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Précautions d'emploi des huiles essentielles qui ne sont pas sans risque

Utilisées depuis des siècles en cosmétique, les huiles essentielles peuvent également être employées en tant que denrées alimentaires, utilisées dans la composition de médicaments et compléments alimentaires ou de produits de désinfection. Pourtant, celles-ci peuvent être dangereuses en cas de mauvais usage.
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On pourrait les croire assainissantes, naturelles et purifiantes. Cependant, les huiles essentielles ne sont pas sans risque. Si plusieurs marques tentent de limiter les ingrédients à risques, certains sprays comportent toujours de nombreux composés indésirables. Explications.

Précautions d’emploi des huiles essentielles qui ne sont pas sans risque

Huiles essentielles : définition et principaux modes d’utilisation

Le Code de la Santé publique définit l’huile essentielle comme une « substance odorante volatile produite par certaines plantes et extraite sous forme de liquide obtenu par distillation de plantes aromatiques à la vapeur d’eau (feuilles, fleurs, écorces, graines, tiges, etc.) mode d’extraction le plus utilisé ». Ces produits peuvent se trouver en vente libre en pharmacie, dans les grandes surfaces, dans les magasins spécialisés, sur Internet ou directement chez les producteurs.

Il existe trois principaux modes d’utilisation des huiles essentielles : l’ingestion, le massage et la diffusion. Il est important de demander conseil au pharmacien avant d’y recourir pour favoriser le bon usage et éviter les risques d’allergies.

Des risques à ne pas sous-estimer

Attirés par leur image naturelle, de nombreux Français s’équipent aujourd’hui de sprays désodorisants et de diffuseurs d’huiles essentielles. Toutefois, ces produits ne sont pas sans risque même s’ils intègrent quelques molécules d’origine naturelle. Une récente étude menée par l’association 60 Millions de consommateurs montre que ces produits comportent des substances parfumantes pouvant entrainer des allergies et être irritantes pour les voies respiratoires. Ceux-ci émettent également des Composés Organiques Volatils (COV) en quantité importante. Pour rappel, les COV regroupent de nombreuses substances d’origine naturelle ou humaine. Les plus connues sont le butane, le toluène, l’éthanol et l’acétone.

Outre les risques liés à l’inhalation de ces produits, le risque de réactions cutanées provoqué par le contact de gouttes sur la peau ne doit pas être écarté. Celui-ci se traduit généralement par des démangeaisons et des rougeurs. Deux des produits analysés par l’association et très répandus dans le commerce possédaient jusqu’à 23 ingrédients indésirables. Dans ces échantillons, on retrouve notamment du limonène, du géraniol et du linalol, des substances parfumantes allergisantes. Ainsi, les huiles essentielles peuvent entrainer de l’eczéma, de l’urticaire et même une réaction asthmatique. Elles ne doivent pas être manipulées à la légère, même si elles sont bios et 100 % naturelles.

L’Institut national de la consommation (INC) constate que la présence de molécules allergisantes ou irritantes n’apparait pas systématiquement sur le packaging des diffuseurs d’huiles essentielles. Aucune information ne permet aux consommateurs de distinguer les produits les plus vertueux. Pour les aider à repérer les produits émettant le moins de composés organiques volatils, l’INC demande l’instauration d’un double étiquetage obligatoire. L’Institut souhaite en finir avec les allégations mensongères.

Si les huiles essentielles composées exclusivement à base de plantes n’ont pas besoin d’une AMM (autorisation de mise sur le marché), elles doivent cependant être enregistrées auprès de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Cette dernière précise que selon leur utilisation, les huiles essentielles sont soumises à la règlementation applicable aux produits cosmétiques, aux biocides ou aux médicaments à base de plantes.

Les précautions d’emploi des huiles essentielles

Les huiles essentielles sont composées de principes actifs qui leur confèrent un pouvoir thérapeutique élevé. Il convient alors de suivre les conseils d’un spécialiste en respectant la posologie et la durée avant toute utilisation. Il faut également s’assurer de l’utilisation sans danger chez les enfants et femmes enceintes ou allaitantes, ne pas les appliquer sur les muqueuses (nez, oreilles, yeux) et ne pas les avaler.

D’autres précautions sont à prendre : ne pas s’exposer au soleil avec certaines huiles essentielles contenant des furocoumarines, se laver les mains après chaque utilisation, conserver les huiles essentielles hors de portée des enfants.

Souvent banalisées par l’appellation « produits naturels », les huiles essentielles peuvent être dangereuses pour la santé. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) met à disposition des consommateurs des conseils pour les utiliser en toute sécurité.