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Obsèques : des mesures pour mieux encadrer les soins de conservation des corps

La thanatopraxie désigne les techniques de conservation des corps de personnes décédées. Plusieurs sénateurs ont détaillé, mercredi 15 juillet, une série de mesures ayant pour but de protéger davantage les familles qui ont perdu un proche et réglementer la profession.
Sommaire

La thanatopraxie est un ensemble d’actes qui visent à ralentir la décomposition d’un corps et ainsi permettre de le conserver de façon provisoire. En 2018, ce type de pratique a été réalisé sur 240 000 personnes défuntes, c’est-à-dire plus d’un tiers des décès. La mise en œuvre de ces techniques n’est pas une obligation et relève du souhait de la famille. Cependant, il existe de nombreuses confusions quant à ce type de soins mortuaires. Par ailleurs, la thanatopraxie comporte aussi des risques sanitaires. C’est pourquoi plusieurs mesures ont été proposées.

Obsèques : des mesures pour mieux encadrer les soins de conservation des corps


Distinguer les différents types de soins mortuaires

Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret et coordinateur de la mission estime qu’« il y a une énorme confusion entre les types de soins, ce qui mène à un problème de prix pour les familles ». C’est pourquoi il est indispensable de leur permettre de faire la différence entre ce qu’est réellement la « toilette mortuaire » (des actes assez simples qui consistent à désinfecter, laver et habiller le corps), les « soins de présentation » (comme le maquillage et le coiffage du défunt) et les pratiques de thanatopraxie.

Le tarif des actes thanatopraxie fluctuerait entre 300 à 500 € selon les soins réalisés.

Mettre en place des alternatives au formol

Dans le rapport d’information présenté par les sénateurs et contenant plus d’une centaine de pages, plusieurs mesures sont préconisées.

Le sénateur Sueur souhaite encourager la recherche d’alternatives « au formol qui présente des risques environnementaux et de santé publique ». La plupart des produits employés pour les soins de préservation du corps des défunts sont constitués de « formaldehyde ». Il s’agit d’un composant « toxique par inhalation, ingestion, contact cutané » considéré comme cancérogène et pouvant entraîner des allergies voire des crises anaphylactiques provoquant la mort, d’après ce rapport.

Au sein du CNOF (Conseil national des opérations funéraires) se tient un groupe de réflexion qui doit travailler sur la question des composants « non-formolés » que pourraient utiliser les thanatopracteurs actifs en France.

Des précautions à prendre pour le transport des déchets

En attendant ces évolutions, le rapport préconise de mieux informer les professionnels de la thanatopraxie concernant les mesures de précautions à suivre, par exemple pour « le transport de déchets d’activité de soins à risque infectieux ».



Mettre en place un stage d’observation pour les étudiants

Au niveau de la formation, des difficultés ont été constatées chez les étudiants. La plupart du temps ces derniers choisissent de suivre ce cursus alors qu’ils en cernent parfois mal les enjeux. La formation est par ailleurs onéreuse. Rendre obligatoire un stage d’observation pour ceux qui souhaitent intégrer la formation pourrait remédier à ce défaut d’information.

Aujourd’hui, le diplôme national de thanatopracteur est organisé par des structures privées. Le rapport suggère de confier cette mission « au ministère en charge du secteur funéraire » pour éviter les conflits d’intérêts. En effet, l’une des problématiques rencontrées à plusieurs reprises en 2017 est que lors des épreuves pratiques du diplôme, des enseignants ont été amenés à examiner leurs propres élèves.