sur BFM-TV.

Les annonces du chef de l’État apportent satisfaction dans les rangs de la majorité

« C’est solide comme annonces, se réjouit le député de la Vienne Sacha Houlié (LREM). Sur la CSG ou le SMIC, ce sont des choses entendues dans les permanences des parlementaires. C’est ce que nous ont dit les Français, c’est un pas majeur vers eux. » Pour la députée de Paris Laetitia Avia, « ce ne sont pas des mesurettes, mais des mesures significatives qui vont clairement changer la vie des gens ».

Dans l’opposition en revanche, les mesures ne sont pas perçues comme suffisantes. « Il y a pire que la surdité sociale, il y a l’hypocrisie technocratique » a réagi Olivier Faure premier secrétaire du PS suite aux annonces présidentielles. Même son de cloche pour le Nouveau parti anticapitaliste dont le porte-parole Olivier Besancenot parle « d’une entourloupe extraordinaire ». « En réalité, ce sont les contribuables qui vont payer cette soi-disant augmentation », a-t-il déclaré.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud quant à elle, a déploré sur France 2 le fait de faire pression sur les entreprises. « 1 salarié sur 2 travaille dans une petite entreprise, or l’artisan, le coiffeur, si les salaires augmentent trop, il n’y arrive pas ».

À droite, Éric Woerth (LR) décrit les mesures comme des « réponses de court terme, de pouvoir d’achat nécessaire, mais avec leur part d’injustice ».

Les premières réactions des gilets jaunes dans les médias laissent à penser que le mouvement va continuer. Même si beaucoup approuvent la mesure concernant l’annulation de la CSG et l’augmentation du SMIC, la demande aux entreprises de donner une prime de Noël à leurs employés n’a pas l’air d’avoir été très bien perçue, trop « hasardeuse », « pas assez concrète ». Par ailleurs, les fonctionnaires réclament toujours des hausses de salaire, notamment dans les services hospitaliers et une majorité de gilets jaunes attend toujours des mesures concernant le prix du carburant.