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Rejet des amendements sur l'interdiction des publicités ciblant les enfants concernant les produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés

L’obésité en France est un vrai problème de santé publique. Dimanche 27 mai 2018, dans le cadre du projet de loi agriculture et alimentation, les députés ont voté pour moins de restriction sur les publicités alimentaires et plus de responsabilisation. Qu’en est-il ?

Après des débats agités à l’Assemblée nationale dimanche 27 mai, les propositions visant à rendre le logo Nutriscore obligatoire dans les publicités ou à interdire les messages publicitaires ciblant particulièrement les enfants ont été écartées. Un point sur la situation.

Rejet des amendements sur l’interdiction des publicités ciblant les enfants concernant les produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés



Absence d’interdiction des messages publicitaires sur les produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés visant les enfants

En France, selon l’association Nutriwatch, 1 enfant sur 6 est en surpoids. De nombreuses études montrent d’ailleurs l’influence de la publicité ciblant les plus jeunes, poussant les enfants à réclamer à leur parent des produits favorisant leur prise de poids.

Les stratégies marketing des industriels ont été montrées du doigt par la députée LREM Anne-Laurence Petel à l’Assemblée dimanche soir. Elle a dénoncé « Les industriels [qui] usent à l’envi des codes de l’enfance » afin d’influencer les enfants donnant comme exemple les gâteaux en forme de « nounours » ou les « bonbons transformés en personnages de BD ».

Mme Petel, avec d’autres députés LR, LREM, socialistes ou Insoumis se positionnaient en faveur d’une interdiction ou d’une limitation des publicités vantant des « produits alimentaires et boissons trop riches en sucre, sel ou matières grasses et ayant pour cible les enfants de moins de seize ans » sur « tout support de communication radiophonique, audiovisuelle et électronique ».

Pas d’apposition obligatoire du logo Nutriscore sur les publicités non plus

Autre amendement rejeté, celui défendu par Olivier Varan (LREM) et certains élus MoDem et LFI, qui devait rendre obligatoire la mention du Nutri-Score sur tous les supports publicitaires de produits alimentaires.

Le Nutriscore est un logo qui a été créé dans le but d’aider le consommateur à repérer facilement les produits alimentaires les plus sains et nutritifs grâce à des lettres et un code couleur.

Le député Modem Richard Ramos regrette que l’État ne régule pas plus la publicité : « Demander aux industriels de l’agroalimentaire d’être vertueux face à nos enfants, c’est comme demander à une dinde de voter pour les fêtes de Noël, c’est pas possible ! » a-t-il déclaré, mettant en évidence le conflit d’intérêts des entreprises de l’agroalimentaire.

Le gouvernement ne voulait pas mettre « des choses trop contraignantes dans la loi »

D’autres élus, comme Cendra Motin (LREM), se sont au contraire opposés à une trop grande intervention de l’État et ont souligné la « responsabilité des parents ».

Pour Bruno Milienne du Modem, il ne souhaite pas « mettre des secteurs en danger » avec la « dérégulation de la publicité » sans concerter les instances européennes au préalable.

Le ministre de l’Agriculture quant à lui, a expliqué qu’il fallait un texte « qui marche sur ses deux jambes » et mis en avant « le rôle de régulateur du CSA » qui est habilité à « travailler sur les contenus », « sans que nous ayons besoin d’inscrire des choses par trop contraignantes dans la loi ».